8 septembre 2022 4 08 /09 /septembre /2022 11:42

La route est un peu plus longue que prévue. Sur notre carte, cela semblait à peu près rectiligne, mais les Alpes compliquent notre arrivée. D'ailleurs, nous ne nous rendons pas vraiment compte, ah, ça y est, c'est ici ? Entre l'Autriche et la Suisse se trouve un pays à la prononciation singulière, un gros caillou qui se dit être l'un des 193 pays du monde. J'ai vérifié, c'est officiellement le cas ! Et pourtant, il n'y a vraiment pas de quoi !

 

Déjà, on ne peut pas parler d'une histoire millénaire. Le pays est en fait un bout de l'Autriche jusqu'à ce qu'une famille de nobles, la maison de Liechtenstein, achète deux mini-comtés (non, pas le fromage). Il faut ainsi attendre 1719 pour voir ce territoire devenir une principauté du Saint-Empire-Romain-Germanique. Bon il y en avait déjà 342, alors une de plus ou une de moins... Mais les filous réussissent à se maintenir en État jusqu'à aujourd'hui en proclamant notamment leur neutralité dès le XIXème siècle et en supprimant leur armée. Bien aidés par les Suisses, ils ont aussi leur modèle économique...

 

Trois ronds-points, on cherche un parking. On se croit dans une petite ville désaffectée du centre de l'Auvergne. Il n'y a pas grand monde dans les rues. Difficile de se croire dans une capitale européenne. Pourtant Vaduz est bien la capitale du pays, avec ses 5701 habitants ! Oui, là, on compte à l'habitant près ! On essaie de trouver le « centre ville », honnêtement c'est pas foufou. Ah, la mairie, une rue piétonne, nous y sommes. Les restaurants sont fermés, nous sommes vendredi soir. Surprise. Nous regardons les horaires : ils sont ouverts du lundi au vendredi midi. Pourquoi ? En fait, le Liechtenstein semble surtout être un pays du lundi au vendredi, sur les heures de bureau. Vaduz est même le 69ème centre financier du monde avec 74 000 multinationales implantées ! Oui, en ayant 5701 habitants. Vous le voyez venir gros comme une banque suisse, le pays est un paradis fiscal (enfin, pas selon l'UE et l'OCDE, mais les chiffres sont têtus). Nous y croisons d'ailleurs des cabinets d'avocats fiscalistes, des boites aux lettres (beaucoup), des banques, et pas grand chose d'autre !

Cela s'en ressent sur les prix. Nous allons dans le seul restaurant ouvert, et le litre d'eau gazeuse à 9€50 nous fait tout drôle ! (Chloé apprécie modérément ses pâtes à la tomate à 18€).

 

Pas d'histoire, un paradis fiscal... mais pourquoi le Liechtenstein existe-t-il encore ? Peut-être en raison de son système politique très progressif... Le droit de vote des femmes a été accordé en 1984, l'avortement est illégal, et le prince dispose de pouvoirs comme on n'en voit plus jamais en Europe (il peut mettre son veto à un vote de l'assemblée, à un référendum et même arrêter une enquête pénale!).

 

Quelques vignobles, un musée d'art, et le château de Vaduz, résidence officielle d'Hans-Adam II. Celui-ci a une petite fortune estimée à 3 milliards d'euros... Voilà pour notre découverte d'un nouveau pays, sous la pluie. Supprimons-le !

Le Liechtenstein, un pays ?
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5 septembre 2022 1 05 /09 /septembre /2022 09:56

Les sommets empruntés par le tour de France se résument avec des chiffres qui parlent aux connaisseurs : 21 kilomètres depuis Bedoin, pour la montée la plus difficile. 1600 mètres de dénivelés. Une pente moyenne de 7,5%, avec un maximum à 11%. Et, au final, l'arrivée à 1912 mètres d'altitude sur la scène la plus mythique du grand tour. Quant à 55 minutes et 51 secondes, ce n'est pas l'objectif, c'est le record établi en 2010 par Iban Mayo lors d'un contre la montre.

 

Après avoir gravi les 21 lacets de l'Alpe d'Huez l'année dernière (14,6 km), me voici de retour avec un col hors catégorie, « beaucoup plus dur » d'après les témoignages. Deux choses peuvent effrayer : la distance, et la météo. Honnêtement, je ne suis pas inquiet pour les 21km, l'Alpe d'Huez m'a rassuré et j'ai un peu roulé les deux mois précédents : 50 bornes en juillet, 200 bornes en août.... bon ce n'est pas une préparation de fou (les cyclistes doivent rire en voyant les chiffres), et, en plus, c'était principalement du VTT dans le Pas-de-Calais, l'un des coins les plus plats de France ! Ce qui m'inquiète vraiment, en revanche, c'est le climat. Pas tant la chaleur que le vent. C'est mon unique souvenir du Ventoux quand j'étais gamin : la voiture qui fume une fois arrivée en haut, et un vent hallucinant nous obligeant à rentrer illico presto. Mais, bonne nouvelle, les orages annoncés quelques jours auparavant ont disparu, et nous avons le droit à des conditions optimales : 20 degrés, grand soleil, un régal !

 

Nous sommes 3, Lucas, Greg et moi. Nous avons loué des vélos à Bedoin, 8,5kg, qui me changent sacrément de mon gros et lourd VTT. L'objectif est clair : arriver en haut ! Et, ce serait mieux, ensemble ! Deux bidons remplis, quelques pâtes de fruit dans la poche, le casque sur la tête et, chose nouvelle pour moi, des chaussures adaptées. En selle !

 

Alors qu'on entrait directement dans le dur à l'Alpe d'Huez (2 km à 10%), les cinq premiers kilomètres du Ventoux sont parfaits pour la mise en jambes : on alterne entre 3 et 5%. Physiquement, c'est important, on s'habitue au vélo, on passe les vitesses. Mentalement aussi, c'est important : notre montée se réduit ainsi très vite à 16km ! Car le géant de Provence est constamment à nos côtés, sur notre gauche. On observe son sommet iconique, et on réalise bien que c'est très haut !

 

A la sortie de Sainte Estève, virage à gauche, et c'est parti pour la montée, la vraie ! Elle se décompose en 3 étapes : 9 kilomètres entre 8 et 10% jusqu'au Chalet Reynard, puis 4 kilomètres à 6% avant les 3 derniers entre 8 et 11%.

L'ascension du Ventoux

La première étape se déroule dans la forêt. Nombre de cyclistes sont autour de nous, enfin, derrière, puis devant (en clair : on se fait dépasser régulièrement!). Nous essayons de trouver notre rythme, aux alentours de 8km/h. Nous n'avons pas de réels objectifs temps, hormis de faire moins de 3 heures. Mon but premier reste d'aller en haut sans mettre pied à terre. Assez rapidement, un membre du groupe, que nous appellerons « lapin » pour ne pas le dénoncer, souffre d'un mal de fesses important. La selle, cruelle, ne semble pas adaptée à son fessier. 6ème km, 7ème, au 8ème il me dit qu'il veut s'arrêter. Lucas est un peu devant, en train de fricoter avec un autre cycliste, et j'essaie comme je peux d'encourager mon lapin à poursuivre l'aventure. « Allez, tu peux y arriver. Allez, au moins jusqu'à la moitié ensemble ». Mais la douleur est trop forte. Après une petite heure d'efforts, un peu après le 9ème kilomètre, Lapin se met sur le côté, repose son fessier, tandis que je rejoins mon dernier compagnon. Perdre un homme au combat, tristesse.

 

10 km, mes sensations sont bonnes. Nous doublons deux-trois personnes, discutons avec un type... qui habite dans l'Audomarois. Lui fait la montée trois fois pendant les vacances et il connaît le lieu comme sa poche, nous distillant quelques conseils et anecdotes. Faire 900 bornes et parler du pays, c'est donc ça le Ventoux ! Il nous accompagnera quasiment jusqu'au bout.

Chalet Reynard. Cela fait 1 heure 40 que nous grimpons, et nous sortons de la forêt. Le mont Ventoux devient chauve, nous sommes entourés par la roche calcaire blanche, et le soleil tape sur nos casques. Pas un souffle de vent, et le sommet en vue, 6 kilomètres devant nous ! Je me ravitaille un peu (je bois à chaque borne kilométrique, j'avale un peu de sucre en poudre et une pâte de fruit... non, pas d'EPO, une analyse d'urine peut le prouver!). La pente s'apaise un peu, à 6%, pendant 4 kilomètres. Le souffle et les jambes répondent toujours bien pour mes deux compagnons et moi-même. La vue se dégage, la Provence s'ouvre à nous. Le lieu est magnifique. Quelques photographes nous tirent le portrait, l'ambiance est toujours sympa avec les autres cyclistes. Bon, s'il y a assez peu de voitures par rapport à l'Alpe d'Huez, il y a beaucoup plus de vélos électriques, et c'est toujours frustrant de se faire dépasser par une femme de 65 ans qui discute des petits-enfants sans perdre son souffle pendant que toi tu es concentré pour chaque effort !

L'ascension du Ventoux

Après deux heures d'efforts, nous arrivons dans la dernière partie. La pente se redresse, entre 8 et 11%. C'est ici que le vent est normalement redoutable, et toujours pas un souffle. Je laisse notre nouvelle recrue audomaroise partir un peu en avance, je regarde un peu derrière moi, sentant que mon fidèle compagnon Lucas est un peu plus en difficulté. Nous passons devant la stèle de Tom Simpson, décédé ici en 1967 (un mélange de soleil, de fatigue... et d'amphétamines), recouverte de bidons, casquettes et autres objets déposés là par des fans. 2 heures 15, il reste un kilomètre. Je décide d'accélérer un petit peu pour profiter (et faire moins de 2 heures 30). J'ai encore des réserves, et ce dernier kilomètre, logiquement le plus dur, est assez facilement avalé. 2 heures 23 minutes, et j'y suis ! Lucas arrive 5 minutes plus tard (et là je comprends les écarts que l'on peut faire en l'espace d'un kilomètre sur le Tour!). J'imagine Greg un peu tout seul dans la pampa, je décide de redescendre pour l'encourager un peu. Il lui reste justement les 2 derniers kilomètres, et c'est dur mentalement, mais aussi physiquement (ah, le fessier...). Il arrivera lui aussi tout au bout, tout là haut.

L'ascension du Ventoux

Une fierté. Nous y sommes donc arrivés. Autour de nous, il y a bien une centaine de personnes, peut-être plus, qui viennent de faire la même chose. C'est toute une communauté qui savoure le moment, certains ouvrent carrément une bouteille de champagne, nous choisissons plutôt une boisson sucrée. Du côté du versant Nord, c'est un autre paysage, moins provençal : les Alpes sont au loin.

Reste la descente ! Là, ça demande de la concentration ! Nous la faisons en deux fois (on mange au chalet Reynard). Je mets 30 minutes pour revenir à Bedoin, avec des pointes à 60 km/h.

 

Le bilan : j'ai préféré le Ventoux à l'Alpe d'Huez. Le paysage est aussi beau, il y a surtout moins de circulation, et l'arrivée est iconique. On m'avait tellement vendu l'enfer que j'ai trouvé la montée plutôt facile à nouveau (mais je crois que le VTT perturbe ma vision : je me retrouve régulièrement avec des pentes à 15% sans goudron... et j'en chie tellement!).

Les alentours sont également très sympa (Vaison-la-Romaine notamment) et on a fait une bonne fête à Sainte Colombe (j'ai réussi à avoir les lacs du Connemara). Quant au mont Ventoux la nuit, c'est un lieu parfait pour observer la Voie Lactée !

 

Prochain challenge ? J'avoue que le Paris-Roubaix me donne envie. Bon plutôt le 70 km que le 170km (on me vend une nouvelle fois l'enfer... et je veux bien y croire cette fois!).

L'ascension du Ventoux
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29 juillet 2022 5 29 /07 /juillet /2022 13:24

La route de la Soie me fascine. Je rêve de l'emprunter depuis de nombreuses années, de parcourir l'Iran et les pays d'Asie centrale en suivant les traces de Marco Polo et des célèbres caravanes ramenant les épices et la porcelaine de contrées tellement lointaines qu'elles étaient devenues des mythes. Cette route, je l'ai rencontrée à ses débuts, à Xian, en Chine. Mais aussi à sa fin, Constantinople/Istanbul étant la principale porte d'arrivée pour les Européens. Les haltes caravanières sont nombreuses en Turquie, les fameux caravansérails. Et il y a aussi parfois des villes qui portent encore la trace de cette lointaine époque : direction Safranbolu.

La ville doit son nom à un crocus, le crocus sativus, petite fleur qui fleurit 20 jours par an, et dont la récolte, à la main, permet d'obtenir l'épice la plus chère du monde. Il faut dire qu'elle est un peu avare : il faut 150 000 fleurs pour obtenir un kilo de safran ! Ce fut notre petit coup de cœur. Une ville à taille humaine (50 000 hab), avec un centre agréable et un peu touristique, juste ce qu'il faut. Des vieilles maisons ottomanes, des loukoums délicieux et du calme dans les petites rues piétonnes du cœur de ville.

Safranbolu, la Mer Noire, c'est Byzance !
Safranbolu, la Mer Noire, c'est Byzance !

Nous en profitons pour faire un crochet jusqu'à la mer Noire, la quatrième mer du voyage. Les routes sont montagneuses, nous traversons la chaîne Pontique, dépassant les Renault 9 et 12, véritables stars en Turquie, mais un peu fatiguées dans les montées. Les paysages, où quelques nuages se mêlent aux forêts, font presque vosgiens.

 

Safranbolu, la Mer Noire, c'est Byzance !

Amasra est une station balnéaire prisée des Turcs des environs. Malheureusement, comme souvent là-bas, les plages sont habitées par des rangées de chaises-longues (et pourtant j'aime la chaise longue!), avec, juste derrière, des enceintes crachant de la musique turque. Aimant bien le calme et le bruit de l'eau, la sensation est mitigée. Le bord de mer est pourtant très joli.

Safranbolu, la Mer Noire, c'est Byzance !

Enfin, nous bouclons ce périple de 4400 km (!) par la grande, la belle, la fascinante Istanbul. 15 millions d'habitants (1 million en 1960!), une histoire millénaire entre Byzance et Constantinople, où se croisent Alexandre le Grand, Septime Sévère, Constantin, Justinien, les croisés, Mehmet II et Soliman le Magnifique pour arriver à Mustafa Kemal et Erdogan. Cette ville, je l'avais découverte en 2009, le temps d'une journée, et j'étais tombé sous son charme. Elle est toujours fascinante, sans doute un peu plus touristifiée (on entendait parler français à tous les coins de rue!), et déjà différente. Il y a 13 ans, je me souviens d'une circulation débridée. Aujourd'hui, les rues piétonnes sont très nombreuses et nous n'avons pas vu d'embouteillages ! Il y a 13 ans, Sainte-Sophie était un musée assez cher ; aujourd'hui c'est une mosquée gratuite où Marie est recouverte d'un voile blanc. Erdogan a fait plaisir aux plus conservateurs de son parti, dans un pays où le kémalisme laïc d'Atatürc est pourtant omniprésent ! Deux tunnels passent aujourd'hui sous le détroit du Bosphore quand il n'y en avait pas en 2009 ! La ville bouge, vit, impose son dynamisme au pays et à tout le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. Istanbul est une métropole mondiale, avec quelques-uns des fléaux habituels (coucou la pollution et les SDF). Pour nous, ce fut une dernière traversée entre Europe et Asie, des déambulations dans les bazars où la foule rappelle la braderie de Lille (mais quotidienne!), des appels à la prière dans les oreilles, parfois perturbés par le bruit des mouettes. Négocier les prix, refuser 50 sollicitations, entrer dans Topkapi, l'ancien palais des sultans, marcher du côté de Galata. 15 à 20 kilomètres tous les jours, sans broncher : les enfants sont d'une facilité déconcertante. Et nous, heureux, vivants, chanceux.

Safranbolu, la Mer Noire, c'est Byzance !
Safranbolu, la Mer Noire, c'est Byzance !
Safranbolu, la Mer Noire, c'est Byzance !
Safranbolu, la Mer Noire, c'est Byzance !

Le retour en France est un peu chaotique. Le premier avion est en retard, nous arrivons à Belgrade tandis que notre vol pour Paris s'est déjà fait la malle. Nous nous retrouvons bloqués dans la capitale serbe, avec des informations peu nombreuses : un vol demain, il y a de la place ? « Attendez, je reviens vers vous ». On dort où ? « Attendez, je reviens vers vous ». Les enfants ont faim. « Attendez, je reviens vers vous ». Deux heures, assis à côté d'un guichet, c'est long dans ces moments-là. Finalement, nous resterons la nuit dans un hôtel de Belgrade, avant un réveil aux aurores (3h30 les cochons!) pour pouvoir rentrer. Depuis, j'essaie de me faire rembourser les tickets de la SNCF pris à la dernière minute (oh les prix de cochons ! Et ils annoncent 900 millions de bénéfices le lendemain ces salauds-là!).

Safranbolu, la Mer Noire, c'est Byzance !

Le bilan ? Une vraie surprise. Une Turquie immensément riche (notamment en lieux archéologiques) et diversifiée (paysages méditerranéens, semi-arides, forestiers, ruraux et verts), avec des habitants très souriants, régulièrement prêts à nous dépanner. En 3 semaines, nous n'avons vu que la moitié ouest, et sans vraiment chômer, ce qui laisse entrevoir l'immensité du pays.

Safranbolu, la Mer Noire, c'est Byzance !

PS : je ne me suis pas fait brosser les sandales.

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27 juillet 2022 3 27 /07 /juillet /2022 07:36

La côte méditerranéenne est quelque peu différente de la côte égéenne : plus nature, moins bétonnée. Plus chaude aussi ; nous atteignons régulièrement les 40°C. Ce n'est pas une surprise, et les litres d'eau défilent (ainsi que les bouteilles en plastique...). Pour nous rafraîchir, il y a également la solution de la plage. Oludéniz serait l'une des plus belles du pays, allez, allons-y !

Une heure plus tard, les bouchons ont eu raison de ma motivation. Le lieu est gavé de monde comme disent les Bordelais, et si la baie est peut-être belle hors-saison, c'est un endroit à éviter en ce moment !

Pas grave, Faralya nous accueille quelques kilomètres plus loin et nous offre un des plus beaux couchers de soleil du voyage.

Une semaine turque : flammes, tremblements de terre et Cappadoce
Une semaine turque : flammes, tremblements de terre et Cappadoce

Nous découvrons aussi la baie de Kekova et la plage d'Adrasan. La Turquie bénéfice d'un immense littoral, elle regorge de plages, de baies, de lieux cachés à côté de la mer. Une chance pour nous.

Une semaine turque : flammes, tremblements de terre et Cappadoce
Une semaine turque : flammes, tremblements de terre et Cappadoce

La côte sud est également assez riche en patrimoine grec antique : Tlos et ses maisons troglodytes, Lethoon, Xanthos... Mais le must est Arycanda. Un endroit paumé, déserté, et magnifique : au milieu des montagnes (omniprésentes dans le pays), une ancienne cité lycienne abandonnée au IXème siècle. Depuis, la nature a repris ses droits et un arbre pousse au milieu du théâtre. Seuls, nous en profitons pour jouer la comédie.

Une semaine turque : flammes, tremblements de terre et Cappadoce
Une semaine turque : flammes, tremblements de terre et Cappadoce
Une semaine turque : flammes, tremblements de terre et Cappadoce

Quelques kilomètres plus loin, un endroit fascinant, Chimaera. Vous connaissez peut-être la Chimère, ce dragon mythique enfermé par le fils de Poséidon. Cette histoire aurait pour origine ce site étonnant, où les flammes surgissent constamment du sol. La raison serait un surplus de méthane dont les émanations offrent un haut lieu de barbecue pour la population !

Une semaine turque : flammes, tremblements de terre et Cappadoce
Une semaine turque : flammes, tremblements de terre et Cappadoce

Après Bodrum, nous découvrons la seconde grande ville touristique, Antalya. Centre-ville charmant, même si un meeting d'Erdogan nous oblige à marcher quelques kilomètres avec nos sacs sur le dos. Nous continuons rapidement notre route, enchaînant les théâtres antiques, comme à Pergé, et, le plus beau que nous ayons vu, à Aspendos.

Une semaine turque : flammes, tremblements de terre et Cappadoce
Une semaine turque : flammes, tremblements de terre et Cappadoce

Alanya est notre dernière ville de la côte méditerranéenne. Un endroit ultra-touristique où nous ne devions avoir que peu de souvenirs. Sauf qu'avant minuit, le sol en a décidé autrement. L'hôtel est calme, les enfants dorment, je compte faire de même. Tout d'un coup, le lit bouge. Étrange sensation, l'impression que l'ensemble de l'immeuble fait de même. Ce n'est pas une impression. Elle a ressentit la même chose. Cela dure 5 secondes. Assez pour comprendre. Tremblement de terre.

La Turquie connaît régulièrement des séismes. Une dizaine ont été ressentis depuis le début de l'année. Rien de très grave, les gens n'en parlent même pas le lendemain matin. Il faut dire que 4 sur l'échelle de Richter, c'est très peu ici. Pour nous, c'est différent, c'était notre premier ! Car dans le Nord, nous en ressentirons un deuxième, à 4,1, du côté de Safranbolu. Un peu plus long, et tout aussi étrange.

 

Nous quittons la côte, prêts à traverser le pays du sud au nord. J'imaginais des zones assez désertiques, des steppes arides, je découvre un pays alternant zones montagneuse et agricole. L'objectif est la Cappadoce, zone qui me fait rêver depuis de nombreuses années. A quelques kilomètres, nous en profitons pour voir un caravansérail, celui de Sultanhani, construit au XIIIème siècle par les Seldjoukides. Ici transitait le commerce entre l'Europe et l'Asie, cette fameuse route de la Soie où les chameaux et dromadaires permettaient les aller-retours. Les caravansérails sont construits à une trentaine de kilomètres les uns des autres, soit la durée d'un voyage d'une journée effectuée à cette époque. De notre côté, c'est 500 bornes de plus au compteur pour découvrir Uchisar, Göreme (à fuir) et Cavusin.

Une semaine turque : flammes, tremblements de terre et Cappadoce
Une semaine turque : flammes, tremblements de terre et Cappadoce

Cette Cappadoce n'est pas facile à décrire, les photos parlant déjà d'elles-mêmes. Nous sommes sur un plateau à plus de 1 000 mètres d'altitude. L'endroit est très touristique, mais il suffit souvent de marcher quelques dizaines de mètres pour être tranquille tant l'étendue du lieu est immense. Partout où nous regardons s'offrent à nous des cônes, ces fameuses cheminées de fée, laissées là par des vieilles éruptions et le travail du temps (et surtout l'érosion). La luminosité y est parfois aveuglante. Le lieu est aussi connu pour être un des hauts lieux du christianisme, dès les premiers siècles (présence de Saint Paul sur place?), tandis que les peintures des IX et Xème siècles restent fascinantes. Un petit air de Météores, dans un autre style.

Une semaine turque : flammes, tremblements de terre et Cappadoce
Une semaine turque : flammes, tremblements de terre et Cappadoce
Une semaine turque : flammes, tremblements de terre et Cappadoce

Un petit peu plus de deux semaines se sont écoulées, il en reste une. Direction la mer Noire puis Byzance Constantinople Istanbul.

Une semaine turque : flammes, tremblements de terre et Cappadoce
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26 juillet 2022 2 26 /07 /juillet /2022 08:36

Nous sommes 5. Elle, moi, et mes trois demi-enfants (pour simplifier). Et l'idée incongrue d'effectuer un road-trip en Turquie n'est pas tout à fait mienne. C'est Elle qui était motivée, c'est Elle qui m'a motivé. 3 semaines devant nous, une Fiat avec 500 km au compteur, de la crème solaire, casquettes et chapeau, et l'envie d'en découdre avec un pays que je connais finalement très peu (mon seul passage remonte à 2009, et il a duré 2 jours d'un tour d'Europe très riche).

 

Après avoir longé la mer de Marmara depuis l'aéroport d'Istanbul, nous traversons le détroit des Dardanelles, haut-lieu d'une déroute franco-britannique pendant la première guerre mondiale (merci Churchill!). Peu de trace visible de cet épisode (je n'ai pas vu de cimetières militaires par exemple, mais peut-être n'étions nous pas sur la bonne zone), et ce qui nous marque est plutôt le nouveau pont (inauguré en 2023... oui, la section centrale fait 2023 mètres, et il n'est pas encore tout à fait terminé!). Un symbole, un passage entre l'Europe et l'Asie. Les paysages sont méditerranéens, les champs d'oliviers et de tournesols se succèdent, tandis que nous arrivons sur la côte égéenne.

De Troie à Pamukkale, une Turquie très grecque

Troie est un mythe. Homère y est pour beaucoup, Henri Schliemann, l'archéologue découvreur des lieux, n'aide pas, et nous nous retrouvons sur un site antique riche (10 strates d'occupation) mais sans la réelle certitude d'être à Troie ! (le nom de la ville n'a pas encore été retrouvé lors des fouilles!) Alors nous regardons ce cheval reconstitué en pensant à cette belle Hélène qui aurait fait basculer toute la région dans une guerre homérique, puis visitons un très bon musée consacré à la recherche archéologique sur l'ensemble de la côte.

De Troie à Pamukkale, une Turquie très grecque

A Pergame (Bergama de nos jours), pas de doute, la ville est bien là ! Ce royaume antique, qui succède à Athènes en tant que grande puissance de la région au IIIème siècle avant J-C, est connu pour son invention du parchemin et le fait d'être un temps la capitale de la province d'Asie de l'empire romain. Superbe théâtre à flanc de colline, et beau site archéologique.

De Troie à Pamukkale, une Turquie très grecque

Quant à Ephèse... Le site est clairement exceptionnel, et il se partage : il faut arriver tôt, si vous ne voulez pas être emporté par un flot de croisiéristes américains ! Nous avons un peu de chance, nous visitons le théâtre et la bibliothèque avant leur arrivée. Le décor est somptueux, tout comme les maisons en terrasses, qui nous rappellent Pompéi. Juste à côté, la ville de Selçuk est agréable. On y trouvait à l'époque le temple d'Artémis, l'une des sept merveilles du monde antique (il ne reste honnêtement plus rien d'intéressant) mais aussi la basilique Saint-Jean : l'apôtre serait mort à Ephèse, tout comme Marie, la mère de Jésus, qui l'aurait accompagné jusque là (on reste au conditionnel). Selçuk est aussi la ville des... cigognes ! J'ignorais leur présente (massive) dans cette zone de Turquie !

De Troie à Pamukkale, une Turquie très grecque
De Troie à Pamukkale, une Turquie très grecque

Où dormir ? Chaque soir, la question se pose. Rien n'est réservé, rien n'est planifié, on avance au rythme des visites et, sans Internet et sans GPS, la recherche est parfois mouvementée (« c'est l'aventure »!). Nous sommes 5, et nous alternons entre 1 et 2 chambres, selon les disponibilités. Les hôteliers sont parfois surpris de nous voir ; « vous avez une réservation ? » étant régulièrement la première phrase entendue, et leur regard est encore plus interloqué quand ils voient les trois enfants. On voyage en mode « le monde d'avant internet », quoique... quand je sors ma boussole, c'est plutôt le monde d'avant avant avant avant internet ! L'offre est pléthorique, notamment dans les villes balnéaires, ici à Kusadasi ou ensuite à Bodrum.

De Troie à Pamukkale, une Turquie très grecque

On y traîne assez peu la journée, et repartons dans la campagne, découvrir le parc de Dilek et la péninsule de Datça. Des lieux merveilleux et encore assez calmes. Randonnée, baignade, eaux cristallines, pique-nique sur la plage, programme validé par l'ensemble de la tribu.

De Troie à Pamukkale, une Turquie très grecque

Après 5 jours à longer cette belle mer Egée, nous plongeons dans les terres, direction le diptyque Hiérapolis/Pamukkale. Un site original, combinant à la fois une curiosité naturelle et un site archéologique. Le second est déserté des touristes lors de notre présence, nous permettant de traverser cimetière (1 200 tombes!), aqueduc et théâtre en toute sérénité.

De Troie à Pamukkale, une Turquie très grecque
De Troie à Pamukkale, une Turquie très grecque

Quant au site naturel de Pamukkale, c'est dingue et c'est blindé. La foule est concentrée autour de l'entrée, il suffit de marcher 250 mètres pour s'en éloigner. Qu'est-ce que ce « château de coton » ? Des sources d'eau chaude (entre 35 et 55°C) déversant du sel calcaire depuis des milliers d'années. Cela a créé des bassins en cascade. C'est fou ! L'eau a une couleur incroyable et le site était déjà visité par... les Romains ! (ce qui explique Hiérapolis juste à côté).

De Troie à Pamukkale, une Turquie très grecque
De Troie à Pamukkale, une Turquie très grecque

La première semaine aura été rythmée, avec 1 500 bornes au compteur et un bon aperçu de la Grèce antique... euh, de la Turquie. Les enfants apprécient les visites, et de se baigner tous les jours (étonnant, non ?). Et, ce qui est chouette, c'est qu'il nous reste encore deux semaines !

De Troie à Pamukkale, une Turquie très grecque
De Troie à Pamukkale, une Turquie très grecque
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4 juillet 2022 1 04 /07 /juillet /2022 19:48

A quoi bon ? Cela faisait plusieurs années, et, honnêtement, une partie de moi n'y croyait plus. Retomber amoureux, être aimé en retour. C'était fini, c'était passé, c'était illusoire. Je regardais quelques histoires avec envie, mais le plus souvent avec amertume. Les statistiques étaient formelles : un mariage sur deux se finit en divorce, et le mariage qui tient est rarement un exemple de bonheur continu. Alors à quoi bon ? A quoi bon les sacrifices de la relation à distance ? A quoi bon ouvrir son cœur pour le retrouver quelques mois/années plus tard en cinquante morceaux ? A quoi bon même essayer ? A quoi bon parler à cette fille, alors que ça ne mènera à rien.

 

Ce qui est bien avec toi, c'est que je n'ai pas trop eu le choix. Tu m'as parlé, et tu ne m'as pas lâché. Oh, oui, tu ne l'assumes peut-être pas, mais j'ai 100 témoins, à savoir toutes celles et ceux qui étaient là, ce soir-là, à la soirée d'au revoir de Fanny et Julien. Depuis, les deux sont partis à la Réunion, ont enfanté, et sont aujourd'hui sur le chemin du retour. Et toi, à mes côtés.

 

Diable, comment en sommes-nous arrivés-là ? Nous étions si différents. Je dormais sur ce canapé lillois, sans emploi, sans envie ; tu avais un divorce, 3 apparts et demi, et, car c'est important, 3 enfants. Chance de réussite : 0,1%. Et nous voici aujourd'hui dans notre maison [enfin, surtout moi, car tu n'es pas souvent là!]

Pour réussir, il a fallu briser de nombreuses barrières mentales. Moi le premier. Une mère, des enfants. Au départ, je n'étais pas prêt. D'ailleurs, j'ai reculé. Je t'appréciais beaucoup, mais la barrière mentale était là, très haute. Alors nous avons commencé avec une amitié. Pas facile, une amitié, quand il y a une attraction. Pas facile, une amitié, quand il y a une si bonne entente. Pas facile, une amitié, quand il y a une telle fluidité.

Il a fallu un confinement pour remettre cette situation en question. La suite, pas besoin d'en dire plus.

 

Pourquoi ça marche ? Pourquoi nous ? Pourquoi toi ? Oh, c'est une évidence. Le mot est fort, et l'émotion qu'il me procure est palpable lorsque je frappe les touches de mon clavier. L'évidence, ce que je recherchais depuis tant d'années. Elle est là, c'est toi. Tu me fais rire Chloé. Vraiment. Alors oui, certes, parfois à ton insu. Oui, je me moque régulièrement de toi, car qui aime bien châtie bien, et je t'aime beaucoup (et je suis aussi un gros relou). Nous partageons énormément. Nous discutons, nous échangeons, nous débattons. Sans forcément parvenir toujours aux mêmes opinions. Et c'est aussi ça qui est génial. Accepter l'autre telle qu'elle est, avec ses nombreuses qualités et ses petits défauts (à quoi bon ranger sa carte bancaire!?!)

 

Tu es vivante. Je veux dire, tu es pleine de vie. Un ouragan, une tornade. Quand tu es dans la pièce, j'ai l'impression qu'elle bouge. Tu as plein de projets. Tu veux inviter la terre entière. Tu aimes la musique à fond, et te réveiller très tôt pour croquer la journée. Moi, j'ai souvent tendance à être assez calme, j'aime dormir, et lire trois heures le journal. Tu es le feu, je suis la glace. Tu t'emportes, tu t'impatientes, je reste calme. Tu es pleine d'émotions. Et les miennes reviennent, grâce à toi.

 

Je ne dis pas que j'ai un cœur de pierre. Disons qu'il était justement glacé. Tu le fais fondre. J'ai des larmes qui remontent à mes yeux parfois, quand je te parle de moi, et de mes sentiments. J'ai envie de pleurer Chloé, j'ai envie de pleurer tellement je suis heureux d'être avec toi, de t'avoir rencontrée, que l'on se soit laissé une chance. Et ce, malgré mon discours défaitiste du départ, te promettant d'aller, ensemble, droit dans un mur. Car nous n'étions pas faits pour être ensemble, nous n'étions pas au même point dans notre vie, nous étions si différents. Et, finalement, la vie m'a donné tort, une fois de plus.

 

Alors je crois à nouveau. Je m'engage à nouveau. Un achat ensemble, d'une maison. Un rôle de beau-papa, « demi-papa » comme ils disent, qui, finalement, me convient bien. Et des projets plein la tête, plein nos têtes. On partira peut-être un jour à l'aventure de l'autre côté de la planète, on se lancera peut-être ensemble dans des pérégrinations politiques ou littéraires, on agrandira peut-être un jour notre famille. Car tout est possible, quand on s'aime.

 

Je t'ai cherché. Je t'ai attendu. Tu m'as manqué. Amour. Merci d'être là.

 

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29 juin 2022 3 29 /06 /juin /2022 14:22

Quelle est mon envie ? Que veux-je faire ? Que vais-je faire ? Pendant plusieurs semaines, ce fut la course. Finir la campagne de Jadot. Finir le livre sur Houlle. Finir les cours. Finir les travaux. Faire un déménagement. Déballer les cartons. Et là, aujourd'hui, je m'arrête. Je me pose sur mon canapé, sans télé, sans connexion internet, juste moi, et du temps disponible. Et je ne sais pas quoi faire. Comme si j'avais perdu l'habitude !

 

La période fut dense. Et constructive. J'en ressors avec une nouvelle expérience professionnelle qui a permis d'assouvir ma soif de curiosité sur la politique nationale. J'en ressors avec un second ouvrage qui me rend fier, tout en donnant le sourire à des gens que je ne connaissais pas lorsqu'ils reçoivent de mes mains le livre sur l'histoire de leur village, ou celui de leurs parents. J'ai, en l'espace d'un mois et demi, noué des liens avec des élèves formidables à Calais. Et, aujourd'hui, je vous écris depuis chez moi. Ma maison. Littéralement. Car je suis devenu propriétaire.

 

Quand on repense à ma situation il y a deux ans et demi : célibataire, revenant d'Amérique du Sud, dormant sur un canapé à Lille... ça passe vite ! Et me voilà entré dans un monde qui me faisait sourire il y a quelques années : celui des taux négociés avec un banquier et des travaux dans sa demeure. Poncer un parquet. Une bordureuse. Fibre de verre. Branchement électrique. Changer un robinet. Autant de choses que j'avais jamais faites jusque là, un vocabulaire qui m'était étranger, et qui me permettait souvent de dire que « je ne suis pas très manuel ». En vérité, je n'avais jamais essayé. Et, au final, ce n'est pas toujours très compliqué. Un tuto, un conseil, et des essais (parfois nombreux) pour un résultat plutôt correct (quoi que la fibre de verre ne me satisfait pas complètement).

Bien sûr, il reste encore du travail. Quand je vois cette maison, ma maison... enfin, notre maison (!), je vois des choses à faire dans chaque pièce. Et je pense que j'en ai pour l'année. Sauf que là, j'en ai plein le dos. Deux semaines et demi à faire les travaux, à porter des cartons, un week-end de déménagement, des aller-retour à Emmaüs, à la déchetterie... je n'ai plus l'envie de m'y remettre. J'ai mal partout, je suis fatigué. Une journée de repos. Mais comment la vivre ? Comment s'arrêter brusquement lorsque l'on vit à 100 à l'heure ? Le choc est rude. Je regarde par la fenêtre. Je me dis d'aller faire du sport, un peu de vélo. Mais j'ai mal partout je vous dis ! Dormir. Manger. Lire. Triptyque d'un retraité. Et, aussi, regarder par la fenêtre. Cette école de musique, ce sera ma vue pendant plusieurs années. Je l'aime bien. Des arbres, du calme, des oiseaux qui chantent, des lycéens qui stressent pour leur grand oral. On y sera bien.

 

Venez, vous êtes les bienvenu.e.s.

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1 juin 2022 3 01 /06 /juin /2022 14:03

« Hiiiiii aaaaaaahhhhhh ». Ce cri résonne encore dans mes oreilles. Chaque après-midi, sous la voûte, il est là, à hurler son hiiii ahhh, je l'entends depuis les préfabriqués où la chaleur est intenable et vous pousse à somnoler. C'est un réveil. Roland est là. Qui est ce Roland ? Est-il encore en vie ? Aucune idée, mais son cri et son visage sont ici.

3 ans à Ribot, c'est beau la vie

Il y a 17 ans, je passais mon bac. 17 ans, putain ! Du stress, j'en avais un peu. On sentait tous que c'était un moment important. Un rite de passage. Le bac, le permis, nos 18 ans, un triptyque qui allait signifier la liberté.

 

Quand je sors du collège de l'Esplanade, je suis content. Marre de certaines règles, marre de l'ambiance, une envie de voir autre chose. Et puis Ribot, c'est une réputation : un lycée où il fait bon vivre. Le jour de la rentrée, il y a l'appel, classe par classe, alors que nous sommes dans la grande cour. Pour moi, pas besoin d'attendre trop longtemps : la 2D2, avec quelques têtes connues : Camille, Angélique, Pauline, Vanessa et même Elsa, que je retrouve de l'école primaire. L'ambiance est d'entrée très bonne, et je me sens à ma place. Je travaille. Il faut dire que j'ai la pression : sur mon bulletin de fin de 3ème, on dit tout simplement que la transition au lycée risque d'être compliquée ! Alors je bûche un peu au premier trimestre, pour passer au-dessus de 12. Je n'ai pas une réelle marge de manœuvre et les lacunes héritées du collège plombent en partie ma moyenne (coucou les langues!). Le deuxième trimestre est déterminant : je travaille un peu plus encore. Et je passe au-dessus de 14. C'est bon, la transition est effectuée, je vais pouvoir travailler un peu moins et me reposer à nouveau en partie sur mes acquis !

3 ans à Ribot, c'est beau la vie

Car le lycée c'est une motivation limitée pour les cours. Pour la première fois, on regarde les filles. Magalie, Aurore, Stéphanie, Rose... y'a pas à dire, nous sommes servis ! Du haut de nos 15 ans, connaissant déjà tout du monde, nous parlons avec une voix muante, presque mutante [oui, je fais des néologismes], pleine d'affirmation. L'année de seconde est sans conteste la plus belle : les fêtes s'enchaînent, et l'année se termine au mois de mai sous le soleil au jardin public quand les 1ères et Terminales se doivent de réviser ! Ah, les cons ! On danse au son de Satisfaction de Benny Benassi, Kyo est en haut des charts, mais je garde ma préférence pour le rap : The Eminem Show, Graver dans la roche de Sniper, Psy4 et bien sûr, toujours la FF.

3 ans à Ribot, c'est beau la vie
3 ans à Ribot, c'est beau la vie

« Alors, tu l'as emballé ? » Pas vraiment, non. Parler aux filles, traîner avec des filles, ça, c'est plutôt facile. En embrasser une, c'est plus compliqué, et ma timidité deviendra petit à petit une légende de rue (la « révillonite », maladie consistant pour un garçon à apprécier une fille, la fille est d'accord, et il ne se passe rien. Je m'en suis remis tardivement!)

 

Au-delà des filles, il y a toujours le football. L'événement de l'année, c'est le tournoi du lycée ! On crée une équipe, et c'est un immense plaisir si on tombe contre les pions ! Encore plus si on les massacre ! Un tournoi qui nous réussit moyennement, on élimine des favoris, et on se fait sortir au tour d'après. Le syndrome français au tennis : un exploit, puis l'élimination directe contre un plus petit ! Je reprends du plaisir à jouer à l'Essor, je recrute même les copains de ma classe (coucou Benjamin et Yann) et se forme aussi peu à peu un groupe qui traînera bientôt devant les escaliers du forum.

Le forum ? Le lieu où il faut être vu, le lieu où les couples se tiennent la main, le lieu où l'on s'insulte un peu. Pour la bagarre, direction la voûte, et ça devient politisé (coucou les Skinheads!).

Nous, on a notre salle : la 121. On y cause, on y bosse, on y fait des Jungle Speed et des belotes. Ambiance bon enfant, en témoigne cette photo. 2 secondes plus tard, le proviseur entre dans la salle. Fou rire.

3 ans à Ribot, c'est beau la vie

La fin de la seconde est un peu dramatique : plus de 10 redoublants et réorientation. On dit au revoir à une partie du groupe, avec quelques larmes. Le lycée, c'est une sélection assez sévère au départ. Dommage, j'aimais la 2D2, et les batailles de neige de l'hiver sont gravées dans ma mémoire.

 

1ère. La classe explose en raison des spécialités. Je choisis 1ère ES, malgré le forcing de ma prof de chimie. Je découvre alors celui qui sera mon professeur préféré au lycée (on en a tous un) : Mr Carlier. Je le revois encore traversant la cour, lentement, très lentement, très très lentement. Il est aussi fan de foot, du RC Lens. A l'époque, j'ai un survêtement complet du PSG et une casquette iconique (et les filles passent leur temps à essayer de me la piquer!). Alors il ne me manque pas quand Paris perd. Et, à l'époque, il en faut du courage pour afficher les couleurs portées par Sammy Traoré et coachées par Guy Lacombe : défaite à domicile le 1er match contre Lorient avec un doublé de Fiorèse... Le 5 novembre 2006, Paris-Lens 1-3 (doublé de Daniel Cousin). Le lendemain, en classe, Mr Carlier s'assied, toujours lentement, ne dit pas un mot, et sort le journal L'Equipe, avec sa Une consacrée au match. Il met régulièrement le classement au tableau : à la fin des matchs aller, Lens est second, Paris est 16ème. Autant vous dire que c'est limite du harcèlement moral ! Les cinq défaites consécutives (Saint-Etienne, Sochaux, Sedan, Auxerre, Rennes... oui, que du lourd) manquent de me pousser au suicide alors que le club est 19ème. Heureusement, une victoire salvatrice à Bollaert me redonne le sourire. Beau joueur, j'achète l'Equipe, et je le pose sur le bureau de Mr Carlier.

En seconde et en première, je suis délégué. Je ne me souviens plus trop pourquoi j'ai postulé, mais je suis élu. Je vois l'envers du décor, les profs en conseil, les choix des compliments ou des félicitations (non, mais sérieusement, on s'en fout aujourd'hui en vérité!), et les blagues à l'encontre de certains élèves. A la fin de la première, je sens qu'on ne sert plus à grand chose, le bac fera juge de paix !

Le bac français, la SVT. Essayer d'avoir des points d'avance. 7 à l'écrit. 14 à l'oral, 13 en SVT. 8 points d'avance, ok, c'est pas fou, mais c'est mieux qu'avoir du retard.

3 ans à Ribot, c'est beau la vie
3 ans à Ribot, c'est beau la vie

En terminale, la classe est à nouveau bousculée, et hormis Yann et Benjamin, les autres disparaissent. Pas grave, c'est avec eux que je traîne. Mon groupe se recentre un peu plus encore sur l'ESSOR, et les soirées sont plus masculines. Certains commencent à avoir le permis, on parle de plus en plus de boîte de nuit au son de Bob Sinclar et de DHT (coucou le Té, Té, Téoria. Bon, en vérité ma première c'est les Jardins du Rosendael à Audruicq. On me proposera tout de suite de l'ecstasy). Mais ma vraie passion, c'est Football Manager. Les parties en réseaux existent désormais, et je passe mes soirées à faire des saisons avec le Werder de Brême ou même l'OM (on s'en fout, c'est qu'un jeu!). Alexandre et moi nous entraînons mutuellement, et j'ai le souvenir de réviser le bac en lisant mon cours devant une partie de FM et avec Roland Garros que Nadal commence à gagner cette année-là. Alexandre prendra l'option rattrapage, je pense que c'est un peu de ma faute (bon, la sienne aussi hein!).

3 ans à Ribot, c'est beau la vie

Le jour des résultats du bac. Direction la voûte. Le lieu de grand passage. Je me souviens l'année précédente d'une fille en pleurs devant son admission, disant que « c'était les plus belles années de sa vie ». Je suis moins sentimental, je le décroche, j'ai une mention AB (et mes sœurs radotent depuis des années qu'elles en ont eu une meilleure ! Oui, mais combien de Champions League ?!? Les chiffres ne mentent pas Mesdames, et mon palmarès à FM parle pour moi !). Quelques-uns restent au lycée, pour le BTS. De mon côté, direction Arras en histoire (après une hésitation avec économie... je ne serai pas le même homme!).

 

Qu'est-ce que je retiens de ces trois années ? La salle de perm' dans la cantine, une cantine qui justement n'était pas fameuse. Les TPE, le truc où tu as 6 mois pour faire quelque chose, et où tu fais tout la dernière semaine. Notre sujet, « La mondialisation du football », nous tenait pourtant à cœur ! Je me souviens aussi de la fatigue. Le lycée, c'est des journées très longues, de 8h à 17h40 (pourquoi cet horaire chelou?!), et, en rentrant, les devoirs. Je m'endors encore avec Skyrock, Romano me fait toujours rire, et si je crois être un adulte, je reste un grand ado. La fête de fin d'année, avec les dunks des basketteurs et le hip hop m'impressionne bien. Et j'ai encore des frissons en repensant à cette fille chantant « Elle est d'ailleurs » de Pierre Bachelet. Mais ça, c'était l'année suivante... j'étais pourtant à la fac, mais celle-ci est fermée avec un mouvement social (le CPE !). Pas cours, du temps, et une copine, la première, au lycée. Ribot, je reviens !

 

[honnêtement, quand je revois le lycée aujourd'hui, je pense à vous]

3 ans à Ribot, c'est beau la vie
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31 mai 2022 2 31 /05 /mai /2022 19:44

« À Saint-Omer, les réfugiés ukrainiens retapent les logements qu’ils peuvent ensuite habiter » La lecture des commentaires m'interpelle. « Honteux de voir sa nous on galère et eux il on le droit de tout » « tout pour les étrangers et rien pour nous. vive la France hein ». « Une honte ». Au-delà des quelques fautes, c'est surtout le ton. La colère. Une ambiance que je retrouve traditionnellement sur les articles à propos des « autres » migrants. Les Ukrainiens, jusque là, étaient plutôt préservés. 3 mois après le début de l'offensive, on commence à pointer du doigt les avantages de ces réfugiés. Pensez : ils ont dû quitter leur pays, leur maison, leur famille, leur école... et on les loge ! Inadmissible pour certaines et certains.

« Et tout les SDF de saint omer vous en faitez quoi messieurs le maire ». » « et du travail nos sdf rien mais eux 5 étoiles ». « mais les sdf français oui. qui pense à eux avant et au étrangers ensuite. » Intéressant de voir à quel point, dans ces moments-là, le SDF français devient tout à coup un être exceptionnel que l'on souhaite protéger. Je regarde les profils des commentateurs. Un agent de conditionnement, un jardinier, un gilet jaune, une auxiliaire de vie. Des milieux populaires. En clair, des gens plutôt pauvres. Et mécontents. Ils n'ont pas l'impression d'avoir été aidés dans leur vie. Ils en veulent au gouvernement. Je vois un profil pro-Marine le Pen. Non, ce n'est pas une surprise.

 

Au niveau national, plus de 8 millions de voix pour elle au premier tour, 2,5 M pour Zemmour. A eux deux, 30%. Au second tour, 41,5% des Français ayant voté ont choisi le Front National. Le chiffre me choque encore, et c'était presque pourtant un soulagement. C'est qu'autour de moi, les langues sont déliées depuis de nombreuses années. Le Pas-de-Calais a voté à 57,5% pour Marine le Pen au second tour, avec parfois des scores impressionnants (71% à Auchel ! ). Il y a 10 ans, je signalais déjà à Facebook les menaces de mort à l'encontre des migrants, notamment à Calais. A l'époque, le réseau social n'y trouvait rien à redire. Ça faisait du buzz, des clics, bref, de l'argent ! Depuis, la modération empêche les appels au meurtre, mais le fond du discours, lui, reste haineux.

 

Pourquoi une haine des plus pauvres à l'encontre des réfugiés ? Est-ce un mal français ? Pas tout à fait. Petit exemple que j'ai pu observer pendant mes études, en Afrique. Les réfugiés rwandais étaient nombreux en Ouganda dans les années 1970-80 en raison des pogroms qui s'étaient déroulés contre les Tutsis au moment de l'indépendance. D'abord bien accueillis, ils sont ensuite régulièrement pointés du doigt par une partie de la population locale. En effet, ils disposent dans les camps de réfugiés d'une distribution de nourriture et d'un accès à l'éducation, via les associations, ce que le gouvernement ougandais se révèle incapable de faire dans cette zone rurale. Injustice crient les habitants du coin ! On leur donne tout ! Et nous n'avons rien ! Le confort de ces étrangers provoquera des pogroms en 1982-83 contre les réfugiés rwandais, pogroms encouragés par quelques politiques avides de pouvoir.

 

Ce scénario existe ailleurs. Je ne pense donc pas que pointer du doigt les commentateurs racistes soit suffisant. Ça reste important, et je vais de temps en temps « au charbon » sur Facebook lorsque je vois trop d'âneries concentrées sur un article. Mais il faut plus. Ça passe par une lutte dans sa famille, ça passe par une lutte dans les conversations avec des ami.e.s, des proches, des collègues, des copains du foot etc. Ça passe aussi par un réveil des politiques, au niveau national ou local. Le mal-logement est un fléau, les prix n'arrêtent pas de monter, les gens se sentent délaissés, et la réponse n'est pas à la hauteur.

Mais, surtout, ça passe par une mobilisation réelle de la population qui n'est pas raciste. Malheureusement, mes proches ne souhaitent pas participer à ces débats. Très peu pour moi disent-ils. On observe, mais on se tient loin. On vit son propre bonheur, on ne veut pas se salir, on ne veut pas participer au débat public via les réseaux sociaux. Et on laisse ainsi le champ libre aux extrêmes, qui eux, sont omniprésents. Le danger, de plus en plus réel, est de voir leur nombre augmenter à mesure que nous abandonnons les espaces d'échanges. Oui, je sais, époque de merde où Facebook et Twitter sont les lieux du débat public. Mais c'est notre époque, et lui tourner le dos ne changera pas les choses. Engagez vous, mobilisez vous, car j'ai peur qu'un jour vous le regrettiez.

Ce racisme qui nous entoure
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4 avril 2022 1 04 /04 /avril /2022 15:18

A chaque élection, c'est le même questionnement (sans doute partagé par beaucoup!) : qui sera mon candidat/ma candidate, quel sera le parti pour qui je vais voter ? Depuis quelques années, mon vote est un peu plus tranché. Plus jeune, j'ai vogué selon les modes, sans avoir de réelles chapelles politiques. Je ne viens pas d'une famille très politisée, et j'ai fait mon apprentissage à force de lectures, de discussions, et, parfois, de débats passionnés. J'en suis ressorti avec quelques convictions profondes, notamment une lutte contre les extrêmes. Les études en histoire et les voyages m'ont très vite rapproché de la gauche. Depuis plusieurs années, c'est les Verts qui remportent mon suffrage. Je reste persuadé que la lutte contre le réchauffement climatique est le combat de notre siècle, un combat mondial, sans frontière, avec des enjeux comme rarement l'histoire en a connus.

C'est d'ailleurs en grande partie pour cela que je voterai pour Yannick Jadot ce dimanche. C'est un vote de conviction. L'environnement est la troisième préoccupation des Français d'après tous les sondages et, malgré le peu d'antenne pour cette thématique lors de la campagne, sa préservation est l'affaire de toutes et tous. « Oui, mais l'écologie ne devrait pas être l'apanage d'un seul parti ! » Certes, j'entends cette position. D'ailleurs, ils mettent tous un peu de vert dans leur programme. Mais il y a une vraie différence : pour les Verts, c'est l'écologie qui doit être la base du programme. Malheureusement, chez les autres, c'est souvent la variable d'ajustement qui disparaît à chaque fois que les conditions économiques ne sont pas réunies... à savoir 98% du temps ! Alors que c'est justement notre système économique qui détruit la planète. Notre président considère que l'on doit produire plus, c'est sa priorité du prochain quinquennat. Justement NON ! C'est l'inverse mon vieux ! Il faut produire moins en produisant mieux ! Des produits de merde pour 3 francs 6 sous venant de l'autre côté du monde, c'est ça le souci. On pompe notre planète en la détruisant pour satisfaire un système économique qui n'a pas de sens. Société de consommation qu'on nous dit. Société de surconsommation en fait. On ne répare plus rien, on jette constamment, on gâche les ressources, on pollue pour dix générations, du fond des océans à l'atmosphère. Quand on sait que le protoxyde d'azote présent dans les engrais reste 130 ans dans cette atmosphère, on peut se poser la question de son utilisation (surtout qu'il est 265 fois plus nocif que le CO²!).

« Oui, mais le réchauffement climatique, ce n'est pas la faute de l'homme ! ». Oui, j'entends encore ça sur le marché le samedi matin. Alors je débats. J'explique que 99% des articles de scientifiques confirment le rôle de l'humain, que la planète se réchauffe bien depuis l'ère préindustrielle, preuve en chiffres. Forcément, ces gens-là ne m'entendent pas, je suis d’ailleurs prêt à parier qu'ils ne m'écoutent pas ! Mais les autres, sur le marché, m'entendent et m'écoutent. « Vous avez bien de la patience ! ». C'est mon côté prof !

Bref. « Mais c'est Mélenchon la seule chance de la gauche ! ». Le vote utile. Ou efficace. Qui signifierait qu'il existe un vote inutile, mais passons. Non, ce ne sera pas Mélenchon pour moi. Oui, il est de gauche, et je ne lui reproche certainement pas ce critère. Mais ce n'est pas moi. Au-delà du personnage, parfois colérique et caricatural au cours des dernières années (tout en étant calme et très bon tribun pendant la campagne), c'est surtout ses positions politiques qui m'éloignent de lui. Ne serait-ce que la politique étrangère. Pour moi, Cuba est une grande dictature avec un parti unique depuis 60 ans, et la Chine a bien envahi le Tibet en 1959. Pour moi, la Russie n'est pas « un partenaire fiable » comme il le disait encore il y a 6 mois. Pour moi, le grand méchant loup n'est pas toujours les États-Unis (ce n'est pas une blanche colombe non plus, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas écrit ! ). Pour moi l'Union Européenne est une excellente idée (sans forcément être bien réalisée). Ne pas être d'accord avec l'UE, certes. Laisser parfois entendre que l'on pourrait en sortir, c'est une bêtise à mes yeux. Un peu comme si je disais : la France ne fonctionne pas, je la quitte pour un Pas-de-Calais indépendant. Non, vaut mieux la changer de l'intérieur. La position LFI sur le pass vaccinal (et pire encore la reprise complotiste du passeport vaccinal pensé par l'UE avant le COVID) me dérange. Je n'aime pas lorsque l'on tape violemment sur la presse (traiter le Petit Journal de « facho »... comprends pas), ni sur la justice (la République ce n’est pas toi mon vieux, c’est NOUS !) Et, enfin, j'ai énormément de mal avec les trolls LFI qui polluent tous les débats internet.

« Oui, mais les sondages... ». J'en ai marre des sondages. Tous les jours, depuis six mois, on nous gave de sondages, en vendant un duel Macron-Le Pen, puis en expliquant que Zemmour pourrait être au second tour, et même Pécresse ! Les sondages ne doivent pas dicter nos choix. C'est leur faire beaucoup trop d'honneur. Qu'ils ne méritent pas. Incapables de voir Le Pen au second tour en 2002, incapables de voir Trump gagner en 2016, incapables de prédire le Brexit la même année. Des charlatans, occupant une place centrale dans notre système démocratique, influençant de plus en plus les votes. Aujourd'hui, le premier critère expliquant le vote Mélenchon est justement le « vote utile ». C'est un vrai problème. Et LFI serait d'accord avec moi si la situation était inversée.

« Oui, mais Jadot, c'est quoi ses idées ? ». Allez, petit top 15 de mon vote de conviction :

- Nationalisation d'EDF pour accélérer la transition

- Engager la France vers le 100% d'énergies renouvelables

- Une France zéro déchet, avec une TVA réduite pour les services de réparation

- ISF climatique

- Augmentation du SMIC à 1500€ nets

- Vers une réduction du temps de travail tout au long de la vie

- embauche de 100 000 infirmier.ères

- doublement des effectifs des étudiants en médecine

- revalorisation du salaire des enseignants

- loi limitant la concentration des médias

- obligation d'égalité salariale homme-femme

- instauration d'un salaire minimum européen

- réinvestir dans le train à hauteur de 4 milliards par an

- reconnaissance des droits des animaux et fin de l'élevage en cage

- baisse de 50% de la consommation énergétique des logements (10 milliards par an)

Pourquoi vais-je voter Jadot ? (et pas Mélenchon)
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