18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 18:57

Je suis jeune. Je suis donc certainement encore naïf. Mais je pensais lors des dernières élections présidentielles avoir voté pour un candidat de gauche. Pas au premier tour, mais au second. Mister François Hollande. Je n'étais pas séduit à 100%, mais l'expérience de Paul Bismuth à l'Elysée m'avait vraiment déplu. Pas tant dans sa politique économique que dans ses actions sociétales. Je trouvais le petit Nicolas trop à droite.
Manque de chance, je trouve François Hollande trop à droite ! Caramba, encore raté !

 

La crise a bon dos. Elle permet à des gens, plutôt privilégiés (au hasard le patron du MEDEF), de demander des « sacrifices » aux travailleurs. Pas pour eux, pas pour les profits, non non. Mais à cause de... la CRISE (musique qui fait peur du JT de TF1). Ah, la CRISE... si elle n'existait pas, il aurait fallu l'inventer ! Elle permet de réclamer aux travailleurs de travailler plus (fin des 35 heures), de gagner moins (on a même entendu récemment « sous le SMIC »), d'en virer quelques milliers (ah, la CRISE...). Et, pendant ce temps là, on réclame à cor et à cri « une baisse des impôts et des charges ! ». Attention, pas pour payer moins d'impôts, mais pour « relancer la croissance ! ». Baissons les charges, et on pourra créer un million d'emplois ! C'est ce qu'a dit le patron du MEDEF.
Notre gouvernement, socialiste (enfin, je crois) répond : oui ! Tu m'étonnes, un million d'emplois, ça serait bien sympa ! Alors la réforme est là : « un pacte de compétitivité ».
Vous voyez comme le mot choisi sonne bien : compétitivité, être compétitif, ça semble être une bonne chose. Si ça s'appelait : baisse des charges pour les grandes entreprises à hauteur de 50 milliards, ça sonnerait forcément moins bien.

50 milliards. Rien que ça ! Et en période de CRISE. Alors va falloir les trouver autre part. Bon entre-temps, le MEDEF explique que les 1 million d'emplois c'est pas sûr, que ça dépendra de beaucoup de choses, etc, etc... (on nous aurait menti ?) Peu importe, le pacte est lancé, et les 50 milliards, on va les piocher chez les gens qui ont des moyens, les fameux 1% qui continuent de s'enrichir malgré « la CRISE ».
Caramba, encore raté ! Le gouvernement socialiste choisit les retraités. Et les fonctionnaires. Et l'assurance maladie. Ce n'est pas encore très détaillé, mais rassurez-vous, ça va toucher tout le monde !

50 milliards. Tiens, ça me rappelle un autre chiffre : l'année dernière, en 2013, année de CRISE (oui, la CRISE est là depuis plusieurs années maintenant), 43 milliards d'euros ont été versés en dividendes et rachat d'actions par les entreprises du CAC 40. 43 milliards, sur une seule année. L'année d'avant, c'était « seulement » 41 milliards. Parmi lesquels Sanofi, 600 emplois supprimés, 8 milliards de bénéfices en 2012.
Les rachats d'actions, c'est formidable. Peugeot PSA a fait de même pendant plusieurs années, à un cours élevé. Face à une situation compliquée, c'est l’État, à savoir nous, qui avons recapitalisé l'entreprise. Privatiser les bénéfices, socialiser les pertes. Oui, une ruse de banquier.

Voir un gouvernement « de gauche » (enfin, je crois) mener une politique de droite me sidère (le changement c'est maintenant qu'il disait...). Surtout quand on voit les résultats que ça donne à l'étranger. Surtout quand on voit les résultats que ça donne en France. Mais non, on persiste et signe. Et après, on s'étonne que les électeurs de gauche se détournent du PS...


La CRISE fait reculer le progrès. En 2014, on entend encore le patron du MEDEF réclamer que des jeunes travaillent pour moins de 1 128€ net par mois. Lui, il s'en fout, il n'est plus jeune depuis longtemps. Et il était l'enfant du représentant des patrons français. Alors le SMIC, forcément, il n'a jamais eu à vivre avec. Mais attention qu'il dit, ça va permettre d'embaucher plein de jeunes !

Il ne faut pas se prostituer auprès des patrons pour le travail. Je veux bien que l'on soit dans une économie mondialisée, que le chantage au travail fasse peur, mais nous devons garder nos valeurs. Et continuer d'aller dans le sens du progrès.

Oui à une politique de relance européenne. Oui à la taxe sur les transactions financières (tiens, 57 milliards par an). Oui à la sixième semaine de congés payés.

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Published by Phileas Frog - dans Politiquement vôtre
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Tombek 19/04/2014 13:38

Je suis tout à fait d'accord avec toi par rapport au SMIC jeune, aux avantages dont peuvent bénéficier les grosses entreprises ou par rapport au fait que l'Etat veuille financer tout ça avec l'argent de monsieur tout le monde et non des personnes au revenus aisés de notre cher pays, mais la volonté de réduire les charges des TPE/PME ou des jeunes entreprises est une très bonne initiative. Faut savoir que la très grande majorité des entreprises en France sont des PME et que dans la phase de création, l'Etat ne les aide pas vraiment.

Tout ça ferait bien d'être simplifié et les différents organismes prélevant de l'argent aux entreprises devraient revoir leur mode de fonctionnement.
Quand tu vois que tous les organismes te prélève une cotisation minimale la première année ( plus de 3500€ sur la première année dans mon cas ) et te rembourse l'année suivante si t'as pas fait le chiffre d'affaire suffisant pour atteindre le plafond, c'est juste hallucinant. T'as bien le temps de crever une bonne dizaine de fois lors de ta première année, le temps de te faire ton réseau, ta clientèle, etc.

Et diaboliser les patrons est un peu exaspérant. Pour la plupart, ce sont des gens comme toi et moi, qui ont juste décidé de créer leur entreprise pour faire les choses comme ils l'entendent. Ils vivent pas mieux que n'importe qui d'autre.

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