9 mai 2014 5 09 /05 /mai /2014 13:18

Le fait de relire mon blog m'a fait revoir des têtes que je n'ai pas vues depuis pas mal de temps. Les copains. Enfin, les anciens copains. Ceux que l'on a lâchés sur la route. Ceux que l'on a perdus quelque part, sans trop s'en rendre compte.

 

Moi ce sont clairement les études qui m'ont dirigées pendant plusieurs années. En entrant au lycée, j'ai perdu des potes du collège. En entrant à l'université, j'ai perdu des potes du lycée. Des gens avec qui je passais mes journées et que je n'ai pas revus depuis (ah, si, bien sûr, en photo sur Facebook, mais reconnaissons que c'est une sensation différente!)
La fin du football a emporté mon groupe de l'ESSOR, sans que je le voie arriver. Pourtant, je pensais que ce serait des potes d'une vie. Non pas que je les déteste à présent, mais je ne les vois plus, tout simplement. Alors que j'ai passé d'innombrables soirées avec eux autour de mes 18-20 ans.

C'est l'année de mon Erasmus où des choix ont été faits. Quand on habite à l'étranger, difficile de recroiser ses potes le week-end. Alors, quand on revient, on voit les principaux. Deux, trois groupes. Pas plus. Car on n'a pas le temps. On n'a plus le temps.

Habiter à l'étranger ça peut paraître génial. Mais ça peut aussi paraître déprimant. Ici, en Allemagne, je me suis fait mes connaissances. Que je vois chaque semaine. Mais je ne les appelle pas "potes". Car je sais que dans quelques semaines, je rendrai mon appartement. Et je quitterai à nouveau une ville, et les personnes rencontrées sur place. Et je pense bien que dans deux ans de cela, je n'aurai plus aucun contact avec mes connaissances de Fribourg. Car loin des yeux, loin du cœur. Surtout en matière de connaissances.

L'année prochaine, dès septembre, ce sera Bordeaux. Une nouvelle ville. Un nouveau cycle de connaissances. Et toujours cette drôle de sensation, celle que ma maison reste à Tilques, et que mes amis restent dans le Pas-de-Calais.
L'un des cinq regrets des mourants (article que j'ai déjà évoqué), c'est d'avoir perdu ses amis en chemin. Alors je résiste, tant bien que mal, malgré la distance. Malgré l'étranger. Pas de téléphone, mais avec Internet. Cette bénédiction.

Je critique assez souvent le Net pour des choses, mais il faut reconnaître un aspect pratique. Les anciennes générations ont perdu leurs ami(e)s d'enfance au fil des études, au fil des déménagements. Presque comme moi. A un détail près : ce n'était pas forcément possible de rester en contact à l'époque. Oui, bien sûr, les lettres et le téléphone fixe. Mais le net... si j'arrive à garder un gros noyau du lycée/fac/Audomarois, c'est grâce à Internet. C'est grâce aux mails, aux blogs, voire même à MPG ! C'est grâce à Internet que je prévois chaque retour dans le Nord, chaque sortie, chaque repas.

Mais Internet n'apporte tout de même pas de partager ma routine en terre étrangère. Et c'est là où j'ai un manque. Vivre tous les jours d'une année auprès des ami(e)s, une sensation que je n'ai pas connue depuis 2008. Il y a bien eu un petit intermède en 2011, pendant quelques mois. Et j'admets avoir apprécié chaque soirée et moment de l'époque.

La vie, c'est une question de choix. Toujours. De priorité. L'année prochaine, je serai donc à Bordeaux pour terminer ma thèse, et essayer d'obtenir le concours de l'enseignement (CAPES/Agreg histoire-géo). Ensuite, il n'y aura plus d'études. Il y aura un travail. Et j'aurai une nouvelle fois le choix : où veux-je vivre ?

Avec Elle. Avec vous. Avec le soleil. Avec les montagnes. A l'étranger. Dans le Nord.

Tu choisiras ton camp, camarade. Et chaque choix apportera son lot d'inconvénients. C'est triste, mais c'est ainsi. La vie n'est jamais parfaite. On s'adapte. L'amitié aussi. Mais parfois tout ça nous manque un peu.

Partager cet article

Repost 0
Published by Phileas Frog - dans Autre
commenter cet article

commentaires

copine 24/05/2014 09:28

Bel article!! Bisoux copain

Plus De Blogs