1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 17:12

J'ai beau chercher d'autres moyens, je n'en trouve pas. La rupture. L'écriture.


Certes, ce n'est pas ma première rupture, mais celle-ci a un goût très différent. Une rupture d'un commun accord. Consentement mutuel qu'il dirait. Une prise de décision à deux. Mais ça n'empêche pas la souffrance. Ça n'empêche pas le déchirement. Ça n'empêche pas la tristesse ou la colère. Cette fois, ce n'est pas contre l'autre. Ce n'est pas contre soi. C'est contre la vie. C'est contre l'amour. On y croyait, une fois de plus. La relation impossible. La relation de rêve. La rencontre improbable. Le voyage de fou. Et la fin du voyage, près de trois ans plus tard.

Nous nous sommes séparés avec Alba. C'était il y a une semaine de cela. Je revenais de deux mois en Afrique. La distance, cette salope. Et je me prépare à partir un an à Bordeaux. La distance, cette salope. Nous n'y arrivions plus. Nous n'en voulions plus. Finies les larmes des départs, finie la tristesse des kilomètres. Finie la souffrance de l'éloignement. Aujourd'hui, nous choisissons la douleur de la rupture. La peste ou le choléra. Ebola et le chikungunya.

Alors il y a deux sentiments qui s'affrontent. Le premier, celui qui restera, c'est le bonheur. Le bonheur de l'avoir rencontrée. Le bonheur d'avoir croisé sa route. Le bonheur d'avoir emprunté avec elle les chemins d'Asie et d'Europe. Ce bonheur d'avoir connu l'amour, d'avoir tant partagé, d'avoir tant vécu. Les rires, les sourires, ses yeux. Cette fille est géniale. Elle le restera à mes yeux.

Bien sûr, ce sentiment est actuellement bien caché derrière la tristesse. La tristesse de lui dire au revoir. La tristesse de la quitter. La tristesse de quitter trois ans de vie, trois ans de souvenirs, trois ans de moments mémorables passés ensemble. C'était avec elle, c'était l'unique. Quand je parle de l'Asie, elle est partout. Quand je parle de l'Allemagne, elle est partout. Quand je parlerai de mes 25, 26 ou 27 ans, elle sera là. Elle a partagé ma vie, et elle hantera mes souvenirs. C'est ainsi, c'est la vie.

C'est la vie. Si vous voulez mon avis, la vie est quand même une belle chienne. Elle vous promet des histoires d'amour à la Disney. L'amour d'une vie. Sur le modèle de nos grands-parents, on croit encore rencontrer LA fille, celle qui partagera tout avec nous. Problème de génération, problème de notre temps : LA fille n'existe plus. Ou de moins en moins. On a toujours un exemple ou deux autour de nous. Mais pour le reste, c'est la foire à la rupture. On passe tous par là. Et on s'en remet tous ! C'est triste et salvateur à la fois.
Alors dire au revoir à Alba, c'est dire au revoir à cette idée dont je rêvais tant : l'amour de jeunesse qui devient l'amour d'une vie. C'est ma troisième rupture, avec mon troisième amour de jeunesse. Plus le temps passe, et plus l'amour est fort. Mais moins je crois à cette idée de LA fille, à cette idée d'UN amour. L'amour arrive. L'amour dure. Et l'amour s'en va. Trois fois.

Dire au revoir à Alba, c'est dire au revoir à ma copine. Je veux dire à ma meilleure copine. Celle avec qui je partageais tout. Celle à qui je disais tout. Celle dont je savais tout. Peu à peu, au cours de la relation, la petite copine devient la grande copine, puis la meilleure copine. Le temps passé ensemble, la confiance qui s'installe, le partage... on passe forcément à ce stade. Et si je me suis fait à l'idée de dire au revoir à l'amour, une fois de plus, j'ai encore beaucoup de mal à me faire à l'idée de perdre ma meilleure copine. Pire encore, je déteste l'idée de dire adieu à une fille avec qui je viens de passer trois ans. Et le pire du pire, c'est que je sais que c'est inévitable.  


J'ai passé presque deux ans avec Amélie. J'ai passé presque deux ans avec Laura. Est-ce que je les revois aujourd'hui ? Non. J'ai recroisé Amélie une fois ou deux, il y a de nombreuses années. Je n'ai jamais recroisé Laura. Tu passes donc des années de ta vie avec quelqu'un, tu partages tout. Et du jour au lendemain, il n'y a plus RIEN. Plus de présence. Plus de conversation. Plus d'échange. Rien. Le vide. Adieu.

Le vide. C'est une sensation que je n'avais pas éprouvé depuis... bah depuis ma dernière rupture. La solitude, un peu (je suis bien entouré). Et le sentiment d'être perdu. Voilà, c'est ça. Avec Alba, je n'étais pas perdu. Je savais qu'elle était là. C'était un peu mon ancre, la seule chose dont j'étais à peu près sûr pendant près de trois ans. Aujourd'hui, l'ancre n'est plus là, et mon radeau de vie est au milieu de l'océan. Je ne sais plus trop quelle direction prendre. J'avais fait des plans. Mais des plans à deux. Est-ce que ces plans me conviennent toujours seul ? Non, clairement. Car quand on est seul, on n'a moins envie de se poser. Une idée me trotte déjà en tête : repartir. Voyager. Et fuir un peu, de cette façon, cette rupture.

Avec le temps va, tout s'en va. L'amour. Et la tristesse. Nous nous en remettrons. C'est ce que je lui souhaite. C'est ce que je me souhaite. J'ai toute une vie à réorganiser. J'ai une thèse à écrire. J'ai un déménagement à faire. Bordeaux. Tout ça évitera de me faire trop cogiter. Tout ça me permettra de reprendre un peu de goût à la vie. Et un jour, goût à l'amour. Mais pas maintenant. Il me faudra un peu de temps. Patience. Wir müssen geduldig sein.


D'ici là, je penserai à toi, souvent. Une chanson. Un film. Une phrase. Un bruit. Un paysage. Toutes ces petites choses de la vie qui me rappelleront ton souvenir. Qui me rappelleront le bonheur. Et ton sourire, ton rire. D'ici là, je penserai à cette rupture. J’essayerai de la comprendre. J'essayerai de l'expliquer, aux autres, autant qu'à moi. Qu'est-ce qui n'a pas fonctionné ? Qu'est-ce qui nous a éloigné ? Qu'est-ce qui nous a fait nous quitter ? Pourquoi l'amour est mort ? Pourquoi la vie est triste ? Et peu à peu, je ferai le deuil. Je passerai par différents stades, de la tristesse à la colère, de l'envie d'isolation à l'envie de sortir à outrance. J'aurai à de nombreuses reprises ce mal de ventre au moment de lire un de tes messages. J'aurai même les larmes aux yeux, parfois. Et puis ça ira, un jour. Ça passera. C'est la vie, c'est ainsi. C'est la rupture. C'est un au revoir. Mais pas un adieu. Car on se retrouvera, un jour. Et on reparlera de tout ça, avec le sourire. Nos souvenirs. Ce coup de foudre. Une princesse. Un amour.

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Published by Phileas Frog - dans Autre
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