10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 18:03

Oui, je suis toujours vivant à Bordeaux ! Et aujourd'hui, séance cinéma. Je m'attaque au mythe espagnol, gagnant de deux oscars, à la filmographie très dense (20 longs-métrages). J'en ai sélectionné onze, dans les plus récents, mais pas que.

Pedro Almodovar, la filmographie

La loi du désir (1987) : 13/20. Avec Eusebio Poncela, Carmen Maura et Antonio Banderas.

Pablo, écrivain de renom, est amoureux de Juan. Mais celui-ci est fatigué par le mode de vie de l'écrivain, et décide de le quitter. Pablo se laisse alors tenter par Antonio, jeune illuminé, complètement intéressé par l'écrivain, et qui tombe très vite amoureux. Mais le jeune homme, possessif, devient rapidement une gêne pour Pablo, toujours amoureux de Juan.

 

Antonio Baderas est très convaincant dans son rôle. Le scénario n'est pas énorme, mais le jeu des acteurs fait le reste. On est dans les thématiques préférées du réalisateur.

Pedro Almodovar, la filmographie

Femmes au bord de la crise de nerfs (1988) : 12,5/20. Avec Carmen Maura et Antonio Banderas.

Pepa voit Ivan la quitter. Celui-ci part en voyage, avec son ancienne femme pense-t-elle. Mais la vérité est tout autre.

Un grand mélange de portrait et d'histoire (de terroristes chiites à un taxi punk) , de la comédie et du drame, le tout sur un ton assez léger. Je n'ai pas été convaincu, sans pour autant ne pas avoir aimé. Le rythme du début du film est un peu lent à mon goût (le film a 25 ans), mais la suite accélère, ce qui ne fut pas pour me déplaire.

 

Talons aiguilles (1991) : 14/20. Avec Victoria Abril.

Après des années d'absence, Becky Del Paramo, célèbre chanteuse pop des années 1960, rentre à Madrid. C'est pour trouver sa fille, Rebecca (Victoria Abril), mariée à un de ses anciens amants, Manuel. Becky comprend vite que le mariage de Rebecca est un naufrage surtout quand Manuel lui propose de reprendre leur ancienne relation. Une nuit, Manuel est assassiné… L'intrigue tourne évidemment autour de l'identité de l'assassin, traitée de manière tragi-comique, au milieu des travestis et de l'univers carcéral.

César du meilleur film étranger 1993.

 

En chair et en os (1997) : 14,5/20. Avec Javier Bardem et Francesca Neri.

Victor, jeune Espagnol né dans un bus, est tombé facilement amoureux d'Helena. Mais celle-ci le rejette. Alors qu'il insiste, un coup de feu est tiré. L'arrivée des policiers et le coup de feu supplémentaire vont changer durablement la vie des protagonistes présents sur place.

Bon film, un mélange de thriller et de drame. La rythme est très rapide. Comme toujours avec Almodovar les relations et l'amour ne sont pas un long fleuve tranquille. Javier Bardem handicapé vaut le coup d’œil.

Pedro Almodovar, la filmographie

Tout sur ma mère (1999) : 17/20. Avec Cécilia Roth et Marisa Peredes

Manuela est une mère entièrement dévouée à son fils, elle travaille comme infirmière dans un hôpital de Madrid. Son fils écrit un scénario nommé Tout sur ma mère, qui reflète ses pensées à propos de son père, qu'il ne connaît toujours pas. Le jour de son anniversaire, sa mère l'emmène voir la pièce de théâtre Un tramway nommé Désir et, à la fin de la pièce, en cherchant à obtenir un autographe de l'actrice principale, il est blessé mortellement par une voiture. Manuela part à Barcelone pour trouver le père afin de lui révéler que, lorsqu'elle est partie il y a des années, elle était enceinte de lui. Mais la recherche ne va pas être facile et pendant qu'elle le cherche, Manuela fait de nombreuses rencontres.

Beaucoup d’émotion au travers de ce film. Pénélope Cruz est splendide. Oscar du meilleur film étranger 1999. Tout sur ma mère est dédié à Bette Davis, Gena Rowlands et Romy Schneider.

Pedro Almodovar, la filmographie

Parle avec elle (2002) : 16/20. Avec Javier Camara.

Une danseuse, Alicia, est dans le coma depuis 4 années. Son infirmier, Begigno, lui accorde un soin tout particulier, et lui parle chaque jour depuis son entrée dans le service.
Dans le même temps, Marco, journaliste, rend visite à Lydia, tombé dans le coma après une accident de corrida. Les deux hommes vont développer une amitié, avec un espoir commun d'une sortie de coma.


Film étrange, sombre, à l'atmosphère pesante. Javier Camara est vraiment bon. La fin est dure.
Golden Globe du meilleur film étranger, Oscar du meilleur scénario original.

La chanson Cucurrucucu Paloma est magnifique.

Pedro Almodovar, la filmographie

La mauvaise éducation (2004) : 15/20. Avec Gael Garcia Bernal et Fele Martinez

Il y a quelques récurrences chez Almodovar. Je pense que l’homosexualité, la prostitution et les transsexuels en font partie. Des sujets forts en émotion sont abordés dans ce film, qui retrace la vie d’Ignacio et Enrique qui se retrouvent dans les années 1980. Ensemble ils ont grandi vingt ans auparavant dans une école religieuse et ont tous les deux subi l'omniprésence, les émois sexuels, ainsi que les mauvais traitements du père Manolo, un professeur de littérature et prêtre pédophile passionnément épris d'Ignacio. L’histoire se forme autour d’un récit qu’Ignacio a écrit sur ce sujet. La vérité apparaît, froide et triste à la fois.

A voir notamment pour Gael Garcia Bernal (Amours chiennes, Babel, Che)

 

Volver (2006) : 16/20. Avec Pénélope Cruz et Carmen Maura

Raimunda vit à Madrid avec son compagnon Paco, et sa fille de 14 ans, Paula. Par un jour de grand vent, elle se rend dans son village natal avec sa sœur Sole pour entretenir la tombe de ses parents, morts trois ans auparavant dans un incendie. Elle en profite pour rendre visite à sa tante Paula qui perd un peu la tête. Quelques jours plus tard, Sole appelle : la tante Paula est morte. Au même moment à Madrid, Paula, la fille de Raimunda, tue d'un coup de couteau Paco qui tente d'abuser d'elle. À la suite de ces deux morts, la vérité sur le passé va peu à peu se faire jour.

Très bon film, notamment Pénélope Cruz. Carmen Maura joue sa mère. Prix d’interprétation féminine au festival de Cannes (prix collectif !)

Pedro Almodovar, la filmographie

Pedro Almodovar, Étreintes brisées (2009) : 14,5/20. Avec Penélope Cruz, Lluis Homar.

Harry Caine, scénariste aveugle de renom, se retrouve confronté à son passé après le passage de Ray-X chez lui. Il revoit tout d'un coup l'amour de sa vie, et ce passé qu'il a préféré oublier.

Bon film d'Almodovar, une belle histoire, des rebondissements. Un peu déçu par la fin trop rapide (notamment le personnage de Ray-X, totalement sous-exploité au temps présent). J'ai beaucoup aimé les clins d'œil à Femmes au bord de la crise de nerfs, que j'ai vu récemment. Penélope reste magnifique.

 

La piel que habito (2011) : 15/20. Avec Antonio Banderas et Elena Anaya.

Robert Ledgard est un chirurgien esthétique qui passe au-dessus des règles de l'éthique : à la suite de la mort de sa femme, il décide de mener des tests sur une cobaye qu'il garde enfermée chez lui, la belle Vera. Mais l'histoire n'est pas aussi simple qu'il n'y paraît.

Gros scénario, beau boulot là-dessus, y'a rien à dire. Un vrai thriller, avec des histoires qui s'entremêlent pour se rejoindre. Le film gagne en rythme au fur et à mesure, une belle montée en puissance. Difficile de juger le personnage de Banderas, auquel on serait parfois tenter de s'attacher, mais qui est repoussant à souhait. Quelques scènes très Almodavor (scènes de relations sexuelles nombreuses et bizarres). Grosse interrogation en fond sur les questions bio-éthiques.

Pedro Almodovar, la filmographie

Les amants passagers (2013) : 5/20.

Un avion en direction du Mexique a un problème avec le train d'atterrissage. Il fait demi-tour, mais aucun aéroport ne peut l'accueillir. Il tourne en rond autour de l'Espagne alors que les stewards et pilotes s'adonnent à leur fantasme.

Vulgaire, pas fin du tout, pas drôle non plus. Un vrai bide pour le retour à la comédie d'Almodovar. N'hésite pas à repartir sur les drames !

 

Le bilan

 

C'est con, jusqu'à son dernier film, j'ai espéré voir Almodovar dans mon top 10 des réalisateurs ! Il a notamment une sacré belle période au cours des années 2000. Mais malheureusement, Les amants passagers font tache. Ça n'en reste que c'est l'un des seuls réalisateurs espagnols à être connu à l'étranger. Il a fait connaître avec ses films Pénélope Cruz (5 films ensemble), Javier Bardem ou Antonio Banderas (7 films ensemble)... quand même de sacrés noms aujourd'hui !
Des acteurs fétiches donc (Carmen Maura, Marisa Paredes, Cécilia Roth ont toutes joué dans 7 films), mais aussi des thèmes fétiches (les relations entre humains de façon générale, le couple de façon particulière, l'homosexualité, la souffrance, les travestis...).

 

Pedro rejoint mon classement des réalisateurs qui commence à avoir un peu d'allure. Il risque de bouger prochainement (films de Fincher, Coen, Anderson et filmographie de Gus Van Sant à venir)

 

Mon classement des réalisateurs (totalement subjectif)

1. Emir Kusturica : 17,08/20 (7 films)

2. David Fincher : 15,94 (8 films)

3. Jacques Audiard : 15,83/20 (6 films)

4. Frank Capra : 15,50 (7 films)

5. Billy Wilder : 15,46 (12 films)

6. Charlie Chaplin : 15,29 (7 films)

7. Clint Eastwood : 15,25 (10 films)

8. Quentin Tarantino : 15,19 (8 films)

9. Les frères Coen : 14,96 (14 films)

10. Stanley Kubrick : 14,82 (11 films)

11. Henri Verneuil : 14,69 (8 films)

11. Sergio Leone : 14,58 (6 films)

12. Howard Hawks : 14,29 (7 films)

13. Alfred Hitchcock : 14,21 (12 films)

14. Woody Allen : 13,97 (16 films)

15. George Cukor : 13,95 (10 films)

16. Pedro Almodovar : 13,86 (11 films)

17. Steven Spielberg : 13,79 (12 films)

18. Stephen Daldry : 13,75 (4 films)

19. Tim Burton : 13,25 (12 films)

20. Wes Anderson : 12,92 (6 films)

21. Sofia Coppola : 12,9 (5 films)

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Published by Phileas Frog - dans Cinema
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