4 octobre 2014 6 04 /10 /octobre /2014 19:32

J'avoue avoir hésité à reprendre la plume. Une rupture, c'est un risque de plusieurs articles un peu larmoyants, et on est tous fatigués à notre âge de lire de tels récits. Se plaindre d'une rupture, c'est du déjà vu. Je l'ai déjà fait deux fois, je ne vais pas le faire une troisième fois. Surtout que ça n'aide pas beaucoup. Alors je me décide à écrire sur un autre sujet. Cherchons quelque chose d'un peu plus optimiste.

10 minutes plus tard, je reviens face à mon papier, réfléchissant encore à un sujet sympa. Un sujet cool. Quelque chose qui va vous faire rire. Qui va me faire rire. Je pourrais vous parler de ma Frappadingue de la semaine dernière. Un vrai bon moment. Tous déguisés en Schtroumpfs, à franchir les obstacles un à un, malgré la douleur (putain de tendinite), malgré l'eau à 13°C, malgré les mares de boue. Comment peut-on avoir du plaisir à faire ça ? Être avec une bande de copains. Y'a pas. Seul, je pense que ça ne m'aurait pas du tout fait rire. Déjà l'eau à 13°C, en groupe, ce n'était pas drôle. J'en ris aujourd'hui, mais sur le coup, j'ai détesté. D'ailleurs, je dis que ce n'est que du plaisir, mais à la fin j'étais très très content d'être enfin arrivé ! Terminé, bonsoir, je vais me coucher ! Oui, parce que se lever à 6h du mat' pour le faire, c'est pas un plaisir non plus !

« Saint-Omer, c'est de la merde ». Ou pas.

Ah, voilà un sujet sympa, la frappadingue. La veille, ce Queen était cool aussi. Plusieurs de mes groupes d'amis jusque là distincts commencent à se rassembler. C'est pratique quand on ne passe qu'un week-end. Tout le monde est là, on fait rapidement le tour de la table, on prend des nouvelles de tous.

« Saint-Omer, c'est de la merde ». Ou pas.

Et c'est là qu'arrive aujourd'hui. Oui, ce soir, il y a ce sentiment de ne pas être au bon endroit. Cette envie d'être à Saint-Omer, avec ce groupe de potes. Ceux que l'on connaît depuis x années, ceux qui nous font rire à chaque fois, ceux que l'on connaît un peu par cœur. Mais qu'on apprécie à chaque fois.

D'où viens-tu ? Où habites-tu ? C'est où chez toi ? On a beau être nomade depuis plusieurs années, il y a toujours ce truc spécial à la maison. Et la maison, c'est Saint-Omer. Certes, chez moi, c'était Arras. C'était Canterbury. C'était Rennes, la Finlande ou New York. C'était l'Allemagne. C'était l'Afrique. C'est Bordeaux aujourd'hui. Mais en vérité, chez moi, c'est seulement à Saint-Omer. Parce que c'est chez moi, c'est chez vous. Chez eux. Les amis. La famille. Mes racines.

Bon allez, je vais vous parler un peu de Bordeaux quand même. Super ville. Bonne intégration. Mais on ne peut pas aller plus vite que la musique. Le temps de développer des amitiés aussi fortes que celles de Saint-Omer, je serai sans doute déjà reparti. Et ça m'embête déjà un peu. Je me dis : à quoi bon ? A quoi bon reprendre tout ce processus que tu as déjà fait dans les autres villes pour, au final, ne pas garder contact. Car Canterbury, Rennes, la Finlande, New York, l'Allemagne ou l'Afrique, c'est combien de vrais potes ? Je ne cherche même pas, je connais le résultat. Les plus importants restent à Saint-Omer.

Et pourtant, Dieu sait qu'il y en a qui ne peuvent plus voir Saint-Omer en photo. Saint-Omer, pour eux, parfois, c'est de la merde. Je le sais, j'en connais pas mal, des personnes qui pensent comme ça. Des nouveaux voyageurs. Des exilés. Pas mal de ceux qui sont partis, et qui ne souhaitent vraiment pas revenir. Je les entends me parler de ça, je ne les contredis pas. C'est vrai, parfois, Saint-Omer est un peu ennuyant. Mais oh que non, ce n'est pas de la merde. Car Saint-Omer, ça reste moi, ma vie, mes potes, ma famille. Saint-Omer, c'est ce qu'on en fait. Et l'air de rien, Saint-Omer me manque toujours. Pas la ville en soi, pas la musique du Dickens ou le bruit d'un motard faisant le mariole autour de la place. Non, les potes, la famille. C'est là qu'est le manque. C'est là qu'est le manque aujourd'hui.

Il y a quelques semaines de cela, j'ai parlé avec une autre exilée. Que fera-t-on dans un an ? Dans deux ans ? Surtout, où sera-t-on ? La même réponse est revenue : ça serait cool de rentrer. A la maison. 10 ans plus tard, revenir à Saint-Omer. Dans le Nord tout au moins. S'ils sont encore là, je pense vraiment franchir le pas. Il me reste avant cela à rédiger ma thèse. Pas mal de boulot, et il ne faut surtout pas craquer, péter un câble post-rupture et se retrouver après-demain au Kazakhstan. D'ici là, il ne faut pas rencontrer une nouvelle demoiselle d'un pays étranger et partir avec elle (car l'amour reste la plus égoïste de toutes les passions). D'ici là, il faut trouver quelque chose à faire à Saint-Omer. Il faut que mes idées de voyage reste bien planquées au fond de moi, que la route de la Soie ne m'appelle pas trop souvent. Oui, d'ici là, il peut s'en passer des choses. Mais je reste persuadé que d'ici là, Saint-Omer restera chez moi. Putain de ch'ti.

Partager cet article
Repost0

commentaires

J
ça me fait plaisir de te lire à nouveau, des bisous!
Répondre

Plus De Blogs