11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 10:38

Will Hunting, Forrester, Elephant, Harvey Milk... vous avez déjà peut-être vu un film de Gus Van Sant. Parfois, c'est sympa. Et parfois, c'est très bizarre.... moi j'ai commencé avec Paranoid Park (en Suède!), puis Elephant. Et au niveau de la réalisation j'ai été un peu choqué. C'est très original, et pour être tout à fait franc, je n'avais pas envie de voir d'autres films du même genre. Et puis Harvey Milk m'a réconcilié avec Gus Van Sant. Au point que je me suis lancé dans sa filmographie. Il y a du bon... et il y a du mauvais !

 

Gus Van Sant, la filmographie

Les films tout public

 

Will Hunting (1997) : 16/20. Avec Robin Williams, Matt Damon et Ben Affleck

 

Scénario écrit par Ben Affleck et Matt Damon, qui domine le film avec Robin Williams (dans un rôle assez proche du cercle des poètes disparus), vainqueur d’un oscar du meilleur acteur dans un second rôle.

La vie d’un surdoué des maths (Matt Damon), manquant de confiance en lui, hésitant entre son professeur et son psy, entre deux idées de vie.

Nommé neuf fois aux Oscar en 1998.

Gus Van Sant, la filmographie

A la rencontre de Forrester (2000) : 15,5/20. Avec Sean Connery et Rob Brown.

Jamal Wallace, jeune noir du Bronx, est un espoir du basket. Mais ce que ses potes ignorent, c'est qu'il cache également un talent d'écrivain. A tel point qu'un vieil homme bizarre va l'aider, William Forrester.

Bon film, sur un sujet qui me plaît beaucoup (l'écriture). Quelques passages m'ont rappelé ma modeste personne, en face de la feuille blanche. Le côté discrimination n’apparaît jamais clairement, mais il est régulièrement susurré. Forrester est en fait J. D. Salinger, l'auteur de L'attrape-coeurs.

Gus Van Sant, la filmographie

Harvey Milk (2008) : 17/20. Avec Sean Penn.

 

Un film des plus militants sur la condition des homosexuels dans les 70’s aux Etats-Unis. Avec un Sean Penn qui remporte un oscar pour son très très bon jeu d’acteur.

Gus Van Sant, la filmographie

Promised Land (2013) : 14,5/20. Avec Matt Damon, John Krasinski et Frances McDormand

 

Steve Butler arrive avec une collègue dans une région sinistrée de Pennsylvanie. Il représente une très grande compagnie pétrolière, prête à tout pour exploiter le gaz de schiste présent sous les pieds des habitants. Mais un ancien ingénieur de chez Boeing habite ici, et il convainc le reste de la population d'organiser un vote sur le sujet.

 

Film militant, peu original dans la façon d'être filmé (ce qui est rare pour Gus Van Sant). Limite facile. Mais le sujet vaut la peine d'être traité, surtout aux Etats-Unis.

 

Les films bizarres, mais ça va, c'est pas mal

 

Drugstore Cowboy (1989) : 14,5/20. Avec Matt Dillon et Kelly Lynch.

Un groupe de jeunes toxicomanes attaquent des pharmacies pour mieux trouver leur drogue. Ils écument la côte ouest, échappent aux shérifs, et tentent de rester éloigner du mauvais oeil. Ou du mauvais chapeau...

Un bon film sur la drogue et les drogués (un de plus !). Bonne réalisation, les scènes de drogues sont assez limitées (et semblent moins réelles que dans Requiem for a dream) mais le côté psychologique est un peu plus présent. Film d'action, une sorte de longue cavale, qui ne peut s'achever qu'ainsi.
Le personnage du prêtre sort vraiment de nulle part.

 

My own private Idaho (1991) : 13/20. Avec Keanu Reeves et River Phoenix.

 

Deux potes toxicomanes décident de se prostituer.
Scénario très original, dans la ville de Portland. Reeves et Phoenix sont très bons. L'histoire avec la mère de Mike est étrange. Film qui laisse un drôle de goût dans la bouche, entre l'inachevé et le trop-fait.

 

Elephant (2003) : 16/20

 

Le drame de Columbine vu sous l’angle (très) différent de Gus Van Sant qui m’avait déjà plu dans Harvey Milk. Une histoire dont on connaît la fin mais le film a l’art de susurrer les raisons du drame et de nous laisser maître des conclusions à tirer. A voir peut-être en complément de Bowling for Columbine.

Palme d’or au festival de Cannes en 2003 ainsi que le prix de la mise en scène (beaucoup de come-back, vue dune même scène sous l’œil de différent spectateurs…)

Gus Van Sant, la filmographie

Paranoid Park (2007) : 12,5/20. Avec Gabe Nevins.

Alex est un fan de skateboard. Il décide un jour d'aller avec son meilleur ami à Paranoid Park, le skate-park mythique de la ville de Portland. Il est subjugué par l'atmosphère, au point qu'il y retourne seul un soir. Une rencontre, une envie de voyager dans un train clandestinement, et un réflexe. Sa vie bascule.

Film original, que ce soit dans la réalisation ou dans le son, Paranoid Park ne déçoit pas. Le rythme peut parfois laisser à désirer, mais le scénario ou l'interprétation de Gabe Nevins sont raccord. Film intéressant, salué par la critique (meilleur film de l'année pour les Cahiers du Cinéma, prix du 60ème anniversaire au Festival de Cannes).

 

Restless (2011) : 14/20. Avec Mia Wasikowska et Henry Hopper.

Enoch est un enfant perdu. Orphelin depuis un accident de voiture, il se retrouve pris de passion pour les enterrements. Dans l'un d'eux, il se lie d'amitié avec Annabel, une jolie fille en phase terminale de cancer.

Film assez poignant, bizarre forcément (ça reste Van Sant), notamment les passages sur le fantôme japonais. Humour noir qui m'a plu plusieurs fois. Et l'amour, toujours. Mia Wasikowska est magnifique.

Gus Van Sant, la filmographie

Les films bizarres, et non, ce n'est vraiment pas bon

 

Gerry (2002) : 4,5/20. Avec Matt Damon et Casey Affleck.

Deux potes partent en randonnée. Ils ne veulent pas rencontrer trop de touristes, et décident de s'éloigner du chemin prévu. Très vite ils se perdent. Peu à peu, la peur, la faim et la soif tendent leur relation.

Gus Van Sant est capable de faire de très bons films. Et, parfois, de très mauvais. Celui-là se classe dans la seconde catégorie. Le rythme est bien trop lent, les discussions sont trop plates. Il se passe un tout petit peu plus de trucs que dans Last Days, mais c'est dans le même esprit. Que font Matt Damon et Casey Affleck ici ? A éviter. [après lecture sur Internet, toute l'histoire ne serait qu'une métaphore, avec un seul personnage... je suis sans doute trop bête pour avoir compris]

 

Last Days (2005) : 3,5/20. Avec Michael Pitt.

La solitude d'un chanteur jusqu'à son suicide.

L'histoire veut être celle des derniers jours de Kurt Cobain, le chanteur de Nirvana. Le problème, c'est le néant. Le néant d'un scénario. Vous suivez Blake, qui bredouille des mots incompréhensibles. Pendant une heure trente. C'est mauvais. C'est très mauvais. Sélectionné à Cannes, détruit par la critique. Un film à éviter.

 

 

Comme vous le voyez, il y a de tout. Gus Van Sant est un des réalisateurs préférés de la critique, vainqueur d'une palme d'or (3 fois sélectionné, 4 fois pour l'Oscar du meilleur réalisateur). Si vous aimez Matt Damon, n'hésitez pas (ils ont tourné 5 fois ensemble!).

 

Dans mon classement, il est plombé par les deux abominations précédemment citées et se retrouve lanterne rouge. Mais il en faut bien une !

 

Mon classement des réalisateurs (totalement subjectif)

1. Emir Kusturica : 17,08/20 (7 films)

2. David Fincher : 15,94 (8 films)

3. Jacques Audiard : 15,83/20 (6 films)

4. Frank Capra : 15,50 (7 films)

5. Billy Wilder : 15,46 (12 films)

6. Charlie Chaplin : 15,29 (7 films)

7. Clint Eastwood : 15,25 (10 films)

8. Quentin Tarantino : 15,19 (8 films)

9. Les frères Coen : 14,96 (14 films)

10. Stanley Kubrick : 14,82 (11 films)

11. Henri Verneuil : 14,69 (8 films)

11. Sergio Leone : 14,58 (6 films)

12. Howard Hawks : 14,29 (7 films)

13. Alfred Hitchcock : 14,21 (12 films)

14. Woody Allen : 13,97 (16 films)

15. George Cukor : 13,95 (10 films)

16. Dany Boon : 13,88 (4 films)

17. Pedro Almodovar : 13,86 (11 films)

18. Steven Spielberg : 13,79 (12 films)

19. Stephen Daldry : 13,75 (4 films)

20. Tim Burton : 13,25 (12 films)

21. Wes Anderson : 12,92 (6 films)

22. Sofia Coppola : 12,9 (5 films)

23. Gus Van Sant : 11,5 (11 films)

 

Prochaine filmographie : Albert Dupontel ! Et ça va aller chercher haut !

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