1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 21:02

C'est important pour moi d'écrire cet article dans un moment où je me sens bien, parce que je sais qu'écrit dans une période de doute ou de tristesse, il pourrait être très (trop) sombre.

 

On a tous nos hauts et nos bas, moi le premier. J'ai un petit problème, c'est que les miens ont tendance à avoir une très grande amplitude. Quand je suis heureux, c'est loin d'être un problème. Je vole, je suis le roi du monde, l'avenir est à moi, tout est possible dans la vie. Le problème, c'est quand je suis malheureux. Là, c'est le crash, je suis un moins que rien, tout est foutu, la vie ne sert à rien.

 

C'est à partir de ce point de départ là que mes idées s'enchaînent et que mon comportement me fait un peu peur. Merde, je commence à avoir les larmes aux yeux alors que j'étais tout joyeux dix lignes plus haut. Mais le fait d'écrire ces quelques mots me rassure un peu (pas vous peut-être), ça prouve que je garde une certaine objectivité sur moi-même. N'est-il pas plus dangereux de ne pas s'en rendre compte ? Le malade est surtout malade tant qu'il refuse de l'admettre. A partir du moment où il le dit, c'est un pas vers la guérison.

 

Alors ceci sera un petit pas pour l'humanité, mais un grand pas pour moi. J'ai des pensées suicidaires. Rarement, c'est vrai. Mais sur le dernier mois c'est revenu plusieurs fois, trop à mon goût. Surtout, alors que d'ordinaire ces pensées passent assez vite, elles ont de plus en plus tendance à rester longtemps en ma compagnie. Ces pensées ne sont pas quelque chose de nouveau, cela fait des années que ça me travaille. Déjà, dans ma jeunesse, je voyais dans le suicide la fin des souffrances. Aujourd'hui, je ne le vois plus ainsi, puisque ça serait le début d'une vie de souffrance, pour les autres. Et mon amour pour la famille et les amis, à défaut de la vie, me rappelle alors à mes obligations, et à cette interdiction. Ne pas faire de connerie.

 

Bon, là j'ai un peu peur de votre réaction en lisant l'article. Je pense à ma mère en particulier, qui s'inquiète déjà quand je prends un avion, au reste de ma famille et aux amis. Mais reconnaissons que c'est tout de même mieux que je l'écrive, au lieu de le garder pour moi. C'est que je ne suis pas complètement malade, non ? En fait, j'écris aussi cet article pour me rassurer, pour « espérer » que ce n'est pas que moi, que ce genre de pensée nous traverse tous un peu l'esprit. Non pas que je souhaite créer un groupe de suicidaires anonymes, mais j'aimerais bien entendre d'autres récits que le mien. Ça m'aiderait peut-être à « normaliser » mes pensées, à me dire que je ne suis pas tout à fait seul (oui, même dans ce moment là je crains la solitude plus que toute autre chose).

Finalement, pour vous rassurer un peu plus encore, sachez que ces pensées se sont éloignées ces deux dernières semaines. Je pense être sur la voie du rétablissement, dans cette drôle d'ère qu'est toujours la post-rupture.

 

Je ne sais pas comment finir cet article. Allez, tiens, une citation : « Il est si orgueilleux qu'il se suiciderait pour se rendre intéressant ». Jules Renard.

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commentaires

S
Je confirme que ton article va inquiéter ta mère ! En fait, il l'inquiète déjà...
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