11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 15:22

Je ne sais pas comment sont éduqués les enfants d'aujourd'hui, les jeux auxquels ils jouent ou les programmes qu'ils regardent. Je sais que personnellement, dans la petite collection de cassettes vidéos que nous possédions à la maison, il y avait les fameux Walt Disney. Blanche-Neige, Cendrillon, Le roi lion furent nos classiques. Je peux dire sans trop me tromper qu'ils sont les classiques de l'ensemble de ma génération. Une sorte de patrimoine mondial (ou tout du moins occidental).

 

C'est mignon. C'est vrai, qui ne trouve pas mignon Simplet et son savon, ou Timon et Pumba ? J'ai beaucoup ri devant les Disney, j'ai beaucoup stressé, et j'ai même peut-être pleuré quand la mère de Bambi meurt (ou le père de Simba?). Surtout, j'ai fabriqué un mythe, celui de la grande histoire d'amour, du prince charmant et de la princesse qui se retrouvent malgré toutes les embûches semées en chemin par les jaloux et les méchants.

 

Saloperie de Walt Disney. Oui, ces histoires d'amours éternelles (ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants...) m'ont fait rêver. Et elles correspondaient, lors de mon enfance, à ce que je voyais autour de moi. Mes grands-parents se sont mariés jeunes et sont restés ensemble toute leur vie. C'était pareil pour mes arrières-grands-parents. Pour mes parents c'était aussi le cas. J'ai donc fabriqué ce modèle. Pour moi, le couple devait durer toute une vie.

 

Walt Disney je t'accuse. Car peu à peu, autour de moi, j'ai vu que les histoires d'amour, les histoires d'amour, les histoires d'A... finissent mal, en général. Déjà chez mes oncles côté paternel il y a eu un taux de séparation de 3 sur 3. Sacré ratio ! Et puis j'ai vu la rupture chez des voisins, chez les parents d'ami(e)s.

Surtout, j'ai grandi. Et j'ai vu ma génération à l’œuvre. Ce n'était pas beau à voir ! Un beau carnage ! Les histoires d'amour fleurissaient au printemps, et fanaient l'automne suivant. Aux amourettes succédaient d'autres amourettes. A la croyance d'un grand amour succédait la puissance du grand chagrin. J'ai moi-même expérimenté la chose à trois reprises.

 

Nous n'étions sans doute pas prêts à cela. Pas formés. Nous avons été éduqués avec un autre modèle. Le couple était l'un des repères que nous avions. Or, celui-ci n'existe pas. Plus. Pas toujours en tout cas. J'ai de la chance, j'ai un groupe d'amis audomarois-lillois où nous sommes une quinzaine, et seul un est en couple. C'est peut-être la chance que nous avons : le célibat devient normal. Je n'irai pas jusqu'à dire « la norme », mais c'est quelque chose que nous comprenons entre nous. Notre génération s'est habituée à être surprise par des ruptures inattendues. « Quoi, ils se sont séparés ? Mais ils avaient l'air si heureux... ». Et c'est là que le bat blesse. Oui, certains ont l'air heureux, vus de l'extérieur. Mais à l'intérieur du couple, les choses sont différentes. Si mes grands-parents faisaient partie de ma génération, auraient-ils duré ? Seraient-ils restés ensemble 50 années ? J'en doute. Ils faisaient partie d'une autre génération, celle où on restait ensemble, envers et contre tout. Car ça ne se faisait pas de divorcer. Encore moins dans les villages. Étaient-ils plus heureux que nous ? Je laisse cette question sans réponse.

Ça ne les empêchera pas aujourd'hui de vous interroger : « alors quand nous ramènes-tu une jolie blonde/brune ? ». Car si c'est devenu normal d'être célibataire à 27 ans pour ceux de ma génération, ça l'est beaucoup moins pour celle de mes grands-parents, voire de mes parents. Et si vous n'avez jamais eu l'opportunité de ramener quelqu'un dans votre famille, on risque de se poser des questions... « il ne serait pas d'la jaquette tout de même ?? ».

 

Ce syndrome Disney m'a pris un peu par surprise. Je croyais que je serai différent. Que mon histoire, elle, tiendrait le coup. Las. Disney je te hais. Alors récemment, quand j'ai vu Blanche-Neige et ses 7 nains, et ce con de prince charmant, je n'ai pu m'empêcher de regarder avec un air désabusé. Oui, il l'embrasse, elle se réveille et ils s'aiment. Mais la suite du film est la suivante : Blanche-Neige et le prince ne peuvent plus s'encadrer après trois ans de vie commune, elle s’ennuie profondément et préfère son collègue de boulot qui « lui, au moins, la fait rire ». Le prince de son côté à des vues sur cette jolie blonde rencontrée à un bal, il a même gardé sa chaussure en souvenir...

 

[mais on y arrivera, un jour].

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