25 décembre 2015 5 25 /12 /décembre /2015 23:21

Le poids des mots. Le choc des photos. Le charme des vidéos.

 

Noël c’est l’occasion de faire des choses que vous ne faites pas le reste de l’année. Manger une dinde avec un grand oncle. Jouer à la poupée avec votre petite cousine. Regarder de vieilles vidéos en famille. Pour nous, cette année, c’est la dernière option qui a été choisie. Assis à 4 dans un canapé marseillais, replongeant dans 3 heures de souvenirs de 1992 et 1993.

Rire de soi et rire de ses sœurs. A 5 ans, on est bête, et on est mignon. A 5 ans, je danse comme une star à la fête de l’école primaire : lunettes de soleil, jean relevé, le pas du rockeur (tu m’étonnes que j’en charme plus d’une à Lille !). A 5 ans, j’effectue mes premiers mètres sur mon vélo, sans les petites roues. Je tangue, je vacille, et perds l’équilibre. Il fait rien qu’à m’énerver ce vélo qui ne fait que tomber… (chanson de Bénabar le vélo, indispensable à l’écoute). Et puis à 5 ans, je discute avec mon grand-père, j’offre ses cadeaux, et je croise mon arrière-grand-mère.

 

Les morts vivants. Les morts qui parlent. Les morts qui rient. Les malades qui sourient. Ces gens-là, en pleine force de l’âge, sont parfois aujourd’hui entre quatre planches en bois. Ou dans un lit d’hôpital, atteint d’un cancer. Ou dans une maison de retraite, atteint d’Alzheimer. Pour nous, ce n'est pas possible de les oublier. Ils sont là, dans l'écran. Les souvenirs remontent. L’odeur de la cigarette de mon grand-père dans sa 205, le paquet de Gitanes. L’accent flamand de l’autre, et du troisième. Le rire un peu fou de ma grand-mère. Aujourd’hui, ils sont disparus. Les anciens partent, nous laissant ces quelques images, ces quelques paroles. Et cette piqûre de rappel : nous finirons tous ainsi.

 

Oui, je sais, cet article sent bon l’esprit de Noël ! (plutôt le sapin, sic !) Mais que voulez-vous, j’ai toujours tendance à être un peu cassant à cette période de l’année. Trop de bons sentiments, trop de bouffes, trop de cadeaux. Et l’impression de passer à côté de quelque chose, le reste de mon année.

2015 s’achève. Enfin. Quelle année de m**** diront certains. Tu m’étonnes, entre les deux attentats et le résultat des élections, pas sûr que la France se porte mieux que l’année dernière. Personnellement, 2015 ne fut pas des plus terribles. J’ai eu 3 premiers mois compliqués, avec une phase de rupture. Et puis les voyages m’ont sauvé (comme toujours) : Ethiopie, Canada, France en stop, Corse. Difficile de se plaindre dans ces conditions. Je suis de retour chez moi, à MA maison. Et je suis plutôt heureux d’y être. J’avance dans l’écriture de ma thèse, chapitre 5 quasi bouclé (je compte en écrire 7). Et 2016 s’annonce sous le signe de la liberté. Car je serai enfin délivré (les fans de Disney me comprennent) de ma thèse, et de mes études. 11 ans plus tard, je vais quitter la fac, le sentiment du devoir accompli. Devant moi, le fameux grand vide de la fin des études. Et les grands vides, moi, j’adore ça. C’est la fin de la route, et plein de chemins devant moi, tous pleins de promesses. Les concours de l’enseignement, les ministères, le post-doctorat… Ou alors.

 

Ou alors, il y a un mot, six lettres, et une autre vie. Une vie que j’aime bon Dieu ! Ce mot, c’est voyage. Car la liberté de temps que je vais obtenir dans quelques mois, c'est ma plus grande richesse. Et c’est peut-être l’une des dernières. Ne nous cachons pas, le temps passe, défile, à une vitesse assez incroyable. 1993 est bien loin, 2016 arrive, 2017 aussi. Et je vais avoir 30 ans. Un cap (une péninsule). Après 30 ans, ça serait bien de travailler quelque peu. Ça serait bien aussi d’essayer de se trouver une fille sympa avec qui faire un bon bout de chemin, histoire de connaître cette sensation fantastique d’être père (oooouuuuuuuuuuu, oui, là, j’imagine la réaction de certain(e)s et les sourires apparus sur les visages). Car être en couple à 30 ans ne signifie pas tout à fait les mêmes choses qu’à 20 ans. Les choses sérieuses arrivent beaucoup plus vites, et il faudrait éviter de totalement se tromper.


N’allons pas trop vite ! 2016, la liberté retrouvée. Et peut-être une envie. Celle d’un dernier voyageur formateur. « Encore ? » penseront certains, mes parents compris. Peut-être. Mais j’essaie constamment de me souvenir que l’on a qu’une seule vie. L’important c’est d’en profiter, au maximum. On mourra tous. Peut-être bien plus vite que ce que l’on avait prévu. N’ayons pas de regret.

La piqûre de rappel

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Published by Phileas Frog - dans Autre
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