23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 11:26
Une autre gauche

Suivre la politique, c’est énervant. Surtout en ce moment. La réforme du code du travail par exemple. Un recul impressionnant pour les salariés, que l’on justifie par des facilités pour les entreprises, qui vont de ce fait pouvoir embaucher ! Ah, ce fameux chantage à l’emploi ! Ce sera sans doute le million d’embauches prévues par le pacte de compétitivité, dont on attend toujours la couleur (mais qui coûte 41 milliards d’euros de réduction de charges au bénéfice des entreprises, surtout les grosses). A écouter le Medef, il faudrait supprimer l’ensemble des taxes, travailler 12h/jour et abolir les congés payés, et on finirait par avoir le plein-emploi.

 

Mon gros problème, c’est que ces réformes se font un peu en mon nom. Oui, j’ai voté à gauche, je crois, en 2012, au deuxième tour de la présidentielle. François et Manuel sont officiellement de gauche. Mais pas tout à fait la même que moi.

 

Ma gauche à moi, ce n’est pas le libéralisme, dont j’ai lu récemment qu’elle était une « valeur de gauche » (une tribune dans le Monde des « Jeunes avec Macron »). Ma gauche à moi, ce n’est pas l’état d’urgence permanent. Ma gauche à moi, ce n’est pas taper sur les chômeurs, ces fainéants, dont il faut réduire les allocations. Non, ma gauche à moi, c’est un peu l’inverse de tout cela. Ma gauche à moi, c’est une politique qui va dans le sens du progrès, qui va dans le sens du travailler moins, pour vivre mieux. Ma gauche à moi, c’est celle qui défend la majorité, contre une petite minorité oligarque. Ma gauche à moi, c’est celle qui prend la défense des plus démunis, chômeurs et réfugiés, veuve et orphelin. Ma gauche à moi, c’est plus celle de Taubira que celle de Macron.

 

Je me dis que je me gauchise. Sans doute un peu. Ou alors, c’est l’ensemble de la politique qui se droitise. Sans doute aussi. Parce que je ne vais pas tarder à avoir 30 ans, et que j’ai l’impression que le progrès, c’était avant. Que la réduction du temps de travailler c’est terminé (rappelez-vous du principal regret des gens qui vont décéder : « j’ai trop travaillé »).

 

Et je suis énervé ce matin, car je ne vois pas de solutions politiques. Parce que la droite abonde dans le même sens du reniement des acquis sociaux (tout en disant que la gauche ne le fait pas bien), parce que le centre est mort, parce que les verts se sont sabordés, parce que Mélenchon est trop occupé à dire du bien des grands démocrates Poutine et Castro. Je cherche bien un Podemos à la française, mais je rêve éveillé. La fin du cumul des mandats, la démocratie participative, une Union Européenne par le peuple, pour le peuple.

 

Mais ça viendra, un jour. Parce que le progrès triomphe toujours à la fin, que c’est le sens de l’histoire. Parce que j’ai rencontré des gens pensant la même chose dans la Jungle de Calais, dans des débats publics concernant les voies cyclables à Saint-Omer et même à Bujumbura, où les explosions résonnent encore ce matin.

Bien sûr, il y a pire que nous. Bien sûr, la France est un beau pays et tout n’est pas à jeter. Mais ce n’est pas une raison pour aller de plus en plus souvent dans la mauvaise direction. 
Une autre gauche est possible. Une autre vision du pays. Une autre vision de la vie.

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