9 janvier 2017 1 09 /01 /janvier /2017 07:55

« Le silence, l’espace, peu d’objets et qui nous tenaient tous à cœur. La vertu d’un voyage, c’est de purger la vie avant de la garnir. »

 

Scénario n°5 : l’Inde

Décision : partir

Durée : 6 mois maximum

Transports : en avion, en train, en bateau

Mission de la Bucket List : Visiter l’Inde

Nouveaux pays : 3 Inde, Sri Lanka, Népal + ?

 

C’est étrange les choix. Ils sont souvent le fruit d’une mûre décision. Et, parfois, ils se prennent sur un coup de tête.

 

Celui de mon départ est le fruit d’une mûre décision.

Finir ma thèse, c’est retrouver ma liberté. Celle que j’avais parfois l’impression d’avoir abandonnée, du moins d’avoir mise entre parenthèses. Car c’est un projet de quatre années que j’ai mené, un engagement vis-à-vis de moi-même, de mes proches, de mon université. Je ne pouvais pas tout lâcher en cours de route, même si l’envie était de temps en temps là ! Nombre de fois je me suis posé la question du pourquoi : « pourquoi faire cette thèse ? A quoi ça sert ? De toute façon personne ne va la lire. Et puis, la recherche n’est sans doute pas mon truc. Etc. ». Mais commencer ma thèse, c’était un engagement à la finir. Je ne voulais pas d’un échec. Trop d’ego pour ça.

Aujourd’hui, je suis libre. Et j’ai l’impression de connaître un peu mieux le prix de cette liberté, après ces quatre années de conditionnelle. Je n’ai donc pas hésité longtemps. J’en ai discuté avec des proches, avec des moins proches. Et beaucoup m’ont soutenu dans ma démarche, dans ma réflexion. J’ai même senti une pointe d’envie chez certains : « Pars ! C’est le moment ! »

Oui, c’est le moment. Vous allez dire qu’avec moi, c’est toujours le moment. Peut-être. Mais cette fois encore plus. Car en plus de ma liberté, j’ai un peu d’argent de côté. La faute à un métier que j’ai découvert il y a presque trois mois maintenant. Et à une vie chez mes parents qui me permet d’économiser. (et à une radinerie. C’est toi qui a dit ça ? Descends un peu le dire !). Je n'ai pas de CDI, je n'ai pas passé le concours. Je suis libre géographiquement.

Surtout, j’ai presque 30 ans. Je n’ai pas de prêt sur le dos, je n’ai pas d’enfant, je n’ai pas de copine. Je suis libre, au maximum. Il faut en profiter, car cette liberté ne va peut-être pas durer jusqu’à mes 40 ans ! J’aurai sans doute envie un jour de me stabiliser, d’acheter quelque chose, de rencontrer quelqu’un. Aujourd’hui, la situation est idéale pour le départ.

 

L’Inde est un petit coup de tête.

Mon choix de l’Inde est assez tardif. Ce pays est arrivé dans la course en décembre, alors que j’étais à Paris. Un copain en a parlé, devant un de ces planisphères qui vous fait toujours rêver exode. Et j’ai pensé « mais oui, l’Inde ». Car, voyez-vous, je n’y avais pas pensé jusque-là. Je voyais mon cinquième scénario comme un voyage à vélo. Parfois, on se surprend. Et, peu à peu, l’Inde est devenu une évidence.

Tout d’abord, c’est le seul pays de ma Bucket List. J’ai écrit des villes comme Amsterdam, Rio ou Rome. J’ai écrit des routes comme celle de la Soie, ou des océans, comme l’Arctique. Mais un seul pays : l’Inde. Etonnant. Sans doute car sa diversité me fascine. De plus, il faut avouer que j’ai eu des récits, parfois très contradictoires. L’Inde, c’est tu l’aimes ou tu la rejettes. Je l’ai d’ailleurs gardé pour plus tard, car je pense que ça ne doit pas être un premier voyage. L’Inde, c’est dur. Au niveau de la pauvreté, d’une certaine saleté, de la chaleur, de l’humidité parfois (j’y reviens), et aussi des gens. L’Inde est surpeuplé, ça grouille de monde. Pour les filles, ce n’est pas toujours facile. Mais, dans le même temps, l’Inde c’est des paysages que l’on connait tous, c’est une culture millénaire. Et puis, entre-nous, l’Inde ne coûte pas très cher (surtout quand on compare avec la Nouvelle-Zélande !)

 

Le sort en est jeté. Mercredi 22 février, je pars, direction Chennai, anciennement Madras. C’est un aller simple. 300€. Et j’ai déjà un peu réfléchi à mon voyage (qui risque encore de beaucoup varier !)

Chennai – Mahabalipuram (temples Unesco) – Pondichéry (pour le colon français qui est en moi) – Chola ? (temples Unesco) – le Sri Lanka (qui m’a été très bien vendu) – Munnar (un peu de fraîcheur avec le parc des Ghats occidentaux et les grandes plantations de thé) – Goa (qui m’inquiète un peu pour être le gros lieu touristique, mais il y a une vieille ville intéressante et de jolies plages) - Pattadakal (temples Unesco) – Bombay (sa gare, l’île d’Elephanta et ses grottes) – Udaipur – Jaipur (et son observatoire astronomique !) – New Delhi (ça a l’air trop grand pour moi, mais le fort rouge, le minaret, la tombe de Humauyn, le temple du Lotus, Akshardham…) – Agra (le fort, et un petit temple qu’on appelle Taj Mahal, plus Fatehpur-Sijri ancienne capitale moghol et le parc national de Keoladeo) – le Népal (le parc national de Chitawan, avec tigres du Bengale et rhinocéros) – Katmandou.

2017, scénario n°5 : pourquoi j’ai choisi l’INDE

La suite ? C’est un mystère. Combien de temps vais-je mettre pour tout cela ? Je l’ignore. Je me méfie aussi de la mousson que je risque d’avoir sur les fesses à la fin du printemps (souvent ça débute le 1er juin). Je pourrais pousser en train jusqu'au Tibet ou en avion jusqu’en Indonésie pour lui échapper. Ou en Iran, que j’ai toujours en tête. Ou je pourrais même revenir en Europe, par le Caucase ou les Balkans, avant d’aller voir Rome. Rien n’est tranché, tout est possible. Car je suis libre.

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