29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 14:06

Premier article politique de l'année, sans doute pas le dernier, tant 2017 sera une année charnière. Trump est officiellement président, ça s'annonce sympa pendant quatre ans de ce côté-là (et j'ai dû rassurer mes troisièmes que ce n'était pas le début de la troisième guerre mondiale). Poutine est plus fort que jamais. Erdogan de même. Bachar a gardé le pouvoir. Netanyaou continue sa colonisation. Bref, la démocratie ne s'est jamais aussi bien portée, et c'est un monde de paix qui s'offre devant nous (surtout en Irak, au Pakistan, au Burundi, en Libye, en Centrafrique, au Mali, au Soudan du Sud...bon, je m'arrête).

 

Oui, je suis d'humeur cynique. Difficile d'en sourire, faut l'avouer. Pourtant, je garde espoir. Je crois toujours en la politique. Même en France. Je crois qu'elle peut.. non. Je crois qu'elle doit permettre d'améliorer les choses, pour l'ensemble de la population. C'est peut-être l'effet de mes cours sur moi-même (j'ignore si ça fonctionne sur les élèves de la même façon!). Revoir le siècle des Lumières, la Révolution française. Je remarque d'où nous sommes partis, et où nous en sommes aujourd'hui. Oh, oui, ce n'est pas encore le paradis. Mais le progrès triomphe, peu à peu, dans tous les domaines. Avec le recul historique, je vous promets que l'on s'en aperçoit.

 

Pourtant, en 1788, rien n'était facile. La faute à cette crise économique. Les prix augmentent. Et cette dette que la France doit supporter, et qui paraît irremboursable. A qui doit-on cet argent ? C'est assez flou. Toujours est-il qu'il oblige l'Etat à se serrer la ceinture. Enfin, plutôt à serrer la ceinture aux plus riches. Non, je déconne. Les nobles et l'église ne paient pas d'impôts, c'est ce qu'on appelle la société des privilèges. Ceux qui se serrent la ceinture, c'est le petit peuple. Jusqu'à crever de faim. Le prix des céréales augmente. Et les Etats généraux sont convoqués. Des cahiers de doléances sont écrits. Que veulent les Français ? Les mêmes droits et les mêmes devoirs pour tous. L'égalité. La liberté. Saupoudrées d'une dose de fraternité.

En l'espace d'une année, 1789, c'est tout un ordre politique qui va être bouleversé (pour le meilleur et pour le pire). Pourtant, rien ne semblait possible.

 

En 2017, rien n'est facile. La faute à cette crise économique. Les gens ont l'impression que les prix augmentent constamment. Et cette dette que la France doit supporter, et qui paraît irremboursable. A qui doit-on cet argent ? C'est assez flou. Toujours est-il qu'il oblige l'Etat à se serrer la ceinture. Enfin, plutôt à serrer la ceinture aux plus riches. Non, je déconne. Les grandes multinationales ne paient pas d'impôts, c'est ce qu'on appelle l'optimisation fiscale. Ceux qui se serrent la ceinture, ce sont les classes moyennes, les plus pauvres, mais aussi les PME et les artisans.

Rien ne paraît possible pour cette année 2017. Que le pire. Pourtant, moi, j'y crois encore.

 

Je vais aller voter à la primaire de la gauche. Et je vais voter Hamon. Non pas que je pense qu'il soit le messie et qu'il va révolutionner la France. Je suis un peu déniaisé de tout cela. Le changement, c'est maintenant. Ensemble, tout devient possible. Derrière les slogans se cachent souvent du vide et beaucoup de déjà-vus. Mais si je choisis Hamon, c'est justement parce que son programme se détache des autres. Il va dans une autre direction. Il ne nous explique pas par A+B que nous devons travailler plus (la fin des 35h), et plus longtemps (au rythme des réformes, on aura la retraite à 75 ans). Que c'est seulement en réduisant les remboursements et en privatisant une partie de notre Secu que l'on allégera la dette. Ca m'emmerde de lire et d'entendre, DEPUIS MA NAISSANCE, que tous ces efforts vont permettre de sauver notre système social. Car les efforts vont toujours dans la même direction. Et ce n'est pas ma vision du progrès.

Voter Hamon, c'est lancer des grands et nouveaux débats de société. Ce n'est plus réfléchir à si la solution A ou si la solution B est la meilleure pour rééquilibrer les comptes de la Sécu. C'est réfléchir à si les comptes de la Sécu doivent vraiment être à l'équilibre.

Voter Hamon, ce n'est pas se demander si l'on doit permettre aux entreprises de licencier plus facilement, ou si l'on doit défiscaliser les heures supplémentaires pour relancer la croissance. C'est se demander ce qu'est la croissance. C'est se poser la question de la place du travail dans nos vies. Voter Hamon, ça ne signifie pas que je crois au revenu universel. Je ne suis pas trop sûr. Mais j'aime ce débat, qui mérite d'être posé.

Voter Hamon, c'est enfin relancer les débats politiques et sociétaux, bien amorphes depuis la chute du mur. La capitalisme a gagné. Puis le libéralisme. Puis le néo-libéralisme. La crise de 2008 est arrivée. Et, pourtant, il n'y a pas eu de grandes remises en question, au niveau politique. Les mêmes nous gouvernent, DEPUIS MA NAISSANCE (coucou Fillon, coucou Hollande etc.), avec les mêmes recettes. Voter Hamon, c'est relancer des débats de fond. Ca fera du bien, et ça permettra peut-être d'élever le niveau (je suis encore niais en fait!)

 

Voter Hamon, c'est aussi un choix stratégique. Je ne crois pas que la gauche puisse atteindre le second tour s'il y a une candidature verte et des candidatures multiples de l'extrême-gauche. Je pense qu'Hamon est capable de rassembler l'ensemble des « progressistes », avec un programme commun. Je rêve tout haut.

 

Il paraît que je me gauchise. Pourtant, la caricature d'une vie, c'est d'être de gauche quand on est jeune, et de droite quand on est vieux. Je fais pour le moment le chemin inverse.

Pourquoi je m'en vais voter Hamon (pour la deuxième fois)

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Published by Phileas Frog - dans Politiquement vôtre
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