20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 19:54

Il y a de ces questions si simplement posées qu’elles vous désarçonnent.

 

« Pourquoi tu pars ? » est celle qui m’a récemment déstabilisée. Je me suis retrouvé comme un con avec mes contradictions. Car je pars pour une multitude de raisons, notamment de celles que je n’ai pas envie d’exposer. Que je n’ai pas envie de ressasser. Lorsque l’on part, c’est qu’il y a, au fond de nous, un mal-être. Un sentiment d’insatisfaction. Personne ne quitte le bonheur parfait. Lorsque l’on s’y trouve, on ne bouge plus. On admire, on profite, on le vit à 200%, en sachant bien que ce n’est pas toujours éternel. Partir, c’est se dire que le bonheur parfait n’est pas actuellement au centre de ma vie. Et que je ne suis pas pleinement heureux.

 

Je pars donc je quitte. Je quitte une vie « bien rangée ». Un travail qui me plaît. Une maison et un village que je connais par cœur. Une famille et des ami(e)s. Je quitte une situation stabilisée, posée. Et c’est pour cela que je pars. Avant mes 30 ans, je veux vivre, une dernière fois peut-être, différemment. Différemment de ce(ux) qui m’entoure(nt). Je quitte une certaine routine, qui peut paraître comme un gros mot dans ma bouche. Je quitte un pays qui m’ennuie parfois. Souvent. C’est peut-être cela que je quitte le plus : l’absence de surprises dans ma vie. De rencontres. Un ennui.

 

Je pars donc je vais chercher. Une folie. Une vie de bohème. Quelque chose d’intense et de déstabilisant. Je pars pour me faire peur, pour me remuer, pour me mettre des bons coups de pieds au cul et pour en avoir plein les yeux, les narines, les oreilles et la bouche. J’ai faim de ce que le monde peut m’offrir, et j’ai l’impression d’avoir passé plusieurs années au régime. J’ai envie de tout voir, et de tout ressentir. Découvrir le monde. Rencontrer du monde. Je veux voir ce que la vie réserve aux fous qui, comme moi, décide de tout quitter pour mieux renaître. Car c’est peut-être cela que je cherche le plus : une renaissance.

 

 

Je pars donc je m’échappe. Ce n’est pas un départ physique, c’est une évasion, une fugue. Je veux quitter certains de mes souvenirs qui m’obsèdent, ou plutôt qui me hantent. Je fuis mon purgatoire.

 

Cela fait deux ans et demi maintenant. Je m’y suis plongé au cours d’un été, et je n’ai pas été capable d’en revenir. Je suis entre ciel et ténèbres, prisonnier de mes souvenirs, de mes décisions. Il y a de la souffrance. Mais aussi des moments de joie. Des questionnements. De temps en temps, des réponses. Mais ce n’est clairement pas le paradis. Et c’est ce que je veux retrouver. Y arriverais-je ? Je l’ignore. Mais j’ai pris cette décision dans cette optique. J’espère qu’elle sera la bonne.

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Published by Phileas Frog - dans Voyage (autre)
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