13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 07:34

L'un des espoirs de ce voyage, c'est d'essayer de me cerner un peu plus encore. Je suis un grand adepte du travail sur moi (si tu lis ce blog depuis plusieurs années tu as sans doute remarqué). 6 mois à travers le sous-continent indien, c'est l'assurance de me retrouver face à certaines de mes questions existentielles. Au-delà de cette idée, je suis aussi en face à face constant avec le type de voyage que je souhaite, et le type de voyageur que je voudrais être. Varkala représente ce que je ne veux pas.

 

Nous sommes ici dans une station balnéaire. le lieu s'y prête fabuleusement bien : falaises, sable fin, cocotiers, coucher de soleil dans la mer d'Arabie.

Varkala, l'effet crêpe banane-chocolat
Varkala, l'effet crêpe banane-chocolat

Forcément, cela n'est pas resté inconnu, et Varkala attire aujourd'hui le monde entier : Russes (en grand nombre et avec la réputation sulfureuse qui les précède), Anglais, Allemands, Français, etc. Les paillotes succèdent aux restaurants et aux hôtels, au point où l'accès à la plage se fait de plus en plus difficilement, sauf à traverser l'un de ces endroits. Les prix sont surévalués, et je ne suis plus Jérémy, petit voyageur français, mais billets de banque, grand pigeon voyageur. Les rapports humains ne sont plus normaux, c'est à dire de ceux que j'ai eus avec le reste du pays. Tout est faussé, tout est marchandé. Et tout m'attriste. Sur la plage, entouré de mes congénères aussi blancs (puis rouges) que moi, je vois passer les vendeurs de bracelets et le loueur de parasols. Des planches de surf au large, un parachute dans les airs. Je serais à Ibiza ou à Puhket que ce serait pareil. Ce n'est plus vraiment l'Inde. Et je suis venu pour l'Inde.

Varkala, l'effet crêpe banane-chocolat

Certes, cet endroit a ses avantages : repos, bikini sur la plage pour les filles, et free wifi puissant. Même la bouffe est diversifiée, a savoir qu'en plus des choix indiens il y a les choix européens : boulangerie allemande et crêpe banane-nutella.

Je hais cette crêpe. C'est le symbole des zones touristiques en Asie du Sud-Est, et c'est aussi le cas ici. Cette crêpe me rappelle Vang Vieng et son loop, l'alcool qui coule à flots, la drogue en libre accès et les touristes comatant devant les épisodes de Friends. Ce n'est pas aussi poussé ici, mais il y a comme un air de ressemblance.

 

Attention, je ne juge pas. Ca plait forcément et ça fait (bien) vivre les commerçants du coin. Mais ce n'est pas pour moi, tout simplement. Ce n'est pas le voyage que je cherche, et je pense que j'aurai beaucoup de mal à trouver un compromis là-dessus, sauf à être un peu malheureux. C'est pour cela que j'évite le Lonely Planet et le Routard comme la peste. Je crois être assez débrouillard maintenant pour pouvoir m'en passer. Et je m'interroge sur la suite du parcours que j'envisage dans le Kerala : n'est-ce pas les lieux que je souhaite éviter ?

 

5 kilomètres de marche plus loin. Je suis seul, le long de l'océan. Et je retrouve ce que je cherche. Comme quoi, c'est con. Il suffit de marcher quelques dizaines de minutes pour trouver une ambiance totalement différente. Plus d'odeur de crème solaire, plus de vendeurs. Moi, et la nature. Finalement, ce n'est pas si mal, Varkala.

Varkala, l'effet crêpe banane-chocolat
Varkala, l'effet crêpe banane-chocolat
Varkala, l'effet crêpe banane-chocolat
Varkala, l'effet crêpe banane-chocolat

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Published by Phileas Frog - dans Inde
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