19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 02:56

Les réfugiés tibétains, c'est un peu comme les bébés chiens, tout le monde les aime bien, les trouve mignons, et serait prêt à en adopter un.... sauf les Chinois ! Bon, ils ne vont pas jusqu'à manger les petits Tibétains, mais comme ils ont déjà envahi leur pays...

Nous sommes en 1950, et 40 000 soldats chinois marchent sur Lhassa pour "libérer" le Tibet. De qui ? De quoi ? Ca reste une bonne question. Toujours est-il que la Chine remporte une victoire assez facile et le gouvernement tibétain doit signer un accord en 1951 reconnaissant la souveraineté chinoise sur la région. Cet accord a été dénoncé depuis (car signé sous la contrainte) par le gouvernement tibétain en exil, qui est réfugié en Inde depuis 1959.

Des milliers de réfugiés tibétains arrivent en Inde. Que faire pour eux ? Le gouvernement indien aurait pu leur proposer de construire un grand camp, voire une jungle...(suivez mon regard). Non, New Delhi va faire mieux que ça : elle lance un programme d'installation ! A Bylakuppe, ce sont ainsi près de 50 000 réfugiés tibétains qui s'installent. Aujourd'hui ils représentent près de 75% de la population locale. Je pars donc en territoire tibétain.

 

Sur la route de Mysore, je trouvais déjà que la région du Karnataka était plus pauvre que le Kerala ou le Tamil Nadu. Mon impression se confirme, puisque ce sont maintenant des petits tracteurs ou des boeufs qui tractent les remorques ou travaillent dans les champs. Et c'est aussi la première fois qu'un mendiant insiste de façon gênante pour avoir de l'argent (il s'agrippe à mon bras, et me fait une sorte de câlin en réclamant de l'argent).

Arrivé à Bylakuppe, je me retrouve sans hôtel. Dans le premier on m'explique que c'est les élections ce week-end, et que tout est plein. On me conseille quand même d'aller voir au pied d'un monastère tibétain, on ne sait jamais. Arrivé là-bas, il y a de la place, ouf. Mais il faut un permis spécial du ministère des affaires étrangères indien pour y dormir. Merde. En résumé, les Tibétains sont les bienvenus en Inde, mais on surveille un peu quand même qui ils reçoivent. Bon, que faire ? Je laisse mon sac au pied du monastere, et je m'en vais voir le lieu. Difficle de le visiter, les moines ne sont pas du tout loquaces, et je cherche en vain des infos. Je demande à l'auberge des conseils, notamment pour en savoir plus sur l'histoire locale des Tibétains... on me répond que ce n'est pas possible. Bon, d'accord. Décidément, pas grand chose de possible ici !

Chez les réfugiés tibétains
Chez les réfugiés tibétains

Je repars, mon sac sur les épaules... quand le moine de l'auberge vient me chercher et m'explique que je peux finalement rester une nuit ! Ca m'arrange ! Et c'est ainsi que je dors dans la zone de peuplement tibétain de Bylakuppe, au pied d'un monastère.

Je visite notamment le Golden Temple, la grosse attraction locale. Les moines sont présents en très grand nombre, tout comme les Indiens, comme toujours très bruyants. Cela ne m'empêche pas d'apprécier les hommes en rouge et orange qui chantent devant la porte du temple, derrière le rideau (le rideau, le rideau, le rideau !!).

Chez les réfugiés tibétains
Chez les réfugiés tibétains
Chez les réfugiés tibétains
Chez les réfugiés tibétains

Bylakuppe est intéressante pour son coté combattif, que l'on ne voit pas toujours chez les Tibétains. Ainsi, il y a plusieurs mémoriaux, pour les martyrs. Il y a des peintures murales "Save Tibet", "Free Tibet".

Chez les réfugiés tibétains
Chez les réfugiés tibétains
Chez les réfugiés tibétains

Je me sens de moins en moins en Inde en me baladant en ville : les écoles sont tibétaines, les restaurants (avec de la viande !), les magasins et même la maison de retraite ! Surtout, ce sont les faciès qui sont très différents. Il y a même leur propre show !

Chez les réfugiés tibétains
Chez les réfugiés tibétains

Se sont-ils adaptés à l'Inde, se sont-ils intégrés ? (car c'est toujours une grande question que l'on pose lorsque l'on évoque les réfugiés !). Pas sûr. Difficile de l'affirmer, car j'ai beaucoup de mal à engager des conversations (faudrait rester une semaine pour gagner la confiance des locaux). Mais je remarque peu de mélange entre Indiens et Tibétains, pas de faciès mixte. Même au niveau du sport, puisqu'il y a un terrain de foot, mais pas de terrain de cricket ! (et ça c'est un signe !)

Je suis le seul touriste sur place quand... je rencontre un bus de lycéennes anglaises en voyage scolaire ! Comment sont-elles arrivées là, c'est un mystère !

Tout ça donne envie d'aller voir Lhassa. Mais si ça ne passe pas au niveau du visa, j'aurai quand même vu un second bout de Tibet (après le Sichuan !).

Partager cet article

Repost 0
Published by Phileas Frog - dans Inde
commenter cet article

commentaires

Plus De Blogs