27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 03:41

Parfois, ce pays me paraît vide. C’est fou, ils sont plus d’un milliard. Soit c’est un cache-cache géant, soit les densités varient énormément (j’opte pour la deuxième hypothèse). Je me dirige vers le Nord, en bus, avec des Indiens tendus (un passager et le contrôleur s’embrouillent, car, même si je ne comprends pas la langue, il y a une intonation universelle à la prise de tête !). Pour la première fois, ça ne parle pas du tout anglais dans mon bus. Le ticket est d’ailleurs écrit dans une langue inconnue, et même les chiffres ne sont pas arabes. Je dois donc faire confiance au chauffeur, qui me fait non de la tête, me confirmant ainsi que je suis dans le bon bus. Sacré pays !

 

Goa, ça va 5 minutes. Ou 3 jours. Mais ce n’est pas vraiment l’Inde, en tout cas pas celle que je suis venu chercher. Et, encore une fois, c’est Couchsurfing qui me vient en aide. “Entre Goa et Mumbai, je te conseille Ratnagiri et Raigad”, tel fut le message d’une fille qui ne m’a pas hébergé. Et je l’ai écouté, mot pour mot, sans savoir ce qui se cache là-bas.

A Ratnagiri, je recherche un hôtel, et le chauffeur de tuk tuk ne parle pas anglais. Une première. Du coup, il fait appel à un homme, puis à une femme, et à un autre homme. Ca galère, j’explique que je cherche un hôtel pas cher. Il m’amène finalement dans un lieu luxueux, décidément on a du mal à se comprendre. Après une longue conversation, j’arrive à obtenir une chambre dans mes prix, avec un ordinateur à ma disposition (c’est comme ça que je peux donner de mes nouvelles !). En plus d’une connexion, Ratnagiri fait plaisir pour ses falaises. Un fort est perché sur les hauteurs. L’endroit vaut le détour, malgré les détritus.

Ratnagiri, Raigad : l’Inde au plus profond
Ratnagiri, Raigad : l’Inde au plus profond
Ratnagiri, Raigad : l’Inde au plus profond
Ratnagiri, Raigad : l’Inde au plus profond
Ratnagiri, Raigad : l’Inde au plus profond
Ratnagiri, Raigad : l’Inde au plus profond

A Raigad, il y a une rivière qui coupe la “ville”. Les enfants s’y jettent, les femmes y lavent leur linge, les hommes se lavent tout court, les boeufs se promènent.

Ratnagiri, Raigad : l’Inde au plus profond
Ratnagiri, Raigad : l’Inde au plus profond

En soi, ces deux villes ne sont pas vraiment touristiques. Je n’ai d’ailleurs pas rencontré un seul blanc. Mais elles représentent mieux que les autres l’Inde. Celle où les cérémonies religieuses défilent en ville. Celle où l’anglais se fait rare. Celle qui détourne le regard en me croisant. Les gens essaient de m’aider, m’indiquent quelques lieux à découvrir, restaurants où manger. Ils viennent me serrer la main, cherchent à savoir ce que je fais là, sans arrière pensées commerciales (et ça change de Goa !). Mais, surtout, la vie suit son cours. Des vieilles femmes sont assises à même le sol au milieu d’un marché, essayant de récupérer quelques roupies d’une cueillette de fruits ou de légumes. Une odeur de poissons se dégage du lieu. Un homme sort d’un étal, crache sur le chemin, et repart aussitôt. Les vendeurs de jus de citron appâtent le client avec un petit claquement de langue sur leur palais, ayant peine à surpasser le bruit du klaxon d’une moto roulant en sens inverse. Un homme transporte je ne sais quelle marchandise sur sa tête, des enfants crient ça et là, jouant au cricket ou effectuant un saut dans l’eau. Beaucoup de sourires rencontrent des visages fermés, des marchands de babioles attendent sans grand espoir le client du jour, les restaurateurs font frire les samosas, envoyant dans l’air un nuage de fumée. Du thé, dans chaque verre. Les litres d’eau. L’odeur des déchets. Un troupeau de chèvres. Un sacré bordel. L’Inde.

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