12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 11:26

Il parait que les frontières extérieures de l'UE sont poreuses, qu'il n'y a pas assez de contrôle.... hum, ça dépend pour qui ! Je quitte la Moldavie pour rejoindre la Roumanie, en bus. Enfin, quand le bus veut démarrer, soit 1h30 après l'horaire prévue. Je pense tout bas "on n'est pas arriver..." A la frontière moldave, c'est tout le monde descend du bus, avec les bagages, contrôle aux rayons X, questions sur ce qu'on va faire en Roumanie (euh...je voudrais bien rentrer chez moi !) etc. Une heure plus tard, nous repartons...1 minute, le temps d'arriver à la frontière roumaine. Et c'est reparti ! Nous descendons du bus, contrôle aux rayons X, etc... 
Après toute une nuit de bus, j'arrive à Brasov, dans le coeur des Carpates. Manque de chance, il est 9 heures, soit une heure après le départ de ma couchsurfeuse pour son travail. Je garde donc mon sac, et je me dis "quitte à faire du bus..." Direction Sighisoara, inscrite au patrimoine mondiale de l'Unesco. Deux heures de bus en plus ! Et... c'est une déception !

Brasov, Carpates et Dracula
Brasov, Carpates et Dracula
Brasov, Carpates et Dracula
Brasov, Carpates et Dracula
Brasov, Carpates et Dracula

Attention, je ne dis pas que c'est l'endroit le plus laid du monde ! Mais je m'attendais à mieux, du moins à plus, car j'ai fait le tour de la ville et de ses fortifications en une heure à peine (et j'ai zoné dans le cimetière au moins dix minutes !). C'est mignon, mais ce n'est pas non plus fou-fou. L'endroit est touristique, les prix sont plus élevés que la moyenne. J'ai également mangé dans mon pire restaurant depuis un sacré nombre d'années, ça joue peut-être sur mon ressenti ! (pas beaucoup dormi + pas bien mangé = grognon !)

La ville est connue pour être le lieu de naissance de.... Dracula ! Enfin c'est un peu plus compliqué que cela, et je comprendrais mieux le lendemain.

Brasov, Carpates et Dracula

Direction le château de Bran, que l'on m'a vendu comme le château de Dracula. Je connais assez peu le personnage (ma culture historique roumaine étant limité !) et je n'ai pas lu le livre de Bram Stoker... (ni vu les films d'ailleurs). L'arrivée aux alentours du château fait un peu Disneyland (on m'avait prévenu), mais passé la grille d'entrée on respire.

Brasov, Carpates et Dracula
Brasov, Carpates et Dracula
Brasov, Carpates et Dracula

Si d'extérieur le château fait très médiéval, l'intérieur est plus récent, et bien travaillé. Je réussis à éviter les gros bus de touristes polonais, allemands ou russes et ma visite est de ce fait agréable (ça doit beaucoup jouer, car les pièces sont petites, et les couloirs très étroits). 

Bon, répondons à cette question : qui est ce Dracula, que l'on imagine un peu comme la représentation du diable ?! C'est peut-être Vlad II, le prince de la Valachie entre 1436 et 1447. Celui-ci était membre de l'ordre du Dragon, "Dracul" en roumain. Il est de ce fait surnommé Vlad Dracul. Mais lorsque l'on pense à Dracula, on se réfère plutôt à son fils Vlad III, et à son doux surnom : l'Empaleur ! Pas sûr qu'il ait vraiment empalé ses semblables, mais il s'est montré cruel avec ses ennemis. Or, il est le fils de Dracul, et est parfois surnommé ainsi (Draculea). Bram Stoker, qui écrit le livre en 1897, obtient sans doute ces informations par un de ces amis, un professeur de l'université de Budapest.
Mais, et c'est là où ça devient un peu n'importe quoi, personne ne sait si les deux Vlad ont séjourné dans le château ! Rien ne le prouve en tout cas ! Et dans le livre de Bram Stoker, le château est situé dans une autre région ! Bref, une belle arnaque historique ! Mais il n'empêche, aujourd'hui, tous les touristes, roumains et étrangers, vont visiter "le château de Dracula" ! 

Brasov, Carpates et Dracula

En face du château débute le parc national Piatra Craiului. En plus de la vue sympa que l'on a sur le château, ça permet une chouette randonnée à travers les forêts de Transylvanie et le massif des Carpates. Je n'en ai vu qu'une petite partie, mais ça donnait envie d'en faire plus !

Brasov, Carpates et Dracula
Brasov, Carpates et Dracula

Pour ma dernière visite, c'est Brasov, qui était mon lieu de villégiature. La ville fait très saxonne, pour ne pas dire allemande (il y a d'ailleurs un lycée allemand). Le centre-ville est piéton, et c'est vraiment agréable de s'y balader. La ville était celle des marchands ("Brasoava" en roumain ça veut dire "baratin", car les habitants avaient apparemment l'habitude d'exagérer la qualité de leur marchandise !) et ça reste aujourd'hui l'un des grands centres économiques du pays (il y a 250 000 habitants).

Brasov, Carpates et Dracula
Brasov, Carpates et Dracula
Brasov, Carpates et Dracula

Forcément quand je vois ça, je ris.

Brasov, Carpates et Dracula

Mais ça aurait pu être pire, car entre 1950 et 1960, la ville est renommée... Staline-ville ! (Orasul Stalin en langue locale). Et sur la colline avait été plantés des arbres de couleur différente, faisant ainsi apparaître... Stalin. La couleur a disparu il y a de nombreuses années.

Brasov, Carpates et Dracula

Cette colline s'avère être très pratique, car il y a un télésiège qui vous emmène en haut, et ainsi vous permet d'avoir une vue sur l'ensemble de la ville. Puis je suis repassé en mode randonnée, à travers la forêt et les collines de Transylvanie. 

Brasov, Carpates et Dracula
Brasov, Carpates et Dracula
Brasov, Carpates et Dracula
Brasov, Carpates et Dracula
Brasov, Carpates et Dracula

En conclusion : foncez ! Ces 3 pays sont à côté en avion, pas cher, et plutôt pratique pour voyager. Pas facile d'y être végétarien par contre (le repas national, selon moi, est la soupe... de viande !), et l'anglais ne sert pas toujours (le français aide bien en Roumanie). J'ai pu discuter de la situation politique roumaine un peu chaotique (le premier ministre était renversé par son propre parti pendant mon séjour), mais aussi de la situation des Balkans et surtout des Roms (et je comprends pourquoi certains quittent la Roumanie... les discours que j'ai entendus étaient impressionnants de préjugés, voir de racisme). Certes, on reste en Europe, n'imaginez donc pas être transformé par ce voyage, mais c'est la confluence de l'Europe de l'Est et des Balkans, avec le monde russe à ses côtés. C'est ce mélange d'influences, en plus d'une histoire régionale intéressante, qui rendent ces trois pays assez différents du notre.

Je continue ma tournée européenne : direction Prague !

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Published by Phileas Frog - dans Roumanie
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