1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 07:40

Il y a plusieurs années de cela, alors que je cherchais une destination pour effectuer une année Erasmus, l'une des conseillères au bureau des R.I. de la fac m'a suggéré la Roumanie. "Le choix du futur !" qu'elle me disait, et "le roumain vous servira !". Le pays entrait à ce moment-là dans l'UE, et c'est peut-être ce qui expliquait son enthousiasme et ses conseils. Ou alors c'est le fait qu'elle soit elle-même roumaine... ça devait jouer ! Au final, j'ai préféré l'Angleterre (je crois bien que l'anglais m'a servi...), et je n'avais donc jamais mis un pied dans le pays du Maradona des Carpates...

J'ai opté pour Bucarest, essentiellement parce que le ticket d'avion n'était pas cher (60€ aller-retour de Charleroi, merci Ryanair) et parce que c'est une région que je ne connais pas (ça commence à se limiter pour moi en Europe). A peine atterri que je montre mon passeport et retire des lei (car si le pays est dans l'UE, il n'est pas encore dans Schengen et l'euro...). L'aéroport est desservi par les bus, et je m'en vais donc à l'assaut de la ville, tel un blindé de l'armée rouge en 1943.
Le paysage urbain me fait très vite comprendre que je suis en Europe de l'Est : longs boulevards, grands et gros bâtiments en béton : l'architecture soviétique a encore frappé ! Je serai d'ailleurs logé dans l'une de ces barres ce soir. Mais j'ai pas mal de temps avant mon RDV avec ma couchsurfeuse, fixé à 22h. Sac à dos sur les épaules, petit T-Shirt, c'est parti pour une visite express de Buca !

Après avoir longé pas mal de parcs et le lycée français de la ville, je vois depuis ma fenêtre la maison de la presse libre, un énorme bâtiment inspiré de l'université de Moscou, et un Arc de Triomphe, très parisien. Ce mélange URSS/Paris sera le fil rouge de ma journée. Ainsi, j'hésite à m'arrêter sur la place Charles de Gaulle, et je me retrouve finalement devant la rue Georges Clémenceau. Sur la carte que j'ai récupérée à l'aéroport, il y a un circuit "Little Paris". Mais il y a aussi "Communist Road". Mon coeur balance, et je me décide à alterner les deux, puisqu'ils s'entremêlent.

Bucarest, petite Paris soviétique
Bucarest, petite Paris soviétique

De ce fait, c'est un étonnant mélange des genres au niveau de l'architecture. Je passe d'un style néo-classique avec colonnes, fronton et dôme (Romanian Athenaeum) à un bâtiment rectangulaire sans fioriture : le ministère de la défense, l'ancien QG des forces soviétiques. C'est peut-être le lieu le plus historique de la ville, car c'est de ce bâtiment que Ceaucescu a embarqué en hélicoptère le 21 décembre 1989, espérant ainsi échapper à la révolution. Manque de chance pour lui, il a été très vite retrouvé, et fusillé le 25, après un jugement express.

Bucarest, petite Paris soviétique

La place de la révolution, c'est son nom, alterne donc le style parisien d'un côté et le style coco de l'autre. Les architectes s'en sont inspirés, puisque leur QG national actuel.... est un mélange de nouveau et d'ancien, sur le même bâtiment ! Vision sympa.

Bucarest, petite Paris soviétique

Après une petite halte au niveau de l'université (où je trouve des traces de la mobilisation politique du début de l'année 2017), je continue de descendre la rue de la victoire pour me retrouver face à quelques églises orthodoxes toujours aussi richement peintes. Puis les rues piétonnes s'enchaînent et, comme par hasard, les terrasses de restaurants et de bars également. Je suis juste au nord du canal, et je pense avoir découvert l'endroit vivant de la ville.

Bucarest, petite Paris soviétique
Bucarest, petite Paris soviétique

Direction enfin le gros bébé : le parlement. C'est le deuxième bâtiment administratif le plus grand du monde (derrière le Pentagone) : 350 000 m² habitables, de quoi faire un beau duplex ! Un peu caché côté nord en raison d'Andrea Bocceli qui vient faire un concert, il est pleinement visible côté Est. Je décide d'ailleurs de m'arrêter à ce niveau, après 5 heures de marche. Bucarest dispose de nombreux parcs, et, une glace à la main, je me pose au milieu des arbres et des canins. Après le kebab végétarien, je retrouve ma couchsurfeuse qui m'éclaire sur la politique roumaine et sa vision de l'UE. Mais pas le temps de se reposer, car je pars dès le lendemain vers le delta du Danube !

Bucarest, petite Paris soviétique
Bucarest, petite Paris soviétique

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Published by Phileas Frog - dans Roumanie
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