21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 23:15

Le sang versé, les trottoirs maculés, les regards épouvantés, les cris des blessés. Et toi, dans ton fourgon, souriant, pensant prêcher la vérité. La haine te guide, aveugle et sourd, traître à ta patrie, traître à tes amis, traître à la vie. Mais tu ne m'auras pas, j'ai trop d'amour pour toi. Recherche ma haine, recherche ma colère, recherche ma vengeance. Recherche les ressentiments, les amalgames, recherche l'opposition fratricide. Ton ego te guide, ta soif de reconnaissance, l'envie d'être martyr, et de laisser ton nom. Pardonne-moi, je ne me souviendrai pas de toi, de vous. Tu seras d'ailleurs le dernier dont je me souviendrai. Pardonne-moi, je privilégie l'humanité toute entière. Pardonne-moi, j'ai trop d'amour. Pardonne-moi, j'aime trop la vie. Je suis sûr que le gamin qui sommeille toujours en toi me comprendra. Je suis sûr que dans un autre contexte nous serions amis. Ton dernier souffle, ton dernier regard. Tu es parti. Dommage, tu avais tellement de choses à découvrir. L'amour d'une femme, l'amour d'un enfant. Courir dans un champ, nager dans une rivière, te perdre dans une forêt. Tu n'as eu qu'un instant, tu n'as croqué qu'une bouchée. Pas le temps de la digérer, pas le temps d'y repenser. C'est déjà fini. Explosion et destruction. Course-poursuite dans un fourgon. Tu laisses la désolation. Dans les yeux des autres, des étrangers. Dans des yeux si familiers, dans les yeux de tes aînés. Les larmes coulent à mesure que le sang se répand. Mais je n'y arrive pas, pardonne-moi. Pas de haine naissante. Pas de colère. Pas de besoin de vengeance. Un peu d'incompréhension. Et une certitude qui se renforce : amour, toujours.

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Published by Phileas Frog - dans Autre
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