23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 05:43

C'est une insulte. Prononcée au collège la plupart du temps. Elle a tendance à disparaître au lycée. Mais elle garde toujours cette connotation négative. Et il faut bien le reconnaître, je suis un intello.

 

Ca n'a pas toujours été le cas. Au collège, l'intello de ma classe, c'était plutôt Jean-Louis. Déjà, rien que le prénom. Les lunettes sur le nez. Des cheveux roux. Pas forcément le plus beau garçon du collège, et des résultats et une attitude toujours impeccable. Trop pour certains. « Espèce d'intello ! ».

Moi, j'étais plutôt feignant, plutôt football. C'est resté. Sauf que depuis, je suis passé du côté obscur de la force intellectuelle. Regardez : j'écoute pour mon plaisir de la musique classique, j'aime les opéras, je peux parler 20 minutes du Caravage et des tableaux de George de la Tour, j'aime les films qui gagnent les palmes d'or et tous ceux nommés aux césars. Pire, je peux débattre deux heures du bonheur et Rousseau trône sur ma table de chevet. Diantre ! [oui, c'est une expression d'intello]

 

Etre prof n'arrange rien. Je suis entouré de gens comme ça, de gens comme moi. Ca avait déjà commencé à la fac, et le doctorat est clairement le diplôme de l'intello. Depuis, les gens me regardent parfois comme une bête de foire en apprenant mon diplôme. Je les entends penser : "ça ressemble donc à ça, un docteur...", tout en scrutant chacune de mes paroles, espérant y trouver quelques propos d'un génie. Et c'est là le problème : être intello n'aide pas toujours dans la vie, au contraire !

Mettrez-moi avec une prise et deux fils électriques dans les mains, et vous aurez l'intello bloqué. Que faire ? Quoi foire ? Changer une roue de voiture ? Je ne suis même pas certain que je sache encore le faire. Alors regarder sous le capot.... Pensez, j'ai changé une chambre à air de vélo cet été et j'étais aussi fier que le jour de mon doctorat. C'est que l'intello n'est pas toujours très bricoleu ! Et certains pensent que l'on se croit supérieur... mais c'est plutôt l'inverse ! L'intello souffre, depuis son collège, d'un sentiment d'infériorité ! Et pour cause, il intellectualise tout. Regardez ce blog ! Quand j'écris sur l'amour, il me faut 3 pages pour comprendre si j'apprécie une fille ou non. Celui qui n'est pas intello est déjà allé la voir, l'a embrassée, s'est marié avec elle, a fait deux enfants, avant que je me décide à bouger ! Mon humour s'est dégradé et je ris de moins en moins facilement aux blagues, comme aux comédies. Je n'ose plus mettre de survêtement pour sortir. Et je me justifie presque d'être un supporter de foot acharné.

 

Heureusement, il y a ça. Je crois que le foot m'a sauvé, et qu'il continue à le faire. Là, je me sens à ma place, et un peu plus normal. Quoi que... je pense toujours sur le terrain à mon placement et au replacement de mon équipe, à quand lancer le pressing et à la tactique qui nous fera gagner le match.... Diantre ! Je suis l'intello du terrain de foot !

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