21 avril 2018 6 21 /04 /avril /2018 23:14

Il est 17h. Vendredi. Fatigue. Pluie. La motivation n'est pas vraiment là. Mais je me suis engagé.

Nous prenons la route, direction Awala. Nous sommes 4. Je retrouve Guillaume, mon acolyte des chutes Voltaire, tout juste revenu de Rio avec une coiffure jaune poussin (drôle de pari collectif !). Les filles devant, nous coincés à l'arrière de la veille Twingo couleur caca d'oie, une épée en mousse sur mes genoux, et une vieille bouée ronde à mes côtés. Le road trip peut commencer.

Awala. Il ne pleut plus. La lune, quasiment pleine, fait des apparitions. Le vent souffle, éloignant les moustiques faisant la légende du lieu. Nous marchons vers la plage, attirés que nous sommes par le bruit des vagues. Le sable. Les palmiers. L'océan Atlantique.

 

Notre première marche ne donne rien. Enfin, pas tout à fait, car c'est là où je commence à lui parler. Limpide. Evident. Marrant. Voyageuse. Célibataire... Nous sommes éloignés du groupe. Nous longeons cette plage magnifique, bercés par le bruit des vagues. Le ciel se dégage, et la lune rayonne sur les palmiers. Romantisme bonsoir.

Ils sont partis se baigner. Nous aussi. 23h. Guyane. L'eau est douce. Elle nage près de moi. « Le bateau ! ». Là, une pirgoue ancrée. A l'abordage ! Nous voici six pirates sur le petit rafiot. Endroit parfait. Petit vent. Fraîcheur. Nouveau plongeon. Puis nouvelle ballade. Nous nous découvrons. Oh, des traces ! Mais elles ne sont plus là. Dommage.

 

Il est temps de pique-niquer. Pain, sardine, thon, macédoine et mangue. Rire. Je ne connais pas vraiment 4 des 5 personnes autour de moi, et c'est pourtant naturel de me retrouver là, à minuit, sur cette plage.

Et là, l'extraordinaire surgit de l'eau. Une tortue verte. Bonsoir, toi que nous attendions. Elle remonte la plage, lentement, à la force des nageoires, se traînant. Elle s'enfonce ensuite puis se met à creuser.

Awala est un haut lieu de la ponte des tortues. En ce moment, elles sont présentes chaque nuit. Nous nous rapprochons, lentement, à la lumière de la lune. Elle creuse, sans s'arrêter. Le mouvement des nageoires est précis, et ce trou m'impressionne. Pourquoi diable en faire autant ? Un œuf. Deux. Trois... c'est parti. Je vois le cycle de la vie. Emotion garantie.

 

L'animal souffre, se contracte, tandis que les œufs continuent de tomber. Sous la lourde carapace nous entendons le souffle de l'effort. 40. 50. 60. J'en ai compté 92 (!!!!!!!!!). Elle rebouche ensuite le trou, avec l'énergie de l'instinct maternel que je n'aurai jamais, et qui force le respect.

Je plane. Je vole. Ce moment était parfait. Je prends les filles dans mes bras. Nous regardons la tortue repartir. A elle le grand large.

 

Nous nous posons sur la plage. Nous nous endormons, un immense sourire sur chaque visage. Nous nous enlaçons. Tendresse. Rien ne pourra gâcher cette nuit, pas même les moustiques, pas même la marée qui nous surprend. 

J'en veux encore.

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