22 mai 2018 2 22 /05 /mai /2018 23:37

Quand nous arrivons à l'aérodrome de Saint-Laurent, nous comprenons vite que le vol sera différent des autres : nous sommes pesés avec les bagages, il n'y a pas un seul contrôle de sécurité, et le ticket semble fait manuellement ! 15 personnes dans l'avion, nous ne sommes pas trop gênés non plus par les hôtesses, absentes. Et le pilote est juste devant nous. Nous ? Ce sont mes deux colocs Lise et Tim, ainsi que ma gueule (quoi ma gueule ? Qu'est-ce qu'elle a ma gueule?)

L'envol est très sympa (l'aérodrome est situé quasiment au centre de la ville) et permet de voir la maison du ciel, entre autres ! Le vol dure 50 minutes, le temps d'observer quelques sites d'orpaillage... et beaucoup d'arbres !

Maripasoula-Taluen : chez les Amérindiens Wayana
Maripasoula-Taluen : chez les Amérindiens Wayana
Maripasoula-Taluen : chez les Amérindiens Wayana

Maripasoula ! La commune la plus étendue de France ! (Arles est la plus étendue en métropole... mais Maripasoula fait 50 fois Arles ! 18 360 km²!). Et seulement 10 000 habitants ! Autant vous dire que l'on n'est pas bousculé en ville ! Nous sommes descendus plein sud, au niveau du parc amazonien. Sans surprise, nous nous retrouvons donc rapidement en forêt sur nos beaux vélos ! 12 kilomètres de montée et de descente (surtout des descentes pour Lise). L'objectif est d'aller découvrir un ancien gros fromager. Non, aucun rapport avec le Gouda. Le fromager est l'arbre majestueux de l'Amazonie, avec des contreforts incroyables. Justement, nous nous retrouvons devant... et on se sent d'un coup si petit !

Maripasoula-Taluen : chez les Amérindiens Wayana
Maripasoula-Taluen : chez les Amérindiens Wayana

Le reste de l'arbre ? Il est tombé ! Les trois grands fromagers de la région sont tombés en l'espace de deux ans, et cela laissait craindre de grandes catastrophes selon certaines croyances locales. Sur la route, nous croisons un serpent, bien mort, et.... un jaguarondi, bien vivant ! Le félin surgit du bas-côté alors que je passe à vélo et traverse la route devant Tim ! Noir, de la taille d'un chien, mais plus allongé, avec une queue touffue. Et sacrément rapide ! Moi qui étais un peu maudit concernant les animaux, ils me font enfin l'honneur de sortir quand je passe !

Maripasoula-Taluen : chez les Amérindiens Wayana

La ville est quelque peu animée grâce au festival du livre. Le soir, direction un festival avec notamment Rickman, dont la chanson « Je suis un Boni » tourne pas mal ici. C'est un festival à la guyanaise, avec un espace-temps déréglé. Un peu comme quand mon père a besoin de moi pour travailler « cinq minutes ». Ainsi, le maire commence son discours avec une heure de retard. Rickman arrive... « dans cinq minutes, top chrono ». Une heure et dix minutes plus tard, le voilà ! Le public est placé sur un terrain de basket – pardon, le public est placé autour du terrain de basket. Et seulement quand la chanson les fait sauter ils se ruent à l'intérieur du terrain. Le chanson se termine ? Tout le monde s'écarte du devant de la scène et reste à 10 mètres. Etonnant. Les derniers chanteurs, prévus pour 3h, chantent encore à 7 heures. Je les entends, au loin, depuis mon hamac !

Maripasoula-Taluen : chez les Amérindiens Wayana

Le lendemain, direction le Sud. Oui, c'est encore possible, mais seulement en pirogue (il y a une piste remontant vers Papaïchton, et c'est tout). Là, nous nous enfonçons clairement en pays amérindien. Tellement que nous allons franchir la zone d'accès réglementé. C'est un Amérindien qui nous y emmène, nous nous sentons un peu moins coupables de ne pas avoir demandé l'autorisation préfectorale !

Les Wayana vivent des deux côtés du fleuve. Pourtant, d'un côté, c'est le Surinam, de l'autre, la France. Enfin, sur une carte, dans mes cahiers. Ici, la frontière est une ligne imaginaire, servant simplement à différencier le taux de taxation. Pour le reste, tout le monde se côtoie, sans douane et sans papier. Nous allons chercher de l'essence chez « les Chinois » du Surinam. Puis nous remontons le cours du Maroni (officiellement Lawa ici), passons devant Elae, croisons des maisons très très trèèèèèès isolées (2 heures de pirogue pour aller à la maison de santé, ça commence à faire isolé) avant d'arriver à Taluen, également appelé Twenké. Le trajet est fantastique.

Maripasoula-Taluen : chez les Amérindiens Wayana
Maripasoula-Taluen : chez les Amérindiens Wayana
Maripasoula-Taluen : chez les Amérindiens Wayana

C'est isolé comment ? Au titre du numérique, le village n'a pas encore sa page wikipedia (ça veut dire quelque chose aujourd'hui). Le raccordement électrique a été fait en 2014. Pas de réel magasin. Le village est seulement ravitaillé par les pirogues. Une poste. Une maison de santé. Le carbet municipal, au centre du village, assez majestueux. Le lieu est paisible. Nous sommes dimanche, les Amérindiens sont réunis, écoutent des musiques religieuses ou se baignent.

Maripasoula-Taluen : chez les Amérindiens Wayana
Maripasoula-Taluen : chez les Amérindiens Wayana
Maripasoula-Taluen : chez les Amérindiens Wayana

Tiens, un atèle ! Décidément, je suis chanceux ce week-end ! L'animal joue avec ses pieds, puis se remet en route.

Maripasoula-Taluen : chez les Amérindiens Wayana
Maripasoula-Taluen : chez les Amérindiens Wayana

Un terrain de foot au loin. Ca me rassure un peu, j'aurai au moins un sujet de conversation possible avec les habitants. C'est que la vie ici a l'air un peu différente de celle sur le littoral (et de la métropole). Nous repartons vite, l'objectif est de rentrer avant la nuit. Le ciel se couvre, une pluie monumentale tombe sur la pirogue, sans que notre pilote ne bouge. Caché sous mon poncho, j'écoute le bruit du moteur, l'eau qui m'entoure, et j'essaie de m'imaginer vivre ici.... hum, pas sûr ! Je suis bien à Saint-Laurent, d'ailleurs je pense re-signer pour une année de plus ! 

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