27 août 2018 1 27 /08 /août /2018 11:54

C'est quoi le comble d'un touriste ? De penser qu'il y a trop de touristes.

 

Le salar d'Uyuni. Peut-être dans le top 3 des lieux les plus touristiques d'Amérique du Sud (avec le Machu Picchu et Rio). Du monde, forcément. Beaucoup de monde. Et, parmi la foule, des « pppfff c'est trop touristique ». Really ?

 

Ce discours, je le rencontre de plus en plus au cours de mes voyages. Car ils sont nombreux, les touristes : + d'un milliard en 2016. Car ils sont aussi très nombreux, les touristes qui ne veulent pas l'être... Dans leur discours, c'est évident : ils recherchent toujours l’authenticité. Voir le « vrai » pays, pas celui des touristes. Rencontrer les « vrais » gens, pas ceux qui côtoient des touristes tout le temps. Ils vont donc éviter les voyages organisés, et, pire encore, le « all-inclusive », qu'ils jugent avec dégoût. Eux, ils veulent de la Bolivienne avec ses habits traditionnels ; et c'est encore mieux avec un chapeau ! (c'est pour la photo...).

Mais, chose étonnante, ils choisissent presque toujours les mêmes lieux. En Bolivie ? Le lac Titicaca, un parc national, le salar et le sud-Lipez, Potosi, Sucre. Un peu comme si en France vous faisiez Paris, le Mont Saint-Michel, les châteaux de la Loire et la Côte d'Azur. En juillet. Bizarrement, il y a des touristes... sans doute parce que ce sont les coins les plus connus du pays !

 

Le touriste qui ne veut pas l'être fait toutefois les choses différemment du touriste « all-inclusive » : il ne passe pas par une agence pour faire ses réservations. Non, il est original : il choisit ses hôtels sur place, sur son smartphone (en prenant les meilleures notes sur Booking, faut pas déconner non plus!), en regardant son Lonely Planet, ou AirBnB. Trois entreprises occidentales. Bizarrement, il se retrouve dans des hôtels avec plein de touristes, qui, eux aussi, ne veulent pas l'être. Et il pestera contre eux.

 

Je peux sembler un peu moqueur dans mes propos, mais je m'y reconnais pourtant ! Ma volonté de dormir chez l'habitant (coucou Couchsurfing!) n'est-elle pas une preuve ?

Néanmoins je comprends peu à peu que nous sommes prisonniers de notre condition : quand quelqu'un dort chez l'habitant, il reste vu comme un touriste. Pire, il « contamine » parfois des gens qui ne sont pas habitués aux touristes. Ne nous mentons pas, nous sommes au XXIème siècle, siècle du tourisme de masse. Ne pas vouloir être un touriste, du moins ne pas vouloir les côtoyer, c'est devoir éviter les plus beaux endroits sur terre, les plus fous : adieu Pyramides, Grande Muraille, Taj Mahal et Statue de la Liberté, adieu parcs nationaux et plages de rêve. La solution ? Bonjour Afrique subsaharienne ! Bonjour Asie Centrale ! Un peu comme si vous voyagiez en Lozère et en Picardie : là, vous êtes plutôt tranquille (comme je l'étais au Burundi ou en Zambie). Mais il n'empêche : notre look, notre passeport et notre carte bancaire font de nous des touristes. Il y a 10 ans, j'avais encore l'illusion de faire des choses un peu extraordinaires. Quand je suis parti aux Philippines en 2008, quand j'ai découvert le Monténégro en 2009, trois ans après l'indépendance de ce pays. A l'époque, les gens me regardaient d'un air bizarre (« que diable va-t-il faire aux Philippines???!). Aujourd'hui, je ne pourrais même plus compter les gens qui, autour de moi, sont allés en Asie du Sud-Est, ou qui ont découvert la Croatie et le Monténégro ! Il y a 10 ans, j'avais un peu l'impression d'être un aventurier, aujourd'hui je me dis que je n'étais qu'un peu précurseur.

Le touriste qui ne voulait pas l'être
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