2 août 2018 4 02 /08 /août /2018 11:16

Ils prennent un raccourci, forcément, c'est des nains. Le premier prend une pelle. Le deuxième prend une pioche. Que prend le troisième ?

C'est avec cette blague/devinette que je commence ma description de Potosi (blague que Sophie a endurée dans cette ville). Altitude, 4070 mètres (!!). Car tout dans cette ville nous ramène à la mine d'argent qui la surplombe : le Cerro Rico (littéralement la « colline riche »), située à 4782 mètres d'altitude, exploitée depuis le XVIème siècle. Le filon d'argent est tellement immense qu'il créé la ville de Potosi, qui devient en quelques décennies la ville la plus peuplée d'Amérique du Sud. On estime alors à cette période que Potosi fournit la moitié de l'argent mondial !! La mine est surexploitée et aujourd'hui il ne reste pas grand chose. Néanmoins les mineurs locaux continuent d'aller explorer les galeries (il y a plus de 600 entrées) malgré les risques d'effondrement d'une colline devenue gruyère.

Potosi, c'est trois nains qui vont à la mine
Potosi, c'est trois nains qui vont à la mine

C'est trois nains qui vont à la mine. Ils prennent un raccourci, forcément, c'est des nains. Le premier prend une pelle. Le deuxième prend une pioche. Que prend le troisième ? 

 

Nous nous sommes posé la question : faut-il aller visiter la mine ? Car des agences de tourisme, des locaux, proposent des visites. Nous pourrions aussi y aller par nos propres moyens. C'est un peu le truc à la mode là-bas. Néanmoins j'avoue que le concept me gêne : allez « voir » des gens qui travaillent dans une mine, c'est tout de même étrange. Imaginez, des gens viennent vous voir au travail tous les jours, prennent des photos de vous, sourient en vous regardant, et repartent (en postant la moitié sur les réseaux sociaux, forcément). Bizarre, non ? C'est un des dilemmes lorsque l'on voyage : ne fabriquons-nous pas un zoo humain ? Certains répondent que l'argent dépensé là-bas aide les mineurs, et que ceux-ci sont contents de nous voir. Hum. Petit passage du prof d'histoire : lors de l'Exposition Universelle de 1931 à Paris, des Africains, des Amérindiens etc. sont envoyés en France, et ils jouent « au bon sauvage », dans ce qui ressemble un peu à un zoo humain. L'argument des organisateurs est le suivant : ces gens-là sont très contents d'être à Paris et de divertir la population. Même principe donc : ils sont contents, mais est-ce vraiment sain ? Je reste dubitatif. [attention, ce n'est que mon avis, je ne suis pas sûr que ce soit le bon !]

 

C'est trois nains qui vont à la mine. Ils prennent un raccourci, forcément, c'est des nains. Le premier prend une pelle. Le deuxième prend une pioche. Que prend le troisième ?

 

Néanmoins nous faisons tout de même une visite à Potosi, celle de la Casa de la Moneda. Cette maison de la monnaie servait à créer les pièces de monnaie espagnole. Le bâtiment est impressionnant et nous nous sommes surpris à être très intéressés par ce processus de création. Cela en dit long sur l'importance de Potosi à l'époque. Ce lieu a servi à créer les pièces de monnaie bolivienne. Aujourd'hui ? Non, les pièces sont fabriquées au Canada et les billets... en France ! [le lieu aurait servi d'inspiration à une série bien connue : la Casa de Papel ; enfin, c'est ce qu'ils disent là-bas !]

Potosi, c'est trois nains qui vont à la mine
Potosi, c'est trois nains qui vont à la mine

C'est trois nains qui vont à la mine. Ils prennent un raccourci, forcément, c'est des nains. Le premier prend une pelle. Le deuxième prend une pioche. Que prend le troisième ?

 

La ville est magnifique. Parc, architecture, sculpture. Le tout classé Unesco, mais Unesco sur la liste patrimoine mondial en péril : les opérations minières mettent en danger ce legs de l'histoire. Autre chose un peu embêtante pour la ville : la pollution. Potosi, avec ses rues en pente et ses vieux bus, a une odeur de périphérique parisien (pour notre balade on choisissait du coup toujours les routes où les véhicules descendaient !). Enfin, et là c'était encore plus embêtant pour nous : nous avons tous les deux souffert du mal des montagnes. Pourtant, ce n'est pas la première fois que je passe les 4 000 mètres d'altitude (coucou le Népal). Mais, cette fois, c'est peut-être allé trop vite. Mal de tête, nausée, difficulté pour dormir... clairement nous n'étions pas bien. Le lendemain nous sommes redescendus de quelques centaines de mètres et c'est passé (ça n'est pas revenu du voyage, et pourtant nous sommes montés bien plus haut). Mais c'est à prendre en compte si vous faites le même parcours que nous !

 

C'est trois nains qui vont à la mine. Ils prennent un raccourci, forcément, c'est des nains. Le premier prend une pelle. Le deuxième prend une pioche. Que prend le troisième ?

Potosi, c'est trois nains qui vont à la mine
Potosi, c'est trois nains qui vont à la mine
Potosi, c'est trois nains qui vont à la mine

En repartant, sur ces routes magnifiques, sculptées de montagne, la mine est encore visible à plusieurs dizaines de kilomètres. Mais nous regardons déjà devant nous : le salar d'Uyuni arrive.

C'est trois nains qui vont à la mine. Ils prennent un raccourci, forcément, c'est des nains. Le premier prend une pelle. Le deuxième prend une pioche. Que prend le troisième ? Alors, Sophie ?

Potosi, c'est trois nains qui vont à la mine
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