7 janvier 2019 1 07 /01 /janvier /2019 14:52

Il y a cinq ans de cela, je prenais une décision : arrêter de consommer de la viande. Je devenais végétarien. « Folie ». « N'importe quoi ». Les réactions étaient mitigées dans mon entourage, pour ne pas dire hostiles. Et pour cause, j'étais (à nouveau?) un peu bizarre. Je ne connaissais pas moi-même de végétarien, et pour mes proches, c'était un peu l'effet d'un coming-out : une chose dont on entend parler, que l'on voit à la télé, et qu'heureusement on n'a pas chez soi ! Car un végétarien à la maison, c'est casse-couille ! Que va-t-on pouvoir cuisiner ? Oui, chez moi, c'était plutôt viande à chaque repas. « Bon, on peut toujours lui faire du poisson ».

 

Ma première étape a été d'expliquer ce que ça veut dire végétarien : pas de viande, pas de poisson, oui je bois du lait, oui je mange des yaourts, oui j'aime le miel..., bref, à expliquer les différences avec végétalien et végan. Et aussi de me justifier. Pourquoi changer de régime alimentaire ? C'est passé par le blog, mais aussi par beaucoup de discussions (où j'avais parfois l'impression de défendre la planète entière contre un bout de steak!).

 

Les années ont passé. Aujourd'hui, je suis arrivé à une autre étape : me définir flexitarien. Un mot que je ne connaissais pas en 2013, et qui est devenu à la mode aujourd'hui (non, pas seulement chez les « bobos »). Il me correspond bien : je mange rarement de la viande, je n'en cuisine pas, et lorsque j'en mange, j'essaie qu'elle soit au moins de qualité, et si possible à peu près respectueuse de l'environnement (bio, label, etc). Bon, c'est un idéal, dans les faits je vais rarement faire les poubelles chez mes potes ou au restaurant pour retrouver le sachet avec l'origine de la viande ! Mais je pose parfois la question (et il ne faut pas le prendre comme une attaque!).

 

L'idée de ce changement d'appellation est de ne pas imposer mes idées. C'est le problème avec le végétarien strict : il oblige les autres à cuisinier différemment, à s'adapter à vous. Ou alors il ne mange pas votre repas ! Ca peut-être insultant (en tout cas ressenti comme tel). Surtout, je me suis tout de suite dit flexible : je ne voulais pas sauter de repas (il paraît que je suis maigre selon la maigrophobie que j'ai rencontrée!). Ainsi, chez ma grand-mère, je vais parfois manger une trancher de rosbeef ou un peu de poisson. Surtout, ça m'aide beaucoup en voyage. Car dire à un Indien que vous ne mangez pas de viande, c'est comme dire à un Français que vous mangez du pain : ça paraît logique ! C'est le premier pays végétarien du monde ! Par contre, au Burundi, être végétarien c'est un peu comme si vous disiez que vous ne mangez pas tout court ! C'est l'un des pays les plus pauvres de la planète, et on ne peut pas y avoir des goûts de luxe, ce serait malvenu.

 

Aujourd'hui, en France, mon choix ne détonne plus. Le pays a bien changé en quelques années : le bio est partout et je connais un paquet de végétariens/végétaliens. Le débat continue, notamment dans la sphère publique (forcément, on est un pays de bouffe!). Personnellement, j'aime beaucoup L214 et ses vidéos dans les abattoirs, témoignant du parcours de votre steak, parfois horrible (si on devait tous tuer par nous-même les animaux que nous mangeons, on aurait une sacrée augmentation du nombre de végétariens!). Je suis un peu moins fan des ultras végans, de ceux qui vont jusqu'à ensanglanter les boucheries : ça me paraît contre-productif à souhait (et puis allez taper les grandes surfaces plutôt que les petits bouchers!).

 

Les chiffres confirment ma sensation : la consommation de viande diminue depuis plusieurs années en France et le nombre de végétariens augmente (5% en 2017, plutôt chez les jeunes). Le planète nous remercie, les générations futures aussi.

[je rappelle ici qu'environ 50 milliards d'animaux sont abattus dans le monde chaque année et qu'environ 80% des terres agricoles du globe sont consacrées à l'élevage selon le magazine Science]

Flexitarien
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