13 janvier 2019 7 13 /01 /janvier /2019 15:52

6h30. Le réveil sonne. Hum. Je n'ai jamais été un lève-tôt. Les cours débutent à 7h30, je suis enseignant, mes élèves m'attendent. Je ne peux pas dire ce matin « oh, allez, j'dors une heure de plus ». Ce n'est pas envisageable, j'ai trop de respect pour le métier (quoique j'aie connu un prof ici qui n'allait parfois pas travailler parce qu'il... pleuvait, j'en reparlerai un jour, ça me faisait m'étrangler).

 

Vacances. 8h30. Le gazouillis des oiseaux me fait ouvrir les yeux. Je scrute le paysage. C'est tellement bon, ce sentiment. Cette liberté. Que vais-je faire aujourd'hui ? On verra bien. Roulons. L'important, ce n'est pas la destination, c'est le chemin. Une petite plage à droite. Je m'arrête. Je me pose. Je reprends la route 30 minutes plus tard. Parfois je me laisse somnoler, parfois je me baigne, parfois je randonne, parfois je lis, parfois je contemple.

 

Travailler, c'est perdre sa liberté. Je l'ai toujours su, je l'ai toujours répété : c'est pour ça que je n'ai jamais été pressé de le faire ! Les copains, la famille, les autres autour de moi, avaient beau me répéter « c'est sympa un salaire », ça ne m'a jamais vraiment convaincu. Que voulez-vous, j'ai toujours été un apôtre du Carpe Diem. Or, vivre au jour le jour, c'est pouvoir décider de ce que l'on fait au jour le jour. Puis-je le faire alors que je travaille ?  Clairement, c'est non.

 

« Mais, tu ne vas quand même pas arrêter de travailler !? ». Non. Enfin, pas tout de suite. Je vous ai déjà écrit que je respectais trop mon travail pour exploser en cours d'année et quitter mon métier. Quoique c'est possible de le faire, une démission et puis voilà ! On a la liberté de le faire ! Mais je ne suis pas malheureux dans mon travail. Au contraire, quand j'en reviens, j'en suis toujours à me dire que c'est un chouette métier que d'enseigner.

 

Néanmoins, j'ai toujours la flamme. De celle qui me dit que la vie a un côté tellement sexy quand on est sur la route, quand on vadrouille, quand on découvre tous les jours. La routine ? Ce n'est pas encore fait pour moi. Cultiver mon jardin ? Non plus. J'ai toujours cette soif de découverte, de nouvelles rencontres, et c'est quelque chose que je ne peux pas avoir en travaillant, en étant dans un lieu fixe. En tout cas, pas assez. Ne pas savoir où je serai dans dix jours, dans trois jours, demain, ça c'est kiffant. Les deux derniers voyages, en Colombie et en Guadeloupe, m'ont donné envie d'en faire plus, d'en voir plus, d'en vivre plus. De reprendre ma liberté. D'arrêter de travailler au mois de juin. Et de repartir en septembre. Parce que l'Amérique du Sud me donne envie. Parce que je n'ai pas encore d'attaches. Parce que je n'ai pas de prêt sur la tête qui me mettrait une barrière mentale. Parce que je n'ai pas encore passé le concours qui me donnerait accès aux lettres CDI (encore une barrière mentale).

 

Tant pis, ça confirmera le fossé qui me sépare des gens de mon âge, de mes ami-e-s, de ceux dont on dit qu '« ils avancent dans la vie », le triptyque maison-mariage-enfant. Le fossé devient peu à peu un gouffre, parce que nos vies ne se ressemblent plus, et qu'elles se ressemblent encore moins si j'arrête de travailler quelque temps. Mais j'ai besoin d'un nouveau gros voyage. Un dernier. Allez, un tout petit. Avant mes 30 ans. Quoi, j'ai 31 ans ? J'avais dit de me poser à 30 ans ? Allons, c'était juste une idée ! Trouver une fille ? Avec plaisir ! Mais l'Amérique du Sud, avouez que ça donne envie ! Peut-être même que ça vous donne envie aussi, et que vous allez me rejoindre pour quelques jours, quelques semaines. Que vous prendrez la liberté de le faire.

 

Et, un jour, je me poserai. Enfin, je crois. C'est le modèle qu'on m'a donné en tout cas. Et quelqu'un finira bien par m'y convaincre. Et j'abandonnerai un peu de ma liberté... mais seulement pour une prison d'amour et sa belle geôlière !

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