18 février 2019 1 18 /02 /février /2019 18:28

C'est l'histoire d'un collier. Chaque matin, je le mets autour de mon cou. Et, chaque soir, je le défais. Cela, depuis une bonne quinzaine d'années. C'est devenu un rituel, un réflexe, une habitude. Souvent, quand je quitte un lieu, je touche ce collier, pour vérifier que je ne l'ai pas oublié. Je joue parfois avec. Et je l'embrasse à chaque fois que je suis dans un avion (à mon grand embarras d'ailleurs!). Qu'y-a-t-il aujourd'hui sur celui-ci ? Je vais procéder par ordre chronologique d'acquisition.

Ma religion

Le premier médaillon est un petit ange, pensif, le bras se touchant le menton. C'est l'un de ceux qui pose le plus de questions, car il détonne avec le reste. Il faut voir la face arrière pour bien le comprendre : « Jeremy 15-4-87 ». C'est ma médaille de baptême. Je ne sais même plus moi-même qui me l'a offerte (en même temps, je n'avais que quelques mois, c'est normal que ma mémoire me joue des tours!). Qu'est-ce qu'elle représente pour moi aujourd'hui ? Un rappel, une origine : je suis né dans une famille chrétienne, catholique.

 

 

Le second est une croix. Je pense que beaucoup d'entre-vous connaissent ce symbole de la chrétienté, provenant essentiellement de Jésus cloué sur la croix (quoique la croix soit un symbole plus ancien). C'est pour moi le symbole des catholiques et des protestants.

 

La main de Fatma. Egalement appelée Khamsa, elle se retrouve beaucoup en Afrique du Nord, notamment chez les berbères. C'est un symbole des musulmans, notamment chiites, quoiqu'on puisse aussi la retrouver chez les sunnites, les soufis, mais aussi chez les Juifs (main de Myriam). A titre personnel, je l'ai toujours décrit comme un symbole musulman (j'apprends des choses au fur et à mesure de l'écriture de cet article !)

 

L'étoile de David. Cadeau de mes amis d'université alors que je la cherchais (j'avais déjà les précédentes), elle représente pour moi la religion juive. Ce symbole est pourtant multiple, puisqu'il peut représenter à la fois les 6 jours de la semaine, les 12 tribus d'Israël, mais aussi Brahma chez les Hindous, ou encore le symbole de l'homme et de la femme... Bref, y'en a pour tout le monde !

 

La croix orthodoxe. Souvenir d'un périple à Saint-Pétersbourg, cette croix est une variante orthodoxe de la croix catholique et protestante. La première petite barre horizontale du haut est un rappel de la pancarte affichée par Ponce-Pilate (INRI, Jésus le Nazaréen, le rois des Juifs), tandis que la barre horizontale du bas symbolise le bon larron, à savoir le crucifié qui était à côté de Jésus et qui se repentit de ses pêchés.

 

La yin et le yang. Achat plus tardif, du côté de la Malaisie, il représente pour moi le taoïsme. Le Yin, en noir, évoque le principe féminin, la lune, l'obscurité, la fraîcheur, la réceptivité... Le Yang quant à lui (laissant apparaître le fond blanc), représente entre autres le principe masculin, le soleil, la luminosité, la chaleur... Le Yin représente le fait de recevoir quand le Yang permet de donner. C'est peut-être le signe qui me correspond le mieux, avec son idée de balance, d'équilibre. Ne pas tomber dans l'extrême, d'un côté ou de l'autre.

 

La svastika. Ohoh. Là, j'ai hésité quelque temps avant de l'acheter. Mais, à cette époque là, j'étais en couple avec une Allemande. Et c'est elle qui m'a dit : « ce n'est pas le signe d'Hitler, Hitler l'a volé ». Et nous avons donc décidé de refuser la recel nazi sur un signe très ancien, et très apprécié dans la culture asiatique (je l'ai très souvent rencontré en voyage). Là aussi la signification est multiple : l'éternité, le nirvana, l'esprit de Bouddha pour les différentes cultures bouddhistes, Ganesh chez les Hindous, ou les maîtres dans le jaïnisme. Pour moi, c'est le symbole le plus fort, car il témoigne de l'utilisation des symboles par d'autres, pour le meilleur et pour le pire. De l'autre côté, au revers de cette médaille, il y a aussi un portrait de Bouddha, ce qui me permettra le jour où je serai arrêté par la police, de justifier mon médaillon et de ne pas finir en prison pour apologie du troisième Reich !

 

Au final, à quoi ça sert tout ça ? A lancer une conversation sur la religion à chaque fois que quelqu'un me demande ce que ça représente, à coup sûr ! Mais aussi de me rappeler à moi-même qu'il faut respecter les croyances des autres. J'ai un peu tendance depuis quelques années à tourner vers l'anti-religion, au point d'avoir réfléchi à me faire débaptiser (j'en reparlerai un jour). Les religions, je crois souvent, sont plus la cause de problèmes terrestres que de réussites pour la paix. Une mauvaise utilisation en est faite, ce qui me met tout colère. De là à vouloir interdire toutes les religions, il y a un pas que je ne franchirai pas, grâce à ce collier. Celui-ci me servira aussi, un jour, peut-être, alors que j'arriverai devant le bon Dieu : « regarde mec, je les ai toutes, sûr qu'il y a la bonne dedans ! ».

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