16 octobre 2019 3 16 /10 /octobre /2019 22:30

Pour traverser la frontière péruviano-chilienne nous devons prendre un bus vers Tacna, avant de rejoindre Arica. Et tout d´un coup nous sommes les seuls touristes du bus ! Nous quittons la foule un temps, alors que nous traversons de longues étendues désertiques. Arica était une ville péruvienne il y a 150 ans. Le Chili a envahi la zone (bien aidé par les Anglais toujours fourrés dans les mauvais coups) alors que du salpêtre venait d'être découvert en grande quantité dans la région... De manière générale c'est tout le nord du Chili qui ne lui appartenait pas, car la partie un peu plus au Sud appartenait à la Bolivie (et ça râle toujours à la Paz pour récupérer un accès à l´océan !)

Toujours est-il qu´aujourd'hui ce sont des drapeaux chiliens qui flottent sur les maisons (en grande quantité d´ailleurs !), et en haut de la colline surplombant la ville (et quel drapeau ! le plus grand que j´aie jamais vu je pense !) (à gauche)

Arica, la porte du Chili

Cette colline est d'ailleurs l´une des grandes victoires du Chili lors de sa guerre du Pacifique : les Péruviens avaient braqué tous les canons sur la côte et le nord.... les Chiliens sont passés par l´est de la colline ! (les Péruviens n'étaient apparemment pas des pros de la stratégie !) Arica offre assez peu aux touristes que nous sommes hormis un front de mer et un port encombré de camions boliviens. La ville est connue pour être celle de l´éternel printemps (il n´a pas plu entre 1903 et 1918 par exemple !) De nuit, c'est toujours sympa une ville éclairée... (oui, je sais, la planète aime moins !).

Arica, la porte du Chili

Si nous nous sommes arrêtés à Arica, c´est parce que nous avons un contact là-bas : le fils d´une copine décédée de la grand-mère du copain de ma soeur (vous suivez ?!). Il s'appelle Eduardo, et c´est un sacré pistolet ! (je hais la personne qui m´a mis cette expression en tête !). Il nous fera rêver : Pinochet ? Bah, "moi j´ai pas eu de problème avec !". Plutôt très ancré à droite, notre Eduardo a l´air dubitatif sur l´arrivée de Noirs en ville, et nous fout carrément la honte lorsqu'il met sa musique à fond dans la voiture, vitre ouverte, pour couvrir le son d´une violoniste de rue. Et pour le chat... non, je ne vous raconte pas.

Et pourtant le bougre est attachant quand il nous ouvre les portes de sa demeure et qu´il nous fait le plus gros barbecue que j´ai vu dans ma vie (500 grammes de boeuf dans l'assiette !). Il nous raconte sa vie ici, ses voyages (ah la Russie en 1995...), ses souvenirs du communisme, ses origines allemandes et indiennes... Il nous emmène à Anzota, à quelques kilomètres du centre-ville pour observer les grottes à flanc d´océan, entourées d´immenses falaises, tandis que des peintures préhistoriques sont difficilement visibles. Au loin les oiseaux migrateurs foncent plein sud (nous aussi !) tandis que des espèces de phoques ou lions de mer se prélassent au soleil. Eduardo s´occupe en ramassant du caca d´oiseaux pour son jardin.

Arica, la porte du Chili
Arica, la porte du Chili
Arica, la porte du Chili
Arica, la porte du Chili

Il est un peu triste que nous ne restions qu´une journée, et il nous le dit à sa manière : "si j´avais su, je n´aurais pas nettoyé la maison !". Un sacré pistolet.

4ème Christ rédempteur en 14 mois... faut arrêter les gars !

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