26 novembre 2019 2 26 /11 /novembre /2019 13:45

« Oh non, pas ça, pas aujourd’hui, pas maintenant, pas après tout ce que tu as fait ».

Il m’a fallu du temps pour m’inscrire. Limite ça me dégoûtait. Quoi que, il y avait aussi une certaine curiosité, à l’époque où j’étais en couple… Je regardais certains de mes ami-e-s y trouver l’amour, ou parfois juste la personne d’un soir ou d’une semaine. Quand on est en couple, on a parfois tendance à idéaliser la vie des célibataires (ah les salauds ils peuvent sortir jusqu’au bout de la nuit, ah les salauds ils ont l’air de s’amuser, ah les salauds, ils font vraiment les salauds !). Et puis, une fois célibataire, après quelques mois, tu idéalises à nouveau le couple (ah les salauds ils ont l’air bien ensemble, ah les salauds ils ne connaissent pas la solitude, ah les salauds, ils s’aiment). Et nous sommes bien d’accords, nous nous trompons dans les deux cas : la vie de célibataire ou de couple n’est jamais parfaite !

Toujours est-il que des amies (essentiellement des filles) étaient inscrites sur ce site de rencontre. Si elles y sont, c’est que d’autres gens bien y sont aussi. Mais… merde quand même ! Moi je voulais raconter à mes enfants (oui je parle beaucoup d’enfants en ce moment, c’est pas ma faute, j’en croise toujours chez les autres !) une belle histoire, quelque chose de romantique… J’ai déjà rencontré une copine dans un train, une autre dans un aéroport, j’imaginais bien la suivante dans une fusée, minimum ! (« et elle te montrerait sa lune ! ah ah » NON MAIS OH ! TOI, tu sors !)

J’ai quitté la Guyane et Kourou depuis quelques mois, et force est de constater que je ne suis pas revenu en couple. Alors je me suis réinscrit il y a quelques jours sur un site de rencontre. L’occasion de voir de nouvelles têtes féminines quand mon réseau semble bloqué (c’est loin la fac, où tu rencontres des nouvelles personnes chaque jour !). Je suis dubitatif sur le fonctionnement, clairement. Pour ceux qui ne connaissent pas, je vous explique : ce site fait passer les hommes pour des produits, et les femmes pour des consommatrices. Elles ont le pouvoir de nous mettre dans leur « panier », ce qui permet ensuite aux hommes de pouvoir discuter avec elles. Si elles refusent les charmes que nous envoyons, c’est impossible pour un garçon de leur parler. En soi, je comprends la logique d’éviter le harcèlement des filles (qui semblent commun sur les sites). J’avoue que le côté marchant m’embête beaucoup plus… je ne suis pas un produit à consommer bon sang ! Alors payer 30 euros pour un mois, juste pour pouvoir envoyer des charmes… très peu pour moi !  J’ai donc fait mon radin (étonnant, je sais) : j’ai fait un profil, j’ai mis une adresse mail, et j’ai dit aux filles « contactez moi par mail, car refusant de payer pour discuter je ne peux pas lire vos messages sur le site ». Je ne sais pas trop si ça allait fonctionner… et surprise, ça marche ! J’ai eu 4 rendez-vous il y a 3 ans de cela, lors de ma première inscription, et un cette semaine. Allez, je vous les raconte, car c’est parfois très marrant !

 

La première, c’était à Saint-Omer. Cette fille, que l’on appellera Micheline, est très sympa. On boit un verre, on parle de voyage, de rap, de cinéma. Mais Micheline ne me plaît pas vraiment physiquement. C’est dur, mais c’est ainsi… je ne donne pas suite.

La seconde est une calaisienne. Plutôt jolie, mais moins sympa ! Pas très souriante, j’ai l’impression que je ne lui plais pas. Soit, ça arrive dans les deux sens ! Elle m’explique qu’elle vit encore avec son ex-copain. Euh, bon, ça ne va donc pas fonctionner !

Ces deux rendez-vous à Saint-Omer m’ennuient un peu par leur format. Boire un verre avec une fille, dans une ville où tu croises à chaque fois quelqu’un que tu connais, c’est un peu bizarre (et ça risque vite de me faire une réputation « mais si, tu sais, le mec qui vient ici avec une meuf différente à chaque fois » !). Je décide de fuir pour les deux suivants !

Direction Tournai pour Noémie. C’est une lilloise. Petit hic, elle a 20 ans. Oui, une dizaine de moins que moi… et elle a un petit lapin qu’elle « considère comme [s]on fils ». Lol. L’après-midi est charmant, mais la différence d’âge est cruelle, impossible dans ces conditions d’imaginer quoi que ce soit.

Bien sûr, je vous ai gardé la meilleure histoire pour la fin : on l’appellera Rosetta. Après quelques mails nous convenons d’un rendez-vous pour les journées du Patrimoine à Douai, au musée archéologique. C’est pas forcément pratique pour discuter, mais ça donne un sujet de conversation au cas où ! (rien de pire que de ne rien avoir à se dire !). Nous nous posons à l’extérieur. Je suis un peu embêté par ses genoux, qui sont originaux (oui, je suis bizarre !). Mais, après quelques minutes de conversation, j’ai surtout un énorme problème de conscience. Voyez-vous, elle me parle, en me regardant dans les yeux. Logique. Je l’écoute, en faisant plutôt de même. Mais c’est son problème de débardeur qui me gêne : la bretelle s’affaisse. A plusieurs reprises. Et, à chaque fois, je vois un sein…

J’hésite. Sois je lui dis « Couvrez ce sein que je ne saurais voir », en mode tartufferie. Sois je ne dis rien, pour éviter de la mettre mal à l’aise. Problème : là, c’est moi qui suis mal à l’aise. Car, bien élevé que je suis, j’évite de bloquer sur son sein. Mais celui-ci me dit « coucou toi ! » toutes les cinq minutes. Je la regarde avec force dans les yeux, ayant des difficultés à suivre la conversation (car mon cerveau me répète « regarde ! » « non ne regarde pas ! » « regarde ça ne fait pas de mal » « tais-toi petit diable, écoute moi le petit ange ! »). Et, à la fin du rendez-vous, je prends la décision de ne pas la revoir. C’est que je me voyais mal raconter à mes futurs enfants : « oh, votre mère, je l’ai rencontré dans un musée, où elle m’a directement montré son nichon gauche ! ». Je voulais une histoire romantique j’ai dit !

 

Bon, cette histoire a bien fait rire mes ami-e-s, mais le bilan est terne : quatre rendez-vous, zéro coup de cœur. Combien en faudra-t-il ? Je décide peu après de partir en Guyane, etc. etc. (je ne vous raconte pas ma vie [sic !]) et me voici de retour à Lille. A peine rentré que dans le train je reçois un sms d’une fille qui m’avait écrit il y a deux ans, grâce à Adopte. Fou. Je me dis alors « allez, on persévère ! ». Et me voici réinscrit, avec un rendez-vous ce week-end. Pour une fois, je trouve la fille à la fois jolie et intéressante ! J’irai pas jusqu’au coup de cœur mais je la relance pour un second rendez-vous ! Victoire ! …. Euh, non en fait, car cette fois c’est elle qui n’a pas eu de coup de cœur ! Décidément, la vie est mal faite !

 

Je me dis souvent « ah quoi bon ? » (faut que j’arrête !). Alors à quoi bon rester sur ce site ? Les rencontres ne sont pas très naturelles, et c’est très loin de mon idéal… oui, mais les chiffres sont là : je suis allé à deux mariage cet été, et les deux ont été rendus possibles par Internet. C’est ainsi, nous sommes au XXIème siècle, et ça devient un moyen de plus en plus courant.

Néanmoins je préférerai raconter quelque chose de différent. Et c’est là où mon idée germe depuis quelques mois : et si c’était vous qui me présentiez ma future copine ? Oui, toi, qui me lis en ce moment ! Tu connais une fille célibataire très sympa. Elle a plus de 18 ans et moins de 65 ? (bon, dans l’idéal vaut mieux entre 25 et 35 hein !) Ce n’est pas ton amie chelou ? (on a tous un-e ami-e chelou, hein Pierre !) Et tu penses qu’on pourrait bien s’entendre. Super ! Car tu me connais ! Oui, tu me connais, même si on ne s’est pas vu depuis 10 ans ! Si tu lis mon blog une fois de temps en temps tu connais mon style de vie. Si tu me présentes ta copine qui n’aime pas sortir de chez elle et qui vote FN à chaque élection, tu conviendras que ça risque d’être difficile ! Mais si tu penses à quelqu’un, ta sœur, ta cousine (non, ne le prends pas personnellement Romain !), ta bonne copine, ta voisine, ta mère (t’es sûre ?!), et bien n’hésite pas à m’écrire. Car, dans dix ans, je pourrais porter un toast le jour de mon mariage (qui n’aura sans doute pas lieu, mais c’est pour l’histoire !), et je me tournerai vers toi en disant « merci, grâce à toi ma vie rayonne, tu m’as permis de connaître mon plus bel amour, celui qui a porté et élève avec moi les enfants, et qui rend chaque jour de mon existence merveilleux. C'est quand même fou que ce soit ta mère ! ».

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