15 septembre 2020 2 15 /09 /septembre /2020 07:19

Ça a commencé avec ce blog, il est donc normal que cela se termine ici. 159 pages. 64 150 mots. Près de 382 000 caractères. Il est terminé. C'est son faire-part de naissance.

Écrire un livre

A la base, je voulais écrire un article de blog sur l'histoire du village. Et améliorer la page wikipedia. Puis je me suis rendu compte qu'il y a avait un peu trop à dire, et que ça ne tiendrait pas. Alors j'ai découpé mon article en deux. Et, lentement, au rythme de mes visites à la mairie de Tilques ou aux archives départementales d'Arras, j'ai compris. Il en faudra plus. Je me suis lancé.

 

Et alors que le confinement arrêta beaucoup de choses sur Terre, il me permit de trouver un rythme de travail. Écrire, chaque jour ou presque, pendant plusieurs heures. Analyser mes archives, recouper mes informations, téléphoner quand j'avais des manques, lire chaque page de la presse locale. Internet fut une bénédiction. Et plus j'en trouvais, et plus je voyais d'autres choses à trouver. Plus j'interviewais des Tilquois.es, plus on me donnait les contacts d'autres Tilquois.es qui pourraient me renseigner.

 

J'ai pris énormément de plaisir à faire ce livre. A rencontrer les habitant.e.s, notamment les plus ancien.ne.s. Les écouter, c'était entrer dans le livre de leur vie. Rien n'était plus passionnant. J'ai arpenté à nouveau toutes les rues, et même tous les canaux. J'ai recontacté des gens que je n'avais parfois pas vus depuis deux dizaines d'années.

 

Et j'ai appris. Tellement. Désormais, quand je me balade dans Tilques, je vois un petit peu tout différemment. Quand je regarde son château le plus connu, j'imagine la vie des séminaristes après-guerre, je me demande comment étaient logés les Allemands, je m'interroge sur la famille Taffin qui possédait ce château au cours de la période moderne. Quand je regarde l'école du village, j'imagine les classes des garçons et des filles séparées, ou alors celles et ceux qui ont eu les cours dispensés par des religieuses. Je vois des distilleries, des brasseries et des cabarets à tous les coins de rue, j'entends la J.S.T. jouer au football, les pompiers sonner le tocsin et la clique défiler. Les agriculteurs sont au pousse-pousse ou derrière le cheval, les soldats canadiens surveillent sur le toit de l'église, l'abbé veille au salut de ses fidèles. Un petit Intervillages pour animer le dimanche, une joute sera organisée dans le marais, on finira par une session de théâtre.

 

Ce village, je l'ai dans les veines, plus que je ne le pensais. C'est chez moi. Mes souvenirs d'enfance, bons ou mauvais, y sont gravés. Je paierais cher pour revoir les parties de football que j'y ai jouées, chez les copains, sur le terrain ou dans la cour de récré. Je voudrais bien avoir une trace de mes cabanes ou pouvoir analyser ma tête lors de mon premier baiser. J'ai grandi, je suis devenu homme, je suis parti, souvent, loin. Et je suis revenu, toujours.

C'est sans doute un peu cocasse d'avoir écrit ce livre quelques mois après le déménagement familial. C'était peut-être le déclic. Il fallait laisser quelque chose de notre venue.

 

La suite ? Je vais démarrer les souscriptions dans la semaine, les visites à la presse locale, faire marcher le bouche à oreille. Car écrire un livre qui n'est pas lu, cela n'a pas d'intérêt. Et, quand j'en saurais un peu plus du nombre de lecteurs potentiels, je passerai à l'étape de l'impression.

Je voudrais aussi faire d'autres choses, comme une petite randonnée historique un dimanche, ou même créer une section histoire dans le foyer rural afin de prolonger tout ça. Car rien n'est parfait, et l'histoire du village est constamment à écrire. Il y aurait encore des habitant.e.s à rencontrer, des instants de vie à écouter, des documents à consulter. L'histoire ne s'arrête jamais.

 

Enfin, ce livre me prouve que je suis capable d'écrire. Il y en aura d'autres.

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