31 octobre 2020 6 31 /10 /octobre /2020 16:07

Dehors c'est gris. Tellement calme qu'on arriverait à entendre les feuilles tomber. Ça et là une voiture rappelle que la vie existe encore, un peu. C'est reparti pour quatre semaines.

 

Difficile d'exprimer clairement ce que je ressens. D'un côté, je fais partie de ces gens qui ont su apprécier le premier confinement, qui ont été capable de l'utiliser, et d'en ressortir avec quelque chose. De l'autre, mon livre sur Tilques est terminé, et j'avais déjà cette impression de grand vide avant même que le confinement ne commence. La dernière fois, le soleil brillait, et j'étais 3. Aujourd'hui, l'automne est là, et je suis seul.

Et maintenant, que fait-on ?


Aujourd'hui j'ai envie de grands espaces. J'irai bien randonner en montagne. Respirer le grand air, scruter l'horizon lointain, ressentir la nature. J'ai envie d'extérieur. C'est con. Car mon horizon actuel s'arrête à des murs, et le ciel paraît si bas que j'ai parfois l'impression qu'il touche mon sapin. Il fait sombre.
 

Vivre avec la maladie. Hier, j'ai appris que je serai remplaçant dans un lycée. 45 minutes de route, du lundi au samedi midi. 4 niveaux. J'observe la charge de travail, et j'ai peur. Jusque là, j'étais libre de mon temps. Je faisais ce qu'il me plaisait. Je sortais quand je voulais sortir. Désormais, je sortirai pour travailler. Et je rentrerai... pour travailler. Drôle de vie tout de même.

Dans le même temps, ce travail va me permettre de voir du monde, d'instruire des enfants, et de contribuer, un peu, à mon niveau, au progrès. Le professeur que je remplace est atteint d'un cancer. Clairement, en comparaison, je n'ai pas de problème.


C'est l'attente qui est compliquée. Surtout quand tu ne vois pas le bout du tunnel. Si on me dit « sois patient, c'est fini dans deux mois », je le serai. Si on me dit « sois patient, ça va peut-être durer deux ans », c'est plus compliqué. Le sacrifice du temps ? Très peu pour moi. La vie est déjà courte et j'ai une liste de rêves longue comme le bras à accomplir.


La vie d'avant me manque. Je veux aller chanter, crier, hurler sur une piste de danse avec des copains. Je veux faire la bise à ma grand-mère. Je veux jouer au foot. Je veux rire avec les gens, et parler d'autres choses que de l'actualité morbide. Il paraît que nous sommes en guerre. Mais moi, j'aime pas la guerre.

Voyageur à quai
Partager cet article
Repost0

commentaires

Plus De Blogs