19 février 2021 5 19 /02 /février /2021 20:25

20h45. J'ouvre la porte. Le silence, assourdissant. Pas âme qui vive. J'ai envie de prendre l'air. Littéralement. Respirer. J'irai bien marcher. Me balader en ville. Voir les monuments éclairés. Passer devant un bar. Entendre un éclat de rire. Ou de la musique en fond sonore, imaginez, un live ! Woh, ce serait bien. Un bon petit concert d'un groupe d'adolescents boutonneux plagiant du rock anglais. Je referme la porte. Et ma pensée.

 

J'ai de la chance, mes quatre murs sont assez éloignés les uns des autres, et le plafond est haut. J'ai « de l'espace, de la luminosité », c'est comme ça que la vendeuse de l'agence m'a vendu l'appart. N'empêche qu'un an va bientôt sonner à l'horloge du COVID, et c'est un an qu'on ne retrouvera pas. J'ai mon globe terrestre qui trône au centre de la bibliothèque, il me nargue, je le vois bien, avec tous ces pays qui me font de l’œil. Je les aurai un jour, je les aurai.

Mais quand ? Honnêtement, j'imaginais 2021 plus clair, plus facile que 2020. Deux mois compliqués au départ, et ensuite on reprendrait la vie d'avant. Aujourd'hui, j'ai l'impression que plus personne n'espère reprendre cette vie là avant... l'automne ! Ou même 2022.

C'est con, j'avais des projets. On en avait tous d'ailleurs. Là, logiquement, demain, je pars à la Réunion. J'avais mon ticket, j'avais les copains là-bas, et j'avais soif de randonnée. Bref, le plan parfait. Sauf que demain j'irai un peu moins loin, un peu moins haut. Pas d'envol, les pieds sur terre, ma bonne vieille métropole.

 

« Faut pas se plaindre, il y a pire que nous ». Mais est-ce que j'ai vraiment envie, ce soir, de me comparer au pire ? Et si, aujourd'hui, je me comparais au meilleur de ce que la vie peut nous offrir ? Et bien le bilan n'est pas fameux ! Je me lève, je vais bosser, je rentre, je n'ai pas le droit de sortir le soir (et un soir qui commence à 18h c'est vachement tôt!). Alors je bosse un peu plus, et je vais me coucher. Et le lendemain, rebelote. Quelle vie de merde. Moi qui passais mon temps à rappeler aux gens qu'il n'y avait pas que le boulot dans la vie, me voici pris au piège !

 

Je réouvre la porte. Hum. J'hésite. Je marche 50 mètres à gauche, 50 mètres à droite. Je rentre. Je me dis qu'à la campagne je pourrais au moins faire le tour du patelin.

Liberté chérie, tu me manques. Je veux bien que ce soit pour le bien collectif, que les sacrifices ne sont pas vain. Mais un an quand même. J'ai essayé d'en faire quelque chose, mais je viens petit à petit à bout de mes idées. C'est que, vois-tu, j'ai besoin d'espace. De grands espaces. Et de projets, de grands projets. Sans ça, je m'ennuie. Et, surtout, je me vois vieillir.

 

Il y a dix jours, j'ai joué au football. C'était formidable, ça faisait quatre mois que ça n'était pas arrivé. On était 3, des un contre un sur un but, un terrain bien pourri, un ballon dégonflé, on surveillait le chien quand on dribblait... mais bon sang, du foot ! Quel bonheur ! Sauf que le lundi après-midi j'ai eu mal aux jambes. Et le mardi.

C'est ça, 33 ans. Dès que tu arrêtes le sport pendant plusieurs semaines tu souffres lors de la reprise. Et ça ne va pas s'améliorer. Alors, mon petit COVID, tu comprends que tu commences à sérieusement m'emmerder ! C'est que je veux jouer au foot pour mes dernières années où j'ai l'impression d'être encore à peu près compétitif. Et je veux voyager comme je l'entends, où je veux, quand je veux, rencontrer du monde, aller faire la fête, danser et chanter, vivre bordel ! Et là, depuis plusieurs mois, tu m'as enfermé entre quatre murs. J'en ai marre de ces murs. Je veux voir la mer. Entendre le bruit des vagues. Ce silence me fatigue.

 

Alors j'ouvre la porte.

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