19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 04:00

Voulez-vous que je débute à nouveau mon article par un voyage en train ? Promis, c’est la dernière fois ! Oulan-Bator-Pékin, une trentaine d’heures supplémentaires à bord d’un train mythique. C’est la fin du transmanchourien, la fin de la ligne qui part depuis Moscou et qui relie, en sept jours, Pékin.

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Nul doute que, dans ce train, vous trouverez des choses à redire. Propreté des sanitaires, absence de douche, lit peu confortable, bruit… Mais les amoureux des expéditions ferroviaires n’y verront que les paysages traversés, les personnes rencontrées, les mets partagés. Ce train est une aventure en soi, et nombreux sont les globe-trotteurs qui l’empruntent. J’y ai rencontré mes nouveaux compagnons de voyage : Evi et Alba.

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Au départ, ils étaient 3, avec David, un Allemand. Les filles ne s’entendaient pas avec lui, surtout Evi, de ce fait leurs chemins se séparent à Pékin. De mon côté, je n’avais pas de problème avec le monsieur et son départ change considérablement la donne. Alors que j’ai préparé mon voyage seul, je me retrouve en petit groupe. Il y a des points négatifs, et pas des moindres : je dois maintenant négocier chaque jour du périple, chaque chemin emprunté, chaque pays traversé. Attention, nous n’avons pas d’obligation, si l’un de nous veut continuer seul, il peut le faire. Cependant, nous nous entendons bien et il est vrai que le partage des découvertes vaut le coup de perdre un peu de sa liberté.

 

A Pékin, nous dormons en auberge la première nuit avant de couchsurfer chez Emma, une Espagnole.

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Première chose que je découvre à Pékin : la pollution ! Ah oui, quand même…(sur la photo, il y a officiellement "ciel bleu" sur Pekin)

Le soleil est présent, mais caché par un épais brouillard, le smog . Celui de Pékin a le droit à une photo magnifique sur Wikipédia. L’air est respirable mais ma gorge tire un peu en fin de journée. Le prochain plan quinquennal du parti communiste chinois met justement l’accent sur la préservation de l’environnement… il y a de la marge.

Niveau propreté justement, la ville est clean (poubelles et recyclables un peu partout, scooters électriques, métro dernière génération…bien que certaines odeurs parfois nous obligent à respirer dans nos vêtements) mais le comportement des autochtones risque de vous choquer. A chaque coin de rue on peut entendre quelqu’un chercher bien au fond de sa gorge « grrrrrrrruk » et cracher un beau paquet. Et c’est vraiment à tous les coins de rues, je n’exagère pas. Les filles et moi avons beaucoup de difficulté à nous habituer à cette coutume. Je passe les rototos et le petit prout, il semble que le Chinois n’aime pas les bonnes manières.

 

Deuxième chose qui me saute aux yeux : Pékin est une ville anglaise ! Non, non, je ne confonds pas avec Hong Kong. Tous les panneaux de direction, toutes les annonces du métro, toutes les pubs, les menus des restaurants et j’en passe sont écrits en chinois ET en anglais. L’effet Jeux Olympiques. Les habitants sont d’accord sur ce point, Pékin s’est littéralement transformé pour les J.O. et depuis les choses continuent à la même vitesse ! Les jeunes générations sont de plus en plus bilingues et le gouvernement encourage l’apprentissage de l’anglais dès 3 ans. A ce rythme-là, ils sont capables de prendre l’anglais pour langue officielle dans une génération.

 

Très vite nous nous baladons dans les Hutongs, les petites rues de Pékin. L’atmosphère y est chaleureuse, les rues sont éclairées de petites lanternes rougeâtres. Beaucoup de monde, beaucoup de petits restaurants, beaucoup de Chinois, parfois trop (bon, ils sont 1,3 milliard, il faut bien les mettre quelque part). C’est la Chine telle que je l’imaginais. Ses odeurs, ses saveurs.

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La Cité Interdite. Interdite, plus vraiment. Un flot de touristes hallucinant, comme j’en ai rarement vu (même Venise était désert en comparaison). Attention, il y a de la place pour mettre tout le monde : le site fait 72 hectares, il y a 9000 chambres, le mur qui entoure la cité fait 3 kilomètres de long pour 10 mètres de haut. A côté, Versailles est un parc pour enfants. Résidence des Ming et des Qing (jusque 1911), c’est devenu un musée sous le nom de Palais Gugong dès 1913. Difficile de s’ennuyer ici, il y a plus d’un million de pièces dans la collection. Il faut aimer. Après près de 4 heures de marche, nous avons lâché prise. Certains disent qu’il faut une semaine pour tout découvrir. A ne pas manquer, assurément.

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A la sortie, il y a la possibilité de grimper sur la tour au nord de la cité, pour le coût modeste de 2 yuans (un euro = 7,5 yuan). La vue est un peu bouchée par la pollutio…. pardon, par l’épais brouillard. Mais c’est ici que l’on se rend compte de l’étendue de la Cité Interdite.

P1010227.JPG On sort de temps en temps. De plus en plus souvent. De plus en plus tard. Forcément, le matin existe de moins en moins. Bon, on s’amuse bien. Rencontre couchsurfing, café avec musique live, quelques jeux (vous pouvez voir l’instant tragique de ma seconde défaite…)

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Oui, le rythme des découvertes de Pékin est peu élevé. Un site par jour. Le troisième jour ce fut le temple de Confucius. Une belle découverte. Plus facile de compréhension que le bouddhisme (ou alors le musée du temple présentait une bien meilleure vulgarisation), le confucianisme règne sur la société chinoise. Confucius était quelqu’un comme vous, comme moi. Pas un Dieu ou un prophète, mais un simple homme qui pensait que savoir était un beau trésor (merci Jean-Jacques). Une philosophie qui m’a plu dès les premières lignes. A étudier plus en profondeur.

A noter que le musée présente quelques lignes qui font un peu l'apologie de la puissance chinoise (« la Chine représentait 33% de la production en 1800, alors que l’ensemble des pays d’Europe 28% et les Etats-Unis 0,8% » ou alors « La Chine fut le pays le plus influent du monde pendant près de 2000 ans »…)

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Au troisième jour, je pris mes jambes à mon cou et m’échappai. Les filles souhaitent faire une deuxième après-midi shopping en trois jours. De mon côté le complexe olympique m’appelle. Le stade olympique (nid d’oiseau selon son surnom affectueux) est assez impressionnant, même si la pollutio… pardon le brouillard empêche n’importe quelle photo décente. L’ensemble du quartier a été aménagé pour la compétition et depuis… bah c’est plus touristique qu’autre chose.

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J’ai très vite été charmé par Pékin. Mais ce qui arrive dans le prochain article…

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commentaires

A


Sympa cet article, ça donne envie d'y partir ! Je ne pensais pas que la pollution était à ce point par contre. J'ai l'impression du coup qu'il y a vraiment un Avant et un Après les JO. C'est
dommage (Enfin je pense que c'est dommage, je n'ai pas assez de détails^^)



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