28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 14:36

alfred hitchcock pr milevEt si on me demandait : qui est le maître du suspense au cinéma ? La réponse serait évidente : Alfred Hitchcock. Un savant mélange d’angoisse et d’humour sombre, des sueurs froides qui s’installent aux pas d’une musique rythmée et saccadée. J’ai mis du temps à découvrir Hitchcock, bien que son nom me fascinait. Il est rentré dans la légende du cinéma, dans le vocabulaire, et si un film est désigné comme « hitchcockien », il faut s’attendre à un chef d’œuvre. Boudé par les Oscars (il n’a jamais remporté le titre de meilleur réalisateur), il fut cependant reconnu très tôt par les réalisateurs de la Nouvelle Vague (voir le livre entretien Hitchcock/Truffaut), et surtout dans son pays natal, l’Angleterre (il devient Sir 4 mois avant sa mort, considéré comme le plus grand réalisateur britannique selon le Daily Telegraph).

 

Pour ses films, je n’ai eu accès qu’à ses films parlants, et de sa période américaine. Les cheveux d’or, les 39 marches ou Chantage seront donc absents (pour une filmographie complète, il faudrait regarder 54 films, dont 2 sont considérés comme définitivement perdus !)

 

Une femme disparaît (1938) : 15/20. Avec Margaret Lockwood, Michael Redgrave, Dame May Whitty.

Dans un train en Europe centrale, Iris Henderson rencontre miss Froy. Celle-ci disparaît ensuite mystérieusement, tandis que l'équipage lui assure que cette dame n'existe pas.

Ambiance d'avant-guerre dans ce film d'espionnage qui traduit son époque et où l'on croit voir des Allemands nazis avant la grande heure. Comme toujours avec Hitchcock, c'est du policier, c'est du suspense, et c'est bien construit. Un plaisir !

Rebecca (1940) : 17/20

alfred hitchcock rebecca pr Milev

 C’est peut-être mon film préféré d’Hitchcock, malgré le fait qu’il soit un peu tombé en désuétude devant "Psychose" ou "Fenêtre sur cour". Un conte gothique, l’histoire d’une morte, Mrs de Winter, qui reste au centre de la vie de son mari, de sa seconde femme (Rebecca) et surtout de sa dévouée gouvernante. Un film sombre, rempli de crainte, brillamment interprété par Judith Anderson et Laurence Olivier. La scène où Mr de Winter avoue ce qu’il ressentait pour sa femme m’a mis sur les fesses. Oscar du meilleur film (le seul), 11 nominations.

 

L'ombre d'un doute (1943) : 14/20. Avec Teresa Wright et Joseph Cotten.

 

Charlie Oakley est poursuivi. Des hommes lui en veulent. Qu'a-t-il fait ? Il est suspecté d'avoir tué des veuves fortunées. Il se réfugie chez sa soeur, où sa nièce l'admire. Mais celle-ci se retourne peu à peu contre lui alors qu'enflent les soupçons. Le film est un bon Hitchcock, laissant du suspense pour savoir si oui ou non Charlie est coupable de l'assassinat. La fin est sanglante. 

 

Les enchaînés (1946) : 12/20 Avec Cary Grant et Ingrid Bergman.

 

Alicia Huberman (Bergman), fille d’un espion nazi, est recrutée par le gouvernement américain pour aller espionner un ami de son père, coupable d’activités suspectes au Brésil (uranium, sujet au centre de l’actualité après Hiroshima et Nagasaki). L’histoire est aussi un amour difficile entre Grant et Bergman. Pas forcément le meilleur Hitchcock, bien qu’encensé par la critique. L’histoire d’amour est un peu trop « gnangnan » et le scénario un peu léger. L’impression que l’on tourne parfois en rond.

 

La corde (1948) : 14,5/20 Avec James Stewart et Farley Granger. Titre original : Rope

 

Hitchcock décide de s’autoproduire pour une histoire de gros sous, et "La corde" fut sa première production. C’est pour moi un chef d’œuvre d’humour noir, très (trop) sombre. Deux jeunes gens décident de tuer un de leurs amis, « pour l’expérience ». Sont ensuite invités à dîner les parents de l’ami, la petite copine et surtout leur ancien professeur (Stewart). Tout le monde dîne sur la table (qui est aussi le corbillard). Réalisation très théâtrale (on ne sort pas de l’appartement, sorte de plan-séquence quasi-continu). Malheureusement tiré d’une histoire vraie (université de Chicago, 1924), le film gêne beaucoup par certains aspects : absence de morale chez le meurtrier, homosexualité suggérée, présence de la pensée de Nietzsche. Il fut interdit en France, en Italie, ainsi que dans plusieurs états américains (interdit aux moins de 21 ans un peu partout).

 

Le crime était presque parfait (1954) : 13,5/20 Avec Grace Kelly et Ray Milland. Titre original : Dial M for murder

 

Tony Wendice (Milland), ex-champion de tennis, s’attend à ce que sa femme (Kelly) le quitte. Peur de se retrouver démuni, seul, il décide d’engager un tueur et de réaliser le crime parfait. Seul problème, c’est le meurtrier qui se retrouve assassiné, et l’assassinée qui se retrouve en position de meurtrière, à essayer de justifier son innocence.

L’histoire, au départ un peu longue, est un exemple de film policier. John Williams (l’inspecteur) fait très Hercule Poirot.

 

Fenêtre sur cour (1954) : 15,5/20 Avec James Stewart et Grace Kelly. Titre original : Rear Window.

 

alfred hitchcock rear window fenetre sur cour stewart kellyLe titre de la nouvelle résume bien le film : ça doit être un crime ! Jeff Jeffries, grand photographe, se retrouve bloqué dans son appartement. Pour s’occuper il observe ses voisins
(syndrome scopophilique !), jusqu’à se retrouver persuadé qu’un crime a été commis. 4 fois nominé aux Oscars. C’est l’un des films hitchcockiens de base : la scène se déroule dans un cadre restreint (appartement), le héros ne peut rien faire (plâtré) et assiste notamment avec angoisse à l’arrivée du meurtrier dans son appartement, alors que Grace Kelly y est toujours. Les gros plans sur le visage de Stewart sont splendides d’un point de vue cinématographique (influence de Fritz Lang ?)

 

La main au collet (1955) : 10,5/20 Avec Cary Grant et Grace Kelly. Titre original : To catch a thief.

 

Ce fut pour moi la plus grande déception d’Hitchcock. Pourtant le choix des acteurs, du pays (la France) et le scénario semblaient tenir la route. Mais il se révèle trop léger, le jeu des acteurs (français notamment) est brouillon (Brigitte Auber en particulier). L’histoire d’un ancien cambrioleur, John Robie (surnommé le chat), accusé à tort de nouveaux cambriolages. Il décide de prouver son innocence en arrêtant le nouveau cambrioleur, aux méthodes similaires. L’histoire d’amour est « gnangnan ».

 

L’homme qui en savait trop (1956) : 15/20 Avec James Stewart et Doris Day. Titre original : The man who knew too much

 

Hitchcock qui fait un remake… d’Hitchcock ! Le film de 1934 était muet, noir et blanc et un beau succès. Le remake est cependant meilleur selon le réalisateur ! Benjamin McKenna (James Stewart) est en vacances avec sa femme et son fils au Maroc. Un espion tente de se lier d’amitié avec eux, avant de se faire assassiner en pleine rue. Ses derniers mots sont pour McKenna, qui se retrouve mêlé à une affaire d’espionnage et d’assassinat où son fils est pris en otage. Le film est très bien dirigé, joué et même chanté puisque c’est ici que Doris Day interprète « Que sera sera », récompensée par l’oscar de la meilleur chanson.

 

Sueurs froides (1958) : 16/20. Avec James Stewart et Kim Novak. Titre original : Vertigo.

 

alfred hitchcock vertigo stewartScottie (Stewart), policier, est atteint de vertige. A la suite de la mort d’un de ses collègues dont il se sent coupable, il quitte la police. Un de ses anciens amis du collège le contacte alors pour une affaire privée, suivre sa femme, qu’il prétend être possédée par Carlotta Valdes, morte il y a de nombreuses années. Le scénario est très fort, peut-être bien le meilleur. Le jeu de Kim Novak est en parfaite adéquation avec James Stewart. L’un de mes coups de cœur, assurément. A noter : la première utilisation du travelling compensé (pour illustrer le vertige de Scottie).

 

La mort aux trousses (1959) : 15/20. Avec Cary Grant et Eva Marie Saint. Titre original : North by Northwest,

 

Sacré Hitchcock ! Avec Cary Grant et la fameuse scène de l’avion ! (devenue classique du cinéma).alfred hitchcock north by northwest grant avion plane la mo

À New York, le publicitaire Roger Thornhill (Grant), pris par hasard pour un certain George Kaplan, est enlevé. Il s'échappe puis tente de prouver son innocence. Chaque tentative l'identifie un peu plus au dénommé George Kaplan au point qu'il est accusé d'un meurtre perpétré aux Nations Unies. Il tombe amoureux de la belle Eve Kendall (Marine, si tu me lis, ton sosie), agent de la CIA, qui traque l'espion Vandamm, pour qui a été imaginé le leurre qu'est Kaplan. A noter l’utilisation du Mont Rushmore dans plusieurs scènes (dans ma Bucket List)

 

Psychose (1960) : 14/20. Avec Anthony Perkins. Titre original : Psycho.

 

alfred hitchcock psycho psychose pr milevLe plus connu, le plus reconnu. Avec l’image de Marion Crane (Janet Leigh) criant dans sa douche. Norman Bates (Perkins), propriétaire du motel où se déroule l’intrigue. Que dire, si ce n’est classique ? Presque obligatoire. Ce n’est pas mon préféré, mais le scénario, le suspense et parfois l’horreur ont fait de ce film le chef d’œuvre du maître. 4 fois nominé aux Oscars.

 

Les Oiseaux (1963): 14,5/20. Avec Tippi Hedren et Rod Taylor. Titre original : Birds.

 

Un Hitchcock mythique et très spécial, véritable film d’horreur, une histoire d'oiseaux qui attaquent sans raison la population de Bodega Bay, allant jusqu'à tuer. L’histoire prit du sens lorsqu’en 1961 une pluie d’oiseaux s’est abattue à Santa Cruz, Californie (intoxication alimentaire d’après une étude de 2011). Film avec plus ou moins d'épouvante, très hitchcockien, il faut aimer le maître. Tippi Hedren, dans le rôle de Mélanie Daniels (par qui tout arrive ?) obtient le Golden Globe de la meilleure révélation.

alfred hitchcock birds les oiseaux pr milev

 

Pour finir cette filmographie, je souhaite revenir sur certains points que je n’ai pas évoqués jusque-là. Tout d’abord Hitchcock a l’habitude de s’immiscer dans ses films, dans des rôles insignifiants, c’est ce qu’on appelle une (un ?) Caméo. Des clins d’œil du réalisateur toujours sympas à découvrir.

Enfin, Hitchcock a développé des belles histoires d’amitié avec certains acteurs. Je choisis James Stewart et Grace Kelly. Stewart (4 collaborations) est peut-être mon acteur préféré de cette période, tandis que Kelly rayonne à chacune de ses apparitions (3 collaborations).

 

Mon classement des réalisateurs (totalement subjectif)

1. Emir Kusturica : 17,08/20 (7 films)

2. David Fincher : 16,28 (9 films)

3. Albert Dupontel : 15,83/20 (6 films)

-. Alejandro González Iñárritu : 15,83 (6 films)

5. Frank Capra : 15,50 (7 films)

6. Billy Wilder : 15,46 (12 films)

7. Xavier Dolan : 15,33 (6 films)

8. Clint Eastwood : 15,25 (10 films)

9. Charlie Chaplin : 15,06 (8 films)

10. Quentin Tarantino : 14,89 (9 films)

11. Stanley Kubrick : 14,82 (11 films)

12. Henri Verneuil : 14,80 (10 films)

11. Les frères Coen : 14,63 (15 films)

14. Sergio Leone : 14,58 (6 films)

15. Alfred Hitchcock : 14,35 (13 films)

16. Jacques Audiard : 14,31 (8 films)

17. Howard Hawks : 14,29 (7 films)

18. George Cukor : 13,95 (10 films)

19. Dany Boon : 13,88 (4 films)

20. Pedro Almodovar : 13,86 (11 films)

21. Steven Spielberg : 13,78 (18 films)

22. Stephen Daldry : 13,75 (4 films)

23. Woody Allen : 13,55 (19 films)

24. Tim Burton : 13,25 (12 films)

25. Wes Anderson : 13 (7 films)

26. Sofia Coppola : 12,9 (5 films)

27. Gus Van Sant : 11,5 (11 films)

 

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