19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 12:10

Le football a véritablement commencé pour moi vers 1996. L'un de mes premiers grands souvenirs est celui des Girondins de Bordeaux emportant le grand Milan AC en coupe UEFA. Je me souviens de Platini aux commentaires Canal, de la frappe de Dugarry pour le troisième but, et moi dans mon salon, fou. Et que dire de Paris-Steaua Bucarest. 1997, Paris perd le match aller 3-0 sur tapis vert. Impossible ? Non monsieur, impossible n'est pas français ! Une première mi-temps de folie, un Raï fantastique, et un 5-0 au final.

Malgré-moi, mes souvenirs restent ceux des victoires impossibles. Les grosses défaites du match aller transformant une équipe, et permettant un match de légende.

 

Alors, ce soir, je serai derrière les Bleus. En espérant justement cette remontée fantastique. Depuis plusieurs jours, semaines, années, on tape sur les Bleus. C'est devenu un sport national. Il faut dire qu'ils se sont donnés le bâton pour se faire battre. Mais ça ne devrait pas nous empêcher de les soutenir pendant chaque match. Je lis un peu partout qu'une nouvelle défaite permettrait la reconstruction de l'équipe en vue de l'Euro 2016, comme la défaite de Bulgarie avait permis la reconstruction pour la victoire de 1998. Pardonnez-moi de répliquer que nous sommes en constante reconstruction depuis 2006, lorsque Zidane est parti (sur un coup de tête), En 2008, après s'être fait sortir piteusement au premier tour de l'Euro, c'était à nouveau l'heure de la reconstruction. Et je n'évoque même pas 2010, avec l'élimination du premier tour et une grève restée dans l'histoire. Alors reconstruire, c'est bien joli, mais avec qui ? Parce que des Platini et des Zidane, il y en a un par génération. On peut encore attendre quinze ans avant de retrouver un tel joueur.

 

J'ai grandi avec une équipe de France quasi-invincible. En 1998, j'avais onze ans, l'âge où l'on commence sérieusement à s'intéresser au football. 1994, ce n'était pas pareil, je n'ai aucun souvenir du match de qualification France-Bulgarie. Je me souviens vaguement de la séance de tirs au but Italie-Brésil en finale, mais à part ça... Et depuis, je regarde la Coupe du Monde en supportant la France. Pas franchement une réussite à chaque fois.
Je me souviens de 2002. J'avais décidé de sécher le cours de physique-chimie pour repartir chez moi voir le match d'ouverture, France-Sénégal. Sans en informer mes parents, bien entendu. J'étais revenu à pied, mon sac sur le dos. Après l'heure de marche, j'étais arrivé au coin de ma rue, attendant que ma mère parte pour le travail pour enfin rentrer à la maison. Et voir en direct une sacré défaite.
En 2006, c'est le souvenir des cafés de Saint-Omer qui me hante. Le but de Vieira face au Togo, le huitième de final face à ces cons d'Espagnols (leur dernière grande défaite en compétition officielle). Et puis Zidane face au Brésil. La finale, chez Ptit Suisse. Le sentiment amer. La ralenti de l'action qui fera tant parler. Le silence dans la pièce. L'incompréhension.
2010, je retiens un mélange de honte et de colère. La Une de l'équipe. La grève. Les Unes de tous les journaux à travers le monde. Même l'équipe de France fait grève, c'est vous dire la passion qu'on a dans ce pays pour ce type de mouvement ! Et puis Saint-Omer, une vuvuzela plus tard, retour à la maison.

Alors 2014, le Brésil, sans la France, franchement, je ne veux pas y croire. Ça serait tellement triste. C'est pour ça que j'y crois encore. Et c'est pour ça que je reste un supporter, malgré les défaites, les déceptions en tout genre ou les fautes de comportement.

 

Que voulez-vous j'ai supporté le PSG pendant les années pré-Qatar. Je sais ce que c'est d'être humilié 4-3 par La Corogne alors que tu gagnes 3-0. Je sais ce que c'est de perdre à domicile contre Sochaux ou Lorient (souvent d'ailleurs). Et je me souviens de ce match hallucinant où Paris doit gagner à Sochaux pour rester en Ligue 1 (ah le doublé de Diané qui condamne les Lensois...). A côté de ça, la France, c'est facile. Une seule victoire, la plus importante de l'année, et on verra le Brésil d'un autre oeil. D'un oeil de supporter.France-Ukraine-2013.jpg 

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commentaires

S

Eh ben on en apprend de belles ! Comment ça, tu séchais les cours pour regarder les matchs ? Bien fait pour toi s'ils ont perdu ce jour là tiens !!!
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