2 août 2009 7 02 /08 /août /2009 09:43

Ce fut un réveil slovaque, cette fois ci. Se réveiller presque chaque matin dans un pays différent est une sensation plutôt singulière, mais on commençait à s'y habituer. Une fois de plus nous délaisserons l'une de nos étapes, la Slovaquie n'aura eu de nous que peu d'intérêt, et fut vite traversée. Nul doute qu'il y a pourtant bien des choses à y voir, et nous nous efforcerons de lui faire honneur par le futur.

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La Pologne nous attend. Entre nous l'atmosphère s'emplit de calme et de sobriété, du fait de notre future destination. Inconsciemment nous restons silencieux, attentifs, voire anxieux. Le camp d'Auschwitz est notre première étape polonaise. Nous n'avons pas hésité longtemps avant de décider de nous y arrêter. Tout savoir et tout connaitre du continent que nous avons traversé était un objectif bien trop ambitieux. Mais commencer à comprendre l'Europe suppose de s'arrêter à Auschwitz. 

Avant cela nous nous arrêtons au premier supermarché rencontré, un Auchan, afin de nous y procurer un nouveau réchaud à gaz, ce qui fut un échec. Nous nous sommes alors contentés de nous rassasier de pain, d'œufs, de fromage et de quelques bananes. Nous n'avions pas vraiment mangé depuis le sacro-saint barbecue de Gargo.


Vers 14h nous parvenons à Auschwitz. Pénétrer dans le camp suppose de passer sous la cynique inscription au portail: « 
Arbeit Macht Frei » (« Le travail rend libre »). D’entrée, l’angoisse prend le pas, même une forme de culpabilité pour moi. Nous décidons de nous séparer pour « visiter » le site.


P1060065.JPGNous nous retrouvons au milieu des touristes, sous le ciel on ne peut plus bleu. Pourtant c’est ici. Auschwitz-Birkenau, camp d’extermination, 1 million d’âmes ont péri ici, massacrés de manière industrielle. Dans les allées, j’observe, je tente de réaliser. C’est difficile. Je tente de me mettre à leur place, rien qu’une seconde, déambulant au milieu des sinistres bâtiments, qui paraissent pourtant sans histoires et sans drames sous l’éblouissante lumière du soleil. Je regarde les autres, tous ces gens venus ici, certains savant pourquoi, d’autres non. Il y a ceux qui restent pantois, déconcertés, et ceux qui s’en foutent. J’en ai vu quelques uns ne pas hésiter à se prendre en photo devant les bâtiments, même devant les fours crématoires, ou les potences…Ecœuré, j’ai du mal à réaliser qu’ils ne comprennent même pas. Pas maintenant, pas de nos jours, avec tout ce qu’on sait… Je pense à ceux qui sont morts ici, s’ils savaient qu’un demi siècle plus tard on se pavanerait sur leurs tombes, censées être un lieu de recueillement, « pour ne jamais oublier », « plus jamais ça ». Ici pourtant règne l’impression que les souvenirs s’érodent déjà, malgré tous les efforts déployés par ceux qui entretiennent le site. En ressortant d’Auschwitz, j’étais doublement miné.P1020959.JPG D’abord pour avoir vu ce qui s’était passé ici, et ensuite pour avoir vu ce qui s’y passait maintenant. Aujourd’hui le devoir de mémoire passe par  la visite du site, qui voit passer de plus en plus d’esprits désabusés, qui n’en ressortent guère affectés par la tragédie humaine qu’ils viennent de voir. L’important est sans doute la photo choc qu’ils pourront montrer à leurs proches. En ressortant d’Auschwitz je craignais que l’histoire ne puisse se répéter, indéfiniment.

 

Nous reprenons la route, direction Cracovie, que nous atteignions en début de soirée. Nous tentons de visiter la ville de nuit, très jolie ville soit dit en passant, mais la fatigue reprend rapidement dessus, et nous cloue au sol au niveau de la grand place, où se jouent divers numéros de cirque.

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J’achète quelques souvenirs, et nous décidons de nous connecter dans un cyber café. Nous quittons Krakow rapidement, vers 22h, afin de trouver un endroit où manger et nous reposer. En Pologne, pays très catholique, les églises sont légions et nous nous posons devant l’un d’elles dans un village pour nous restaurer. La nuit noire veillait sur nous, tout juste atténuée par le faible éclairage public de l’Eglise. Encore un de ces moment de voyage que je n’oublierai pas. Ici la Pologne, après Auschwitz, au pied d’une église, par une chaude nuit d’août…

Lucas

J-3. Oui, je compte comme cela à partir de ce jour, en imaginant ma chère et tendre de l'autre côté de la Baltique. La Pologne est envahie par la France, ou plutôt par les enseignes françaises : Auchan, Carrefour, Peugeot, Renault, Decathlon... Et puis Auschwitz, qui marque, forcément. Cracovie est jolie mais difficile de passer à une atmosphère de fête. Une journée différente, qui vallait le coup d'être faite même si elle jouait sur notre moral.

 

Note de la journée : 16/20.

Jérémy

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