4 août 2012 6 04 /08 /août /2012 05:23

 

Sur les genoux des invités. J’ignore qui, j’ignore quand, mais ce souvenir m’a marqué. Nous sommes chez moi, dans un passé révolu. Je recherche tant bien que mal cette personne qui me file entre les doigts. Pourtant je les connais par cœur, les cachettes. Mais cette fois, elle a fait fort ! C’est finalement les rires de l’assemblée et quelques sourires crispés des collabos qui me firent comprendre la chose. J’avais pourtant jeté un coup d’œil comme je le fais toujours, les genoux au sol, regardant si elle n’était pas sous la table. Elle était en fait à l’intérieur, allongé sur les genoux des invités. Ce fut là, la meilleure cachette de cache-cache dont je me souvienne.

 

Cache-cache. Oui, je suis sûr que nous y avons tous joué, un jour ou un autre. Le jeu détesté des entreprises. Et pour cause, c’est totalement gratuit, rien besoin d’acheter. Peu importe sa classe sociale on peut tous y jouer. Il suffit d’un peu d’imagination.

Moi, les parties de cache-cache me ramènent chez mes grands parents, côté paternel. Il faut dire que le terrain y était propice : très grand, avec beaucoup de bâtiments de l’ancienne ferme. Et surtout, il y avait un champ derrière.

Le champ de blé restera gravé. Son odeur me parcourt encore les narines aujourd’hui, à chaque fois que je longe à vélo l’un de ses congénères. On savait souvent que quelqu’un y était, mais qui ? Car cache-cache, ce n’est pas seulement trouver quelqu’un, c’est citer son nom. Alors on courait à travers le champ, voyant en même temps devant nous bouger les épis. Ce n’était pas le vent, mais ma proie. Que la chasse commence. Tout d’un coup, plus rien ne bouge. Je m’arrête et tend l’oreille, je peux l’entendre marcher lentement, sur les genoux, à travers les épis. Je me rapproche et crie à haute voix le nom du prochain compteur.

 

Cache-cache c’est des règles assez basiques. Une personne compte dans son coin, en se cachant les yeux, jusque 50, 75 ou 100, cela dépend de la maison. Et puis il se met en route. Son objectif, trouver les compères avec qui il jouen.

Au-delà des souvenirs de ma grand-mère j’ai ceux du collège. Non, on ne jouait pas à cache-cache au collège. Pas assez tendance et à la mode pour les adolescents que nous étions. Mais une fois, en plein voyage de classe en Allemagne, quelqu’un eut l’idée. Nous visitions alors un monument avec notre classe, j’ignore un peu quoi. Mais je n’ai pas oublié ce cache-cache et les personnes avec moi. Benjamin D., Rémi D. Alexandre B. Camille B., Romain D… Pourquoi avons-nous commencé ? Je l’ignore. Mais je me souviens que nous ne voulions plus nous arrêter. Et peu importe le regard des filles interloquées, celles que nous tentions pourtant si souvent d’impressionner dans la cour de récré. Nous retombions en enfance, à courir de toutes nos forces pour échapper à celui qui voulait notre peau, celui qui tentait désespérément de croiser notre visage.

 

Mon dernier cache-cache, ce fut à l’université. Oui, nous étions alors de très grands enfants. Dans les bâtiments du CROUS, à 4h du matin, d’étage en étage, de porte en porte. Nous entendions une porte claquée. Etait-ce pour de vrai ou seulement de l’intox ? Le cache-cache avait prit un côté plus tactique, et nos sens affutés écoutèrent avec la plus grande attention chacun des bruit de pas dans les escaliers. Il monte ou il descend ?

Cache-cache c’est avant tout trouver une cachette. Et ce n’est pas facile dans un petit endroit. Chez moi, le grenier était un trésor à cache-cache. Tout servait ! Un bout de mur, un carton dont on s’enfilait, une commode où j’arrivais encore à me faufiler. Et puis dehors, bien sûr, pour le cache-cache de base, qui peut-être éternel. La personne qui cherche fait le tour de la maison. Celles qui se sont cachées l’observent tous ensemble. Et quand le compteur avance de pignon en pignon, les autres font de même, tout en regardant bien derrière eux que l’autre ne force pas l’allure.

J’avoue que peu de jeux d’enfance me donnent autant de sourires et de souvenirs que les cache-cachs. Et si demain on me propose d’y rejouer, je pense que j’accepterai sans hésiter ! cache-cache-jeu.gif

 

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