11 juillet 2009 6 11 /07 /juillet /2009 08:52

Vers 10h et sous un temps gris, la Clio 95 fait son entrée dans la ville de Fussen, en Bavière. Au programme d’aujourd’hui, la visite de la ville dans la matinée, puis des deux châteaux aux alentours.
Nous entrons aujourd’hui dans l’une de nos premières périodes d’austérité. Par exemple, pour bien se mettre dans l’ambiance tour d’Europe, nous nous élançons à la conquête de la ville le ventre vide, le petit déjeuner ayant fait les frais du festin de la veille au soir : une portion de riz avec du kubor… !
C’est donc un sentiment nouveau qui fait son apparition dans la bonne vieille ville de Fussen : celui de la faim qui prime sur tous les autres : profitons-nous pleinement du décor ? Peut être pas, en tout cas pour moi, dont les 5 sens sont mis à disposition de la quête de nourriture. Et puis la chance nous sourit : au détour d’une rue, nous apercevons d’étranges stands avec des mecs jouant de la guitare, chantant, et faisant des gaufres. Romain repère alors que ces gaufres sont distribuées gratuitement aux passants. Le temps de vérifier et nous nous retrouvons avec chacun une gaufre napée de sucre glace dans les mains, gracieusement offerte par des…évangélistes !  Evidemment nous avons droit aux traditionnels discours sur la question divine, et c’est ici la seule fois où mon médiocre niveau d’anglais me sauvera la mise, mon interlocuteur comprenant assez rapidement que je peux difficilement répondre à ses sermons. Je parvins néanmoins à lui faire comprendre mon athéisme relatif, ce qui lui fera dire que Dieu est un gentleman et qu’il est libre à moi de croire en lui. Quoiqu’il en soit, cette gaufre n’en reste pas moins un cadeau du ciel, et c’est l’estomac soulagé que l’on se dirige vers les deux châteaux réputés des alentours : celui  de Hohenschwangau et de Neuschwanstein (ou de la belle au bois dormant).europa tour (9)

Le premier, que l’on pensait moins impressionnant que le second, n’en reste pas moins superbe avec sa couleur ocre, ses statues et fontaines. Mais on file vite vers Neushwanstein, qui fait la réputation du lieu, essuyant entre temps une petite averse. On galère pour s’y rendre en voiture, on décide donc de marcher vers les contreforts de l’édifice situé sur une montagne à pied. Pour cela, on traverse prairies et forêts, franchissons un torrent et grimpons quelques marches. On effectue une bonne partie de la marche seuls, avant de rejoindre la masse des touristes aux abords du batiments. De l’intérieur, celui-ci se révèle certes impressionnant mais sans plus selon mon point de vue, les meilleurs clichés se feront du pont suspendu à proximité, qui se balance à une  bonne cinquantaine de mètres du vide. On y court, et y effectuons notre petite danse caractéristique au milieu des touristes des quatre coins du monde, qui nous regardent d’une manière assez étrange ! S’ils ne savent pas que c’est la France qui vient se déchainer ici, nous tachons de leur faire comprendre par la suite en brandissant fièrement notre drapeau en haut de la colline qui surplombe le château, de sorte que tout le monde puisse nous voir. Pour parvenir à ce point de vue, il nous a fallu sortir des sentiers battus et gravir la montagne. A l’arrivée, la vue est sensationnelle, avec le château et la plaine en arrière plan, alors que la forêt règne tout autour. Ce moment parait certes anodin mais il est une des preuves de notre volonté à éviter à tout prix les rassemblements de touristes et à nous démarquer pour faire autre chose, voir ces lieux différemment que tout le monde. Du moins je l’ai perçu ainsi.
L’après midi touche à sa fin quand nous fimes nos adieux au magnifique château de Neuschwanstein. Direction Regensburg, plus ou moins connu sous le nom de Ratisbonne. Ville de l’est de la Bavière, elle parait être un lieu à voir sur la route de la République Tchèque, notre prochaine conquête. On y arrive sous les coups de 19h30-20h, alors que la faim fait son grand retour dans nos esprits. Regensburg restera connue dans notre jargon comme le  nom d’un symbole, celui de la fin de journée que l’on aimerait ne pas revivre. Dans la ville, soucieux de nous nourrir au plus bas prix, nous tentons une technique découverte par Jérémy lors de son tour de France : demander aux boulangeries leurs invendus, leurs restes, qu’il faudra jeter. On s’essaye sur une sorte de boulangerie ambulante près de la cathédrale, et c’est un cuisant échec, qui expliquera sans doute le fait que nous ne retenterons plus jamais ce genre d’exercice. La visite de la ville, de son pont du 12e siècle qui surplombe le Danube, tout cela valait incontestablement le coup d’œil, mais fut troublé par notre obsession de manger. On reste peut être 1h30 à tout casser dans Ratisbonne, et filons planter la tente (et surtout manger !) au plus près de la frontière tchèque. Je suis pour ma part très enthousiaste à l’idée d’attaquer Prague le lendemain, que je considère comme la première grande étape de ce tour d’Europe tourné vers l’Est fascinant. J’en oublie presque le fait que nous ne mangions que du riz, cela ne fait que rajouter du charme et du mérite à notre périple. Doucement mais surement, l’esprit tour d’Europe vient m’habiter.

 
Lucas


europa tour (10)Füssen reste pour moi une très jolie, très mignonne, avec des rues colorées et un accent bavarois. Les deux châteaux m'ont également marqué, notamment celui de la Belle au bois dormant que j'avais tant vu sur des photos. L'escalade était bien sympa, un peu de sport ne fait pas de mal et quand ça monte, on monte ! Regensbourg fut sans aucun doute l'une des étapes les plus difficiles. Ce fut le première et pendant un long moment, l'unique tentative de demande de nourriture. Un échec dû en grande partie à la langue de Goëthe et à l'aspect caravanier de la boulangerie. De ce fait la ville de la ville fut mauvaise, nous ne profitons pas et pensons à notre estomac. 400 grammes de riz et la République Tchèque qui arrive contribue à nous endormir avec l'espoir d'un jour meilleur.

Note personnelle : 14/20


J.R.


Peu enclin à visiter l'Allemagne, peu enclin à visiter des villes, je pars pour cette journée perplexe. Mais Fussen me semble agréable, la gaufre et la discussion qui s'en suit m'amuse. Les châteaux sont fantastiques, l'un comme l'autre, mais j'apprécie plus particulièrement la visite du 2ème. Fuir la foule. Sortir des sentiers battus. Obtenir un point de vue inaccessible. Quel bonheur. Direction Regensburg, toujours plus nature que citadin, je suis pourtant mes 2 acolytes. En revanche, je serai déçu par notre acceptation de l'échec, et c'est bien plus cela que la faim qui me tiraille l'estomac. Mais Prague approche et j'attends beaucoup de la république tchèque.

Romain

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