22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 15:35

Quoi ? Tu ne bois pas d'alcool ? Mais comment tu fais ?

Si vous êtes régulièrement en ma compagnie, vous avez du remarquer cette question qui m'est traditionnellement posée. Peut-être même que vous un jour vous vous l'êtes posée. Ou alors une autre, tout aussi fréquente : pourquoi ?

 

Répondons aujourd'hui à la première question avec l'exemple de la fête de la musique. Celle-ci est, avec la braderie, une journée de débauche dans Lille. Les cadavres de bouteilles jonchent les rues. Puis ce sont les êtres humains qui se mélangent aux détritus. Quand je dis être humain, je devrais peut-être parfois parler de l'espèce animale, tant certains retournent à l'état sauvage après la bière de trop.

 

Hier, j'étais en compagnie de trois amis. L'un d'eux a clairement un peu trop abusé de la bouteille, jusqu'à se transformer petit à petit. Trois stades importants : le fameux "ah j'suis trop déchiré", qui horripile tant ceux qui n'ont pas bu. "Tu veux une médaille ?" je lui réponds. Et surtout, "oui, tu es déchiré, mais est-ce que tu t'amuses ?" Toujours accoudé au bar, toujours un verre à la main, mais rarement sur la piste de danse. Difficile également de débuter une conversation avec le sexe féminin, tant l'état de notre ami laisse à désirer. Nous nous faisons d'ailleurs refouler du Smile de sa faute. Bons copains, nous restons avec lui même si parfois l'envie est grande de l'abandonner sur un trottoir.

 

Pour repartir dormir, il faut marcher jusqu'à la Madeleine. Pour ceux qui connaissent Lille, c'est déjà un petit bout depuis Masséna-Solferino. 40 minutes d'ordinaire. Mais aujourd'hui, le trajet sera un peu plus compliqué, en raison de l'attitude du soiffard. Certains adoptent une attitude bizarre quand ils ont bu, et se mettent à faire des choses qu'ils ne font pas d'ordinaire. On en a vu chanter. On en a vu danser. On en a vu crier. Le monsieur, lui, court. Tel Forrest Gump, il court sans s'arrêter, sans se retourner. Petit problème, il se perd. En plus d'inquiéter ses potes, il se met littéralement en danger. Certains finissent dans la Deûle, d'autres font des comas éthyliques. J'ai déjà vu des potes se retrouver dans le fossé après avoir pris la voiture un soir de cuite. Pas encore de mort. Je pense que c'est beaucoup de chance pour certains. Et j'ai très peur qu'un jour la chose arrive. Toujours est-il que ce garçon a été retrouvé deux rues plus loin (pas dans la bonne direction), assis devant une banque, seul, faisant clairement pitié.

 

Alcoolimse-pour-Milev.jpgEnfin, la troisième étape, le lendemain. Le trou noir. Qu'est-ce que j'ai fait de ma soirée ? Plus de notion des lieux, plus de notion du temps. Notre camarade s'est retrouvé avec 65€ en moins. Dépensé dans la substance. Un jour, j'ai une amie Erasmus qui s'est réveillé dans un hôpital. Sans savoir ce qu'elle faisait là. On lui a raconté. Sans lui préciser l'épisode où elle s'est laissée embrasser par un garçon, alors qu'elle était amoureuse d'un autre, à plusieurs milliers de kilomètres de là. Certain(e)s se réveillent dans un lit, avec quelqu'un à leurs côtés. Et là, c'est le drame... D'autres ont des douleurs, des bleus, une lèvre en sang, sans savoir pourquoi.

 

Comment je fais pour ne pas boire d'alcool ? La réponse était hier. Demain. Aujourd'hui pour quelques-uns. A toutes les soirées quasiment. Je m'amuse sans alcool. Je n'ai pas besoin de boire 3 verres pour parler aux filles. Hier, j'étais prêt à aller décrocher le drapeau de l'Italie sur l'ambassade. Il y a quelques mois j'étais déguisé en Ecossais et je parlais avec un mauvais accent. 0 gramme. Et une soirée de rigolade.

Je ne bois pas pour ne pas embarrasser mes potes. Pour ne pas gâcher leur soirée. Je suis parfois égoïste, mais pas à ce point. Alors certes parfois je rigole de certains comportements, mais mon sourire se confond aussi avec de la pitié. J'ai peur pour vous, qui, dans quelques années, allez vouloir retrouver la sensation de la jeunesse. Quoi de plus simple qu'un petit verre ?

Je refuse d'être entraîné par une drogue en soirée. Oui, une drogue. Un ami au courant de cette question m'a récemment rappelé que si l'alcool était découvert ajourd'hui, ce serait considéré comme une drogue dure. En France, vers 2006, l'usage problématique d'alcool touche environ 5 millions de personnes (dont 2 millions seraient dépendantes). Et toi ?

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commentaires

K
Oui mais les gens qui veulent te forcer a boire pour que tu sois moins"coincé" impose leur façon de vivre aussi. Dans une société ou l' on est censé vivre en respect et tolérance envers l'autre, il est très mal vu de ne pas boire (j'en souffre très souvent malheureusement) en tout cas je suis d'acord avant avec toi
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L


Je pensais que ce blog te servait à écrire ce que tu ressentais, ce que tu pensais et je venais lire tes articles avec plaisir. Malheureusement dans tes derniers articles, tu n'exposes pas
seulement tes convictions, tu les imposes. Tu veux convaincre, il faut penser comme toi, vivre comme toi est la meilleure façon de vivre et s'amuser comme toi est la meilleure façon de s'amuser.


C'est ça l'utilité de ton blog ?



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M


Moi aussi longtemps je ne buvais pas une goutte d'alcool et même maintenant ça reste très occasionnel (une coupette pour trinquer ou un pti cocktail). Et certaines personnes trouvaient ça
bizarre, pire je passais pour une rabajoie ou pour une fille précieuse voir sainte ni touche. Et on m'a même demandé une fois "tu bois pas tu fumes pas, tu dois pas beaucoup t'amuser". Ce soir là
c'est sûr je me suis pas amusée, bien au contraire, et je ne me suis pas gênée pour lui dire. D'ailleurs je suis partie une heure après pcq c'était déjà le carnage.


Par ailleurs je ne condamne pas tous ceux qui boivent. En effet, c'est un plaisir pour certains de déguster un verre de vin ou de bière avec un petit plat.


Je suis comme toi, je n'ai pas besoin de boire pour m'amuser et me libérer. Dommage que ce ne soit pas le cas pour d'autres. Mais ce qui m'oripile ce sont ceux qui ne connaissent pas leur limite.
Non seulement ils gâchent leur soirée mais aussi celle des autres. Et au final ils ne se sont pas tellement amusés.


Ce qui m'agace également ce sont ceux qui ramassent le trop plein dans les WC (ou plutôt à côté) ou ailleurs. Je suis intransigeante la dessus mais il faut assumer. Et puis c'est un bon moyen
pour le décuiter.


Enfin après quelques débats, j'en conclue qu'on ne sera jamais d'accord. Mais je te soutiens.


 



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M


Effectivement c'est consternant, et vraiment inquiétant, notamment pour le cas de la personne citée en exemple (exemple qui à mon avis n'avait pas besoin d'être à ce point détaillé...).

Je comprends parfaitement que tu ne veuilles pas boire une goutte d'alcool, et je trouve que la force de caractère qui t'amène à faire ce choix est vraiment remarquable, mais ce qui me frappe
parfois c'est ton intransigeance sur le sujet. Quelles que soient tes raisons, tu ne dois pas pas mettre tout le monde dans le même panier (je me trompe peut être, tu ne le fais peut être pas),
et voir le recours à l'alcool comme une chose pitoyable. D'abord tout le monde ne boit pas pour boire, mais aussi pour le plaisir (je pense aux amateurs de bière, de vins, enfin bref), même si
l'on sait tous que l'immense majorité boit pour s'amuser, pour se désinhiber. Tout le monde n'a pas ton allant vers les gens, tout le monde n'a pas ta conversation, et pour ces gens là l'alcool
permet tout simplement de remédier à ça; tu peux voir ça comme une faiblesse certes, mais de là à trouver ça pathétique il y a un pas. De même tu ne condamne pas le cannabis, alors que le
principe est exactement le même: s'oublier un peu et se détendre pour s'amuser. Le fait est que l'alcool rend PARFOIS les gens plus ouverts et moins coincés, d'où son pouvoir d'attraction. Tout
le monde ne peut/veut pas raisonner comme toi, dans un esprit de perpétuelle ouverture sur l'autre, de gentillesse...il faut parfois donner un coup de pouce.

Enfin, et là mon argument est encore plus discutable mais je l'avance quand même: tout le monde n'a pas la même conception de l'amusement que toi. L'amusement c'est un truc propre à soi, on est
pas forcément obligé de s'éclater en se déchanchant sur la piste comme tu sembles le sous entendre. Certains trouvent ça amusant de se retrouver dans un état second et de faire des trucs sans
aucun sens, tu peux trouver ça pathétique c'est ton avis mais personnellement je trouve que ça peut se comprendre.

Le tout, c'est la modération, je suis bien d'accord avec toi là dessus...



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S


Comment tu fais ??? Comme ta mère, pardi !!!



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