26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 02:41

Aujourd'hui j'ai regardé la vie est belle.

Le 14 septembre, à Milan, un jeune garçon originaire du Burkina Faso, Abdul Guibré, est tué à coups de barre de fer par les gérants (un père et son fils) d'un snack-bar où le jeune homme avait dérobé un paquet de biscuits. "Sale Nègre", entendent les témoins.

Le 29 septembre, à Parme (Emilie-Romagne), Emmanuel Bonsu-Foster, 22 ans, originaire du Ghana, est embarqué par les membres de la police locale pour un contrôle au commissariat. Il en ressort quelques heures plus tard, un oeil gonflé, une jambe en compote, tenant à la main l'enveloppe dans laquelle il protège ses papiers. "Emmanuel Nègre", ont écrit dessus les policiers, faute d'avoir compris l'orthographe de son nom.

Le 2 octobre à Rome, dans le quartier défavorisé de Tor Bella Monaca, Tong Hongshen, 36 ans, est roué de coups par cinq adolescents, devant un arrêt de bus. "Chinois de merde", lance un de ses agresseurs.

Dans la soirée du samedi 18 octobre, l'arbitre d'une rencontre de basket entre les Cats de Vigevano et les Bopers de Casteggio interpellait ainsi un joueur qui contestait une de ses décisions : "Va cueillir des bananes en Afrique." L'insulte s'adressait à Bryant Inoa Piantini, 20 ans, Italien d'origine dominicaine.


Pour décourager les candidats à l'immigration, sous l'influence de la Ligue du Nord, parti ouvertement xénophobe, le gouvernement fustige les immigrés, présentés comme une source d'insécurité. Il multiplie les obstacles à leur intégration. Le ministre de l'intérieur, Roberto Maroni, excelle dans cet exercice. Un jour, il propose le permis de séjour à points, un autre les classes séparées pour les enfants étrangers, un autre encore le refus de soins pour les clandestins.

Le maire d'Oppeano (Lombardie) préfère acheter des terrains plutôt que de voir des musulmans de sa commune y construire une mosquée. Celui de Trévise s'interroge : "Une mosquée ? Mais les Africains pissent et prient dans le désert !" Celui de Pordenone refuse une exposition sur l'Afrique dans sa ville au motif que "les Africains on ne veut plus les voir, même en photo, car ils sont déjà 25 % de la population". Celui de Vérone a fait appel, lundi 20 octobre, de sa condamnation à deux mois de prison et trois ans d'interdiction de droits civiques : il avait distribué des tracts sur lesquels était écrit "Dehors les Roms".



Aujourd'hui j'ai regardé la vie est belle. Et pourtant on n'en a pas tiré les leçons.

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