4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 14:09

Parler à une fille dans un aéroport. Je ne sais pas d’où m’est venu cette drôle d’habitude. Peut-être du fait que je fréquente beaucoup ces lieux, qu’ils me semblent même parfois familier (une pensée pour London Stansted). Mais pourquoi se lancer ici plutôt qu’ailleurs ? Parce qu’il n’y a rien d’autres à faire ? Non, parce qu’il n’y a rien à perdre.

 

A Valence j’ai vu le sosie de Scarlett Johanson. Je n’ai pas hésité longtemps. Quelques secondes et un sourire plus tard me voici en pleine discussion avec Elizabeth, originaire de Lettonie. Elle est pianiste et ne fait pas ses 33 ans. Et à mon grand étonnement, elle est célibataire.

 

Très vite on s’aperçoit que nous sommes dans le même avion et passons donc l’ensemble du vol à parler de la vie, du sens de celle-ci ou de l’amour. Au moment de se dire au revoir j’ai l’impression que nous sommes dans le même état d’esprit. La tristesse s’empare de nous. On a du mal à se quitter. On s’enlace à deux reprises et cherchons le meilleur moyen pour rester en contact. Tout en sachant au plus profond de nous que c’est les dernières secondes que nous passons ensemble.

 

 

Les voyages ont ce charme mais également ce désavantage du provisoire. Et je prends de plus en plus conscience que chaque personne que je croise dans la rue est une étoile filante. Si je ne l’aborde pas, elle s’en ira et disparaîtra à jamais. 6 milliards d’être humain, une chance sur 6 milliards donc, de se revoir. Contrairement à ma ville d’origine où chaque visage me paraît familier, les voyages permettent un renouvellement complet des individus qui m’entourent.

 

Alors pourquoi hésiter ? Je vois une fille splendide. Allons lui parler. Elle ne veut pas ? Au revoir. Ou plutôt adieu. Une autre. Je discute cinq, dix minutes. La connexion ne se fait pas. Merci et au revoir. Et puis il y a une personne comme Elizabeth, avec qui je vais passer 3 heures.

 

 

Bien sûr, je n’arrive pas encore à appliquer complètement cette façon de penser. Une part de gêne peut-être, ou de timidité. Ou alors est-ce l’habitude ? L’habitude d’être froid envers les personnes que je croise dans la rue. L’habitude de l’ensemble d’une société occidentale que l’on dit civilisé. L’habitude de ne plus regarder, de ne plus aborder l’autre. L’habitude de se taire dans le métro alors que chacun d’entre-nous n’a rien d’autre à faire que de regarder à gauche et à droite.

 

Oui, les transports en commun ont l’avantage d’être « en commun ». Et parfois je me dis que ce serait tellement plus sympa si cette petite communauté prenait le temps d’échanger un peu. Je pense naïvement que la population serait alors plus ouverte d’esprit, qu’elle apprendrait énormément sur l’autre.  Qu’elle sortirait un peu de cette méfiance toujours plus grande envers l’autre, envers l’étranger, envers l’inconnu. Discuter, échanger, parler. Des verbes si simple, du premier groupe, ceux que l’on devraient savoir conjuguer.

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commentaires

C


C'est tout à fait ça...merci.



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N

C'est génial, je suis heureuse de te lire avec tes rêves et uthopies, continue! J'essaie d'en faire autant de mon cote! Bises d'un autre endroit du monde ensoleillé!


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