23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 23:16

« On a toujours le choix. On est même la somme de ses choix. »

Je commence rarement mes articles par des citations, surtout de Joseph O’Connor, mais il a réussi à expliquer en une phrase l’importance du sujet que j’aborde.

Si j’étais parti une journée plus tard en voyage, l’aurais-je rencontrée ? Sans doute que non. Et je serais peut-être même en Nouvelle-Zélande en ce moment, ou marié au fin fond de la Chine. Si j’avais pris cette route, ce train, cette main, c’est toute une vie qui aurait été transformée, et pas seulement la mienne. Car à chaque décision que l’on prend, c’est le monde qui vous entoure qui se trouve ainsi modifié.

L’heure des choix a encore sonné. Ils sont une nouvelle fois nombreux. Mieux vaut avoir trop de choix que de ne pas en avoir du tout me plais-je souvent à répéter. Et pour cause, c’est la preuve que je tiens là ma propre destinée. Reste à savoir ce que je veux.

 

Commençons par les études. Oui, les études. « Mais tu vas être un étudiant toute ta vie ? ». L’avantage des personnes âgées c’est qu’elles disent tout haut ce que d’autres penseraient tout bas. C’est que je me plais aux études. Et si je n’ai pas été un étudiant pendant deux années, j’ai cependant continué à étudier mes semblables, le monde qui m’entoure ou la vie qu'il m’a été donné de vivre. J’étudie constamment. Je me pose des questions, beaucoup, trop, et j’essaie de les résoudre avec un plan bien construit. La question du moment c’est : est-ce que je prends la bonne décision ? Décision qui est : faire une thèse. Car au-delà du sujet, du professeur, de l’université, de l’école doctorale ou du financement (ouf !), c’est bien là la question essentielle. Et en filigrane : est-ce la vie que tu souhaites ? A savoir 3 ans d’études supplémentaires, sans doute faites de sacrifices (mais la vie n’est-elle pas qu’une somme de sacrifices ?), pour obtenir la mention de docteur et les avantages professionnels qui vont avec (un métier quasi-assuré, avec, sans doute, un bon salaire à la clef).

 

En fait, il y a une chose qui m’obsède, et cela depuis 8 ans, c’est l’écriture. Et ça m’obsède tellement que je suis très souvent en colère contre moi-même quand je n’ai rien écrit de la journée. Une impression de mal-être, de manque. Je reviens souvent à ce sujet, pardonne-moi petit lecteur attentif, mais c’est que ma situation a peu évolué. En fait j’ai un gros souci : je veux écrire, je sais à peu près comment faire, mais je ne peux pas me décider. Car pour écrire il faut : un sujet (que j’ai, en double), du temps (que j’ai comme vous, 24 heures par jour, 16 heures éveillé) et une envie (que j’ai aussi). Seul problème, il me faut aussi ce que je dénomme souvent par « inspiration ». Ce mot magique est un sentiment extraordinaire qu’il m’est difficile de relater. C’est une espèce de transe intellectuelle, où le cerveau te fait écrire d’une traite une histoire. Celle-ci par exemple, ces quelques lignes, sont écrites en pleine transe. J’écris sans pouvoir m’arrêter. Les mots et les idées défilent dans mon cerveau, j’ignore comment, et, de temps à autre les gens aiment. Bizarre non ?

Bref, cette situation de transe est la base de mes (bons) écrits (enfin, il me semble, d’après les retours que j’en ai par mes fidèles lecteurs). Or l’inspiration ne se commande pas. Parfois elle est absente. Rien. La feuille blanche (enfin la page word ou openoffice de l’écran) et pas une idée. Je bloque 10 minutes et j’arrête. Et c’est pour ça, cher petit lecteur, qu’il y a parfois un jour, 2, 4, 10, où je n’écris pas.

Bon l’avantage de ma situation et l’utilité d’être un ancien des blogs, c’est une certaine expérience pour 1- écrire sans inspiration (souvent sur des sujets précis, des voyages, des films, des livres, la politique and Cie…) 2- trouver l’inspiration.

 

Quoi ? Il a la recette pour fabriquer de l’inspiration ? Oui. Non pas que je sois tombé dans la marmite étant petit. Mais je l’ai étudiée, elle-aussi. Et mon inspiration vient à des moments-clefs : je dois être seul, avoir vu, lu, regardé quelque chose qui m’a touché ou passionné. Ou je dois être dans un état un peu dépressif, triste, où j’ai l’impression de ne servir à rien ou d’avoir perdu ma journée. Et c’est là le problème.

 

Oui, pour écrire, je dois être seul. L’écrivain est-il un être solitaire ? Je le crois bien, et les exemples ne me contrediront pas. Je dois atteindre l’état de transe intellectuelle dans mon coin et y rester longtemps, sans en être sorti, récupéré par des gens qui m’entourent. Vous comprenez bien ma peine : pour écrire un livre, pour faire quelque chose qui me tient particulièrement à cœur et qui figure sur ma Bucket List, je dois me délester des autres. Ou tout au moins leur expliquer. Cet article est un début. Ecrire, c’est finalement une question de choix. C’est une tonne de sacrifices. Ai-je envie d’en faire autant ? Rien n’est moins sûr.

 

 

Bon, il n’y a pas que les études (ou le travail) dans la vie, il y a les filles aussi. Enfin, la fille. L’amour. La vie. (toute ressemblance avec une ancienne pub ne serait que pure volonté de l’auteur) Et là aussi les choix sont nombreux, tout autant que les sacrifices. Bon, j’ai choisi la difficulté avec une langue différente, un pays, un âge and Cie. Elle va débuter l’université alors que j’en suis déjà sorti il y a deux ans (putain, deux ans !). Et si pour le moment les choses sont plutôt einfach, faciles, cela risque vite de se dégrader. Nous avons maintenant pour nous le temps, un peu d’argent et la joie du retour. Le temps va se déplumer lorsque nous aurons fait nos choix d’études, l’argent va fondre comme neige au soleil et les joies du retour s’effaceront très vite. Reste l’amour, inébranlable (ceci n’est pas un terme pervers). Celui-ci sera-t-il plus fort que tout ? Cela dépendra une nouvelle fois de nos choix, et des sacrifices que nous serons prêts à faire pour réussir là où tant d’autres ont échoué (sic !), la relation à distance. Le Skype quasi-quotidien, la planification des rencontres un mois à l’avance (pour raisons budgétaires), le sacrifice d’autres activités ou des ami(e)s, puisque le temps passé à entretenir l’amour à distance n’est pas consacré à d’autres choses…

Et le plus difficile dans cette situation, c’est que tout cela ne dépendra pas uniquement de mes choix, mais également des siens. Sacré bordel en perspective.

Rien n’est impossible, au contraire. D’ailleurs j’y crois sans doute un peu, sinon je ne serais pas à Munich en ce moment. Mais ce qui m’effraie beaucoup, c’est la durée d’une telle situation. Nous nous engageons dans quelque chose qui semble ne pas avoir de fin proche, une situation qui continuera ainsi pendant, au bas mot, 3 ans. Et là, même si je suis un fanatique du grand Amour, je doute. A moins, bien sûr, de faire d’autres choix.

 

Bon, voilà un article qui n’apporte finalement aucune réponse. Je ne les possède pas. Peut-être en as-tu de ton côté, petit lecteur ? Donne-les-moi, salaud ! Mais cet écrit a le mérite de poser les questions, les interrogations. C’est un bon début.

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commentaires

C

dans la situation presente vit un jour à la fois et garde foie en l avenir
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