22 février 2014 6 22 /02 /février /2014 09:10

Carte-Allemagne-Land-Lander-Dresde-Dresden-Saxe.pngAprès mes petites péripéties dans le Nord, direction l'ancienne RDA, avec Dresde. Logiquement, ce trajet Hambourg-Dresden coûte 104€. Mais une médaille d'or allemande plus tard, et c'est gratuit pour moi ! Je traverse donc les paysages plats et forestiers de Poméranie, avant d'observer une halte au Brandebourg, dans cette bonne vieille Berlin et je me retrouve enfin en Saxe ! Depuis le train, je suis impressionné par le nombre d'éoliennes que j'ai pu rencontrer pendant mon trajet (elles sont surtout concentrées dans le nord, alors que le solaire est présent assez logiquement dans le sud).

D'entrée je me retrouve face à un jeune Russe passablement éméché. Il me baragouine quelque chose en allemand. Je veux bien que mon allemand progresse, mais je ne parle pas encore l'allemand bourré ! Du coup il traduit en anglais : « aide-moi avec mon téléphone ». Avec les gestes, ça devient compréhensible : il veut que j'insère la carte SIM dans son téléphone. Pas forcément difficile à jeun, plus quand on a un coup dans le citron. Sympa je l'aide. Mon Dieu qu'est-ce que je n'avais pas fait là ! A partir de là, j'étais son ami, son frère (il le répétait sans cesse, notamment en russe). Car, chance pour moi, il prend le même tram. Me voici donc dans un tram en direction du centre-ville avec mon ami russe.
La conversation se focalise sur deux points précis. Tout d'abord, pourquoi il est dans cet état. Sa nuit a été agitée (il est midi), il a mélangé l'alcool et... la cocaïne ! Je précise qu'il ne parle pas, mais crie assez fort. Je discute avec lui, mais tout le tram en profite. Je vois d'ailleurs les nombreux sourires vers moi à chacune de ses phrases. Deuxième point : il faut que je visite la ville avec LUI ! Ce sera mon guide. Bizarrement, je le sens moyen. Surtout que son programme me paraît léger : « on prendra de la coc' et on ira aux putes ! ». Proposition alléchante, il faut en convenir. Mais je n'étais pas vraiment venu dans cette optique. J'essaie de refuser poliment, lui parlant des musées. Forcément, ça ne lui semble pas très sexy ! Il me demande mon âge, me dit qu'il faut que j'en profite, que je suis jeune, peu importe ma copine ! Je lui demande le sien -17 ans-, et lui re-précise mes intentions pour la journée. La cocaïne, ça ne sera pas aujourd'hui !

Forcément, à ma sortie du tram, je suis un peu une star. Un couple vient vers moi, me demande la confirmation que je suis français. Cette fois pas de proposition quelque peu malhonnête, mais juste un accompagnement. Ils se proposent d'être mes guides à travers la ville. Super ! J'accepte sans grande hésitation. Et c'est ainsi que je marche dans ce musée grandeur nature qu'est Dresde.
Dresde 5Dresde 6Dresde 4Là je vous mets quelques photos du centre-ville, pour moi le plus joli centre-ville que j'ai vu en Allemagne. Et cela alors qu'en février 1945...
Dresden 1945 Dresde bombardement reconstruction
3 900 tonnes de bombes. Ça vous détruit une ville. 25 000 morts. Forcément, on peut applaudir le travail de reconstruction, surtout quand on sait que ce fut réalisé en période soviétique ! (qui n'est pas forcément la plus grande période que l'architecture ait connue) Ce bombardement est d'ailleurs le point de départ d'une manifestation de néo-nazis, qui tentent de se réunir chaque année à Dresde. C'était la veille de mon arrivée. Et comme souvent, les antifas(cistes) étaient très nombreux dans la gare. Et les néonazis ont cette année déserté, devant la mobilisation des citoyens de Dresde (la municipalité avait appelé tous les habitants à se réunir!).
Manifestation dresde antifas néo nazi
Dresde est « la Florence de l'Elbe » (oui, les gens ont l'art de toujours vouloir comparer). Son architecture baroque en est la raison. La Frauenkirche, notamment, est resplendissante. La reconstruction fut achevée en... 2005 ! Au-delà de l'extérieur, vraiment joli, c'est l'intérieur qui étonne : l'église a des balcons ! On se croirait dans un théâtre !Dresde 7
Frauenkirche Dresde Dresden intérieurAutre attraction, le Zwinger, lieu de détente des rois de Saxe. Un petit palais sympa pour se détendre, avec un nombre de statues assez impressionnant.Dresde 11Dresde 12Dresde 13

Dresde est une ville d'art. Dans les rues, avec notamment le passage de l'art, et cette drôle de façade avec des gouttières.
Dresde 9Et avec des musées. La Voûte Verte accueille la plus belle collection de trésors en Europe. Et la Gemäldegalerie Alte Meister est le musée de peinture le plus connu. Et vous connaissez forcément la Madone Sixtine de Raphaël, avec ses anges (putti).
Raphael La madone sixtine cherubins dresdeRaphael cherubins La Madone Sixtine Dresde
Dresde fut aussi une soirée en mode URSS. Dans un bar de la ville nous étions. Dans l'ambiance nous dansions. Et de la musique russe nous écoutions. Oui, aussi fou que cela puisse paraître, il existe des soirées à base de musique russe ! Et pas seulement, il y avait aussi les airs entraînants des Balkans, et des petits morceaux parisiens bercés d'accordéons. Une photo de Lénine trônait au-dessus de la piste. Et le décor faisait franchement années -70 en période soviétique. Et j'ai dansé comme rarement. Ça faisait longuement que je ne m'étais plus autant amusé, et les visages enchantés autour de moi m'ont fait comprendre que la musique occidentale est loin d'être la seule qui vaille en soirée (même si c'est malheureusement trop souvent le cas, de New York à Hanoi, en passant par Lille et Nairobi).
Dresde 10
Bref, vous l'avez sans doute compris, Dresde fut vraiment génial. J'ai adoré la ville, j'ai adoré les personnes que j'ai rencontrées. L'atmosphère est étonnante, avec un mélange détonnant entre ce centre magnifique et les alentours plus soviétiques. Dresde est l'une des seules villes est-allemandes à ne pas perdre d'habitants (mieux, elle en gagne!). Et cela malgré l'absence d'une réelle immigration (et c'est là une vraie différence avec le Nord et l'Ouest, où vous trouvez un kébab turc à chaque coin de rue).

A noter que la ville était UNESCO. J'utilise le passé, car elle a perdu son label en 2009, après la construction d'un nouveau pont, proche du centre ! Décision ultra-rare (seulement la deuxième fois, après Oman) et très contestée ici. Mais ça n'empêche en rien les touristes de venir, notamment des pays frontaliers (énormément de Tchèques, Polonais et... Russes!). Je termine par une petite photo de l'Elbe la nuit. Demain, direction Weimar !Dresde 15

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