6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 12:13

30 juillet 2009. Je crois que c'est ce jour là que ma passion pour le football professionnel a largement décliné. Gabriel Heinze, un des joueurs dont j'étais fan depuis son passage à Paris, mon club de coeur, rejoignait Marseille. Quelques jours avant, il déclarait sa flamme pour le club de la capitale et disait que jamais il ne porterait les couleurs du club de la Canebière.

 

L'amour du maillot ? Existe-t-il encore dans le football professionnel ? Le joueur le plus ancien de Paris est Armand, arrivé en 2004. Bien sûr il y a Chantôme ou Sakho, formés au club. Mais pour le reste ? Payet a lancé un bras de fer avec son ancien club, Saint-Etienne, pour rejoindre son club de coeur, Paris, l'hiver dernier. Aujourd'hui, il est à Lille.

Je ne compte plus le nombre de "bras de fer" lancés par les joueurs pour rejoindre "leur club de coeur", qu'ils quitteront quelques années/mois plus tard pour un plus gros contrat. L'amour du maillot ou l'amour de l'argent ?

 

Paris a été racheté par des Qataris. Ils succèdent à un fond d'investissement américain. Des présidents amoureux du club ? Bazin, qui représentait les Américains, déclara que l'opération était aussi l'occasion d'un bon coup dans l'immobilier avec le Parc des Princes. Quant aux Qataris, le club est une "vitrine".

 

Les entraîneurs ? Kombouaré. Ancien joueur du club, ancien entraîneur de Valenciennes. Avant lui c'était Le Guen, ancien joueur du club, ayant entraîné Lyon. Et encore avant Lacombe, qui a entraîné 7 équipes françaises. Avant ? Fournier, ancien joueur du club, entraîneur d'Auxerre à l'heure actuelle. Un entraîneur effectue en moyenne deux années dans le même club.

 

L'amour du club ? Il reste les supporters. Ce sont les derniers fidèles. Il est loin le temps où Sikora, né à Courrières, effectuait la totalité de sa carrière à Lens. Il est loin le temps où Guy Roux effectuait 40 ans dans le même club. Il a même craqué en fin de carrière.

 

L'amour du maillot existe de moins en moins. Il y a bien sûr de nombreuses exceptions. Giggs et Xavi ont fait la totalité de leur carrière dans le même club. Il existe des exceptions dans le système des présidents. L'Espagne, où les Socios contrôlent le club. Le président est élu par les supporters. Un système qui mériterait de se développer. Mais quand on voit la dette des clubs de Liga on se demande si c'est là la bonne solution.

 

Le football me déprime de plus en plus. Depuis l'arrêt Bosman les joueurs changent de club comme ils changent de voiture (et de ce côté là, ne vous inquiétez pas pour eux). L'année dernière, l'équipe de France nous a foutu la honte dans le monde entier, en faisant grève. Et beaucoup se sont étonnés de la baisse de fréquentation dans les stades français cette année ! Payer 45€ pour voir des joueurs sur-payés jouer à la ba-balle et faire "un bon 0-0" (on l'a tous entendu le fameux bon 0-0).

 

Heureusement il reste le FC Tilques. L'amour du maillot, l'amour du blason (surtout vu notre blason !). Et l'amour du jeu (enfin, on essaie !).

FC Tilques

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commentaires

B


Ta réflexion est intéréssante comme toujours, mais tu pointe un désamour du maillot au PSG... mais où est l'amour dans le monde professionnel?


A partir du moment où le foot est un monde pro, tu choisis un club comme une entreprise, en fonction du job qu'elle te propose (titulaire, remplacant), du salaire... l'amour pour un
club/entreprise est une variable secondaire dans le monde professionnel. Les choix des joueurs sont aussi contraints par plusieurs choses : la volonté du club, la fin ou non du contrat, le prix
de vente du joueur, sa valeur... pour la beauté du foot média quel serait l'intéret qu'un joueur comme messi joue dans un petit club d'argentine qui serait aussi son club de coeur?


Enfin pour prendre le PSG... il vient d'étre racheté par le Qatar, que veux dire le PSG possédé par des dirigeants pétroliers? Et puis tu n'avais pas l'air si dégouté que ça à l'idée que le PSG
voit arriver une enveloppe de dizaines (voir centaines...) de millions d'euros pour passer de joueurs comme Payet pour s'orienter vers les perles brésiliennes.   Je pense que les valeurs tu
peux les voirs à certains moments dans certaines équipes et ces valeurs seront souvent incarnées par l'équipe qui gagne, à qui tout réussi. Ainsi l'équipe du Losc l'an dernier avait clairement sa
place au stade Bollaert et le RC Lens, ses supporters et son histoire. A l'inverse la médiocrité des supporters lillois mériterais plutot l'équipe de Lens de l'an dernier. 


Mais voila, le monde est comme il est. Il est vain de discourir pour le dénoncer, sans rien pouvoir faire pour le bouleverser dans le sens voulu. Pour reprendre georges Pompidou : "il faut
prendre le monde tel qu'il est, et le changer comme on peut", sous entendu à la marge. 


Cohn Bendit crie beaucoup mais que change-t-il concrètement? Alors que de nombreux inconnus ont eu un impact plus grand que lui sur l'ordonnancement des choses. 


Au plaisir de te lire,


Bigador.



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