4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 09:45

Aujourd'hui direction les corons et les mines de charbon. Bruay-la-Buissière bonjour. Avec les Arrageois ce fut une journée découverte de notre patrimoine, celui du Pas-de-Calais, pas forcément celui que je connais le plus par ailleurs. L'occasion de combler mes lacunes sur ma propre région. Et quoi de mieux pour l'occasion de grimper sur un terril.

TerrilsLes terrils dans le Pas-de-Calais, c'est un peu nos Alpes à nous. Le plus haut terril de la région (celui de Loos-en-Gohelle) est plus haut que le Mont Cassel, le sommet des Flandres (188 vs 176 mètres). Ce sont les seules montagnes que nous ayons et qui rythment le paysage quand on roule sur l'autoroute du côté de Béthune ou d'Hénin. Il paraîtrait même que l'on y fait du ski... (à Noeux les Mines). TerrilTerril 2Le paysage est saisissant. Des montagnes noires. Les terrils sont composés des restes de l'extraction minière, surtout du schiste. Les dernières mines ont fermé à la fin de la décennie 1970. La végétation n'a pas encore totalement pris possession du lieu, comme c'est le cas sur d'autres terrils (il y a même un terril où ont été implantés des pieds de vigne).

Terril 4La montée fut très sympa. La descente, moins. Il faut dire que je suis un peu stupide. Alors qu'il restait encore un quart du terril à descendre j'ai eu la mauvaise idée de courir. C'est le point « j'ai testé pour vous ».

« J'ai testé pour vous » la chute d'un terril. Je me suis mis à courir. De plus en plus vite. Il faut dire qu'il y a de la pente. Au départ j'étais tranquille, j'étais pénard. Mais peu à peu mes pas se sont espacés, ma vitesse a grandi et la peur est apparue. J'ai bien vu qu'il était impossible de freiner. J'étais dans la situation où vous courez trop vite, et où vous avez l'impression que les jambes ne vont pas assez vite. Mais j'ai réussi à rester debout. J'étais en bas.

Mais ce qui compte ce n'est pas la chute, c'est l'atterrissage. Je suis arrivé à très grande vitesse, celle que j'ai acquise dans la pente, et le passage sur le plat fut casse-gueule. Pensez, j'avais l'impression tout d'un coup d'avoir un mur contre mes pas. Et là, ce fut la chute.

Celle-ci fut sévère. J'arrivais trop vite. Et ce fut la tête la première. Deux heures après, j'avais encore des résidus de charbon entre les dents. Mon seul réflexe fut de tenter le roulé-boulé. J'ai mis en opposition mon genou droit, et fait une roulade. Une fois au sol, j'ai entendu les rires de mes collègues, apparemment pas du tout inquiets pour moi. Personnellement je l'étais plus, puisque mon épaule me faisait mal. J'ai pensé au déboîtement. Et puis finalement plus de peur que de mal. J'étais vite debout, et hormis un genou bien éraflé, le reste du corps n'a pas trop souffert. « J'ai testé pour vous », et mon conseil est le suivant : à ne pas réaliser.

Les-arrageois-sur-un-terril.JPGAprès les terrils, ce fut direction la piscine de Bruay. Construite en 1936, à l'époque du Front Populaire et des premiers congés payés, elle est un symbole d'art déco. Si vous regardez le journal TV de TF1, il y a eu un sujet hier midi (oui, je fais de la pub pour TF1). Manque de chance, les horaires étaient exceptionnellement changés hier, on est reparti avec des photos, mais sans les souvenirs qui vont avec. Dommage car c'est vraiment joli (l'eau est à 29°C, la piscine est maintenant chauffée au gaz, après avoir été chauffée au... charbon).

La piscine BruayEnfin, direction la cité des électriciens. Si vous avez vu Bienvenue chez les Ch'tis, c'est le coron où la bande d'amis emmène la femme de Kad Merad pour la dégoûter de la région. Il reste une maison habitée, par des nonagénaires. Le reste est à l'abandon, et en reconstruction. L'effet film, et le fait de s'être aperçu que c'est le plus vieux coron du coin, ont permis de débloquer des fonds pour la restauration du lieu. Le cité des électriciens tient son patronyme du nom des rues : des hommes ayant révolutionné l'électricité. L'ambiance était étrange, sorte de cité fantôme.La cité des électriciensLa cité des électriciens 3La cité des électriciens 2Nous avons terminé par un verre dans le centre de Béthune, en face du beffroi illuminé. Qui a dit que nous n'avions pas une belle région ?

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Published by Phileas Frog - dans Université d'Artois
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