9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 14:58

Redécouvrir Berlin fut une grande satisfaction. Je ne peux pas en dire autant de mes retrouvailles avec Paris. Pourtant, j'y étais dans le même mode, celui de touriste. Avec mon sac sur le dos, j'arrivais à la gare de Lyon en début d'après-midi, content de revoir la capitale. Mais dès ma sortie du train, j'ai compris que quelque chose fonctionnait différemment dans cette ville de fous : les gens couraient. Pourtant, c'étaient les mêmes personnes qui étaient avec moi à Marseille. Là-bas, à Saint-Charles, les usagers marchent, et entrent tranquillement dans le train. Et à peine arrivés à Paris, ils marchent deux fois plus vite. Comme si le fait de se savoir à Paris oblige le commun des mortels à accélérer sa démarche.

Je quitte la gare direction la bibliothèque François Mitterrand. La première rue me rappelle ce qu'est l'ambiance parisienne. « TUT, TUT !! ». Le bruit des klaxons recouvre régulièrement la douce harmonie de la circulation parisienne, les démarrages et freinages successifs, l'accélération à peine le feu vert passé, qu'importe si le trafic bouchonne dix mètres devant.

Mais pire que le bruit, il y a l'odeur. C'était le premier coin d'une rue adjacente à la gare, et j'avais l'impression d'humer la bonne odeur des toilettes d'autoroutes. Cette odeur s'amplifie lorsque vous longez les quais de Seine, à l'approche de n'importe quel bosquet. Pire, il y a les petits tunnels piétons. Là, je tente de prendre un gros coup de respiration avant d'entrer. J'accélère ma démarche mais je n'y arrive pas : il me faut respirer. A quand des toilettes publiques gratuites dans chaque quartier de Paris pour éviter ça ? J'imagine le touriste en voyage de noce, vagabondant le long des quais de Seine, comme cela semble romantique. Mais la réalité rattrape les amoureux, et le voyage de noce gardera la belle odeur du pipi parisien.

Heureusement, il y a les commerçants, aux sourires légendaires (quand je dis légendaire, c'est au sens propre, à savoir que c'est une légende rapportée depuis des générations, d'un commerçant parisien qui aurait souri à un touriste étranger il y a plusieurs décennies de cela).Bêtement, j'entre dans un Carrefour. J'ai soif, et bêtement, j'achète une bouteille d'eau. Encore plus bêtement, je souhaite payer avec un billet de 20 euros. Le caissier, déjà en train d'enguirlander une autre cliente qui se plaint d'avoir payé trop cher ses bouteilles de lait (elle aura finalement gain de cause), me regarde avec un regard tueur. « Non, mais nous n'allez pas payer avec un billet de 20€ ? Vous n'avez pas de monnaie ? ». « Euh, non, je viens juste de retirer de l'argent.. ». Il me coupe « mais c'est toujours pareil, les gens viennent ici pour se faire de la monnaie ! ». Je reste souriant et propose une alternative : « je peux payer avec la carte si vous souhaitez ». Il me recoupe : « n'importe quoi, pour 1€50 vous n'allez pas payer avec une carte ! Donnez-moi votre billet ». Je lui donne, il me rend la monnaie et déclare « la prochaine fois, je refuserai ! ». « Merci beaucoup, bonne après-midi ».

3 choses : Carrefour a toujours de la monnaie. C'est quand même la seconde entreprise mondiale dans son domaine. Le client a toujours raison. Et le commerçant se doit de le satisfaire (et pas de l'engueuler). En Allemagne, on peut même payer par carte pour 50 centimes (et je pense que c'est un pays qui fonctionne bien).

 

Après m'être fait vilipender par le commerçant, je me fais ensuite rejeter de la bibliothèque « parce que vous avez un sac à dos ». Le plan vigi-pirate a changé il y a quelques jours, et le vestiaire de l'entrée n'est plus disponible pour les gros sac à dos. En sachant que la bibliothèque côtoie deux gares, je ne devrais pas être le seul à me faire avoir.

Enfin, pour finir en beauté, il me reste les Parisiens, que l'on rencontre dans le métro. Des moments de grâce (cf. NKM). Dans le mien, il y a eu un décès. Enfin, je crois, car les cinq minutes de silence sont impressionnantes. On entendrait une mouche voler. D'ailleurs on en entend une.

Vivre à Paris, non merci.

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Published by Phileas Frog - dans Voyage (autre)
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commentaires

Anaïs 09/01/2014 19:29


Tu le crois si tu veux mais un jour, dans le métro, un parisien est venu m'expliquer (sans que je lui demande) qu'il y avait un nouveau terminus sur la ligne que je cherchais !


J'étais sciée car comme toi, je suis un peu blasée de l'atmosphère qui règne à Paris... mais comme partout, l'atmosphère d'une capitale n'est absolument pas représentative du reste du pays...
heureusement pour nous... et pour les touristes.


Pour ce qui est de l'odeur, je ne sais pas ce qui est le mieux, que les gens se soulagent sous les ponts à Paris faute d'urinoirs publics ou, comme à Bruxelles, de le faire en plein milieu de la
rue dans les pissotières plein air placées en plein milieu du trottoir (véridique!)..!

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