29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 08:57

Souvenirs-de-la-maison-des-morts-russe-dostoievski.jpgAprès L'idiot, après Crime et châtiment, voici le troisième ouvrage de celui que je considère à l'heure actuelle comme mon auteur favori.

J'aime Dostoïevski car j'aime la belle littérature, j'aime le rythme des descriptions, j'aime la phrase qui me fait m'arrêter pour réfléchir à son sens. J'aime Dostoïevski car il peut exprimer en quelques mots ce que d'autres expriment en plusieurs pages. Et puis ce style russe me plaît énormément. C'est d'ailleurs pour cette raison, je pense, que j'ai trouvé le style de Boris Vian si faible. Le problème de la comparaison avec le maître russe.

 

Pourtant, Souvenirs de la maison des morts n'est pas le meilleur livre de Fiodor. Mais il est sans aucun doute le plus personnel. Dostoïevski a passé quatre années dans un bagne de Sibérie, à Omsk. Ce qu'il écrit là est quelque chose de vrai, de véritable, quelque chose qui s'est vraiment déroulé au milieu du XIXème siècle. L'auteur a été envoyé là-bas en raison de ses idées politiques, il avait rejoint un club « progressiste », et l'empereur Nicolas Ier avait la phobie de ces clubs depuis une insurrection (les décabristes de 1825). 

Dostoïevski est un noble, et il nous fait bien comprendre que ce n'est pas un avantage dans le bagne. Il évite cependant les punitions corporelles, véritable hantise de chaque prisonnier.

Le temps qu'il passe dans la prison lui permet de mieux comprendre ses contemporains. Il les observe, il les scrute, il nous les décrit. Nul doute que ce temps passé là-bas aura servi à ses prochains livres (dont Crime et châtiment).


Le livre narre le quotidien des bagnards. Les premiers mois, les rencontres, le rythme à prendre. La routine. Le travail. L’hôpital. Noël. Les animaux. L'hiver. L'été. L'envie d'évasion. Tout y passe, et c'est pour cela que j'aime à dire que Dostoïevski est un auteur complet. Ces ouvrages abordent une idée simple, ici la vie au bagne, mais l'idée est retournée et observée dans tous les sens si bien que l'on finit par en avoir fait le tour. Et lorsque l'on tourne la dernière page, on ne peut s'empêcher de penser que tout a été dit. Cela ne vaudrait plus le coup de reprendre le même sujet, à cette même époque, car on ne pourrait faire mieux. 

 

Extraits : « Oui, l'homme a la vie dure ! Un être qui s'habitue à tout. Voilà, je pense, la meilleure définition qu'on puisse donner de l'homme. » "L'homme est un animal d'accoutumance"


« Ce qui m'a frappé dès mon entrée dans cette vie, c'est, il m'en souvient, de n'y pouvoir rien trouver d'extraordinaire ou pour mieux dire d'inattendu. »

" On ne peut juger de certaines choses, si on ne les a pas éprouvées soi-même".

" On trouve quelquefois une jouissance aiguë dans la conscience de l'immensité de son propre malheur"

 

Vocabulaire

 

Outrecuidant : Qui a une confiance excessive envers lui-même, qui a une propension à se croire supérieure aux autres

 

Couard : Qui est poltron, qui n'a pas de courage.

 

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commentaires

H

Une belle découverte!
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