4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 23:18

Depuis deux semaines et deux jours sur cette même chaise, au bout de la même table, dans cette même maison, dans ce même village avec ce même sujet de mémoire. Seize longues journées qui paraissent une éternité, qui défilent au ralenti, dont je peux vivre pleinement chaque minute, chaque seconde. Souvent je râle de ce temps qui n'avance pas, ou plutôt de ce mémoire qui en va de même. En vérité, le sujet m'intéresse et son écriture n'est pas un calvaire.

Ce qui m'embète, ce sont les choses que je ne peux pas voir, que je ne veux pas faire. C'est lire le journal, regarder un film, voir les copaines, aller au musée, à la braderie, à une crémaillère, en boîte. C'est s'allonger dans un lit en pensant à rien. C'est regarder le paysage en n'imaginant pas le Rwanda. C'est danser, chanter, rire et faire la fête.

Seize jours de génocide Rwanda, c'est surtout un harcèlement moral. Seize jours de génocidés, de morts, d'assassinat,s de massacres, de tueries, de meurtres. Seize jours de viols, de détresse, de souffrance et de pleurs. Le Rwanda, je ne l'écris pas seulement, je le vis constamment. Je le réfléchis, je l'imagine, j'en rêve la nuit, j'en parle au midi. Et pourquoi ? Et comment ? Mais si... ? Je tente de refaire l'histoire, d'imaginer une fin plus heureuse. Je ne sais pas si toutes les victimes peuvent me voir, mais je me demande ce qu'elles pensent de moi, pauvre étudiant français de vingt-deux printemps, qui au lieu de profiter de ma vie raconte leur mort. Mais sans doute qu'à ma place, elles feraient pareil.

C'est une histoire qui mérite qu'on s'y attarde. Je le fait longuement. J'en serai peut-être récompensé. Au bout de ce mémoire, de ces quatre-vingt pages de route vers le génocide, il y a un après. Rennes II Haute Bretagne, Master histoire contemporaine et relations internationales. Il y a une collocation avec ma soeur et Elle. Il y a une année de découverte, de rire et de bonheur. Ca se mérite.

Alors, plutôt que de passer ton temps à écrire cet article, repart à ton mémoire ! (...) D'accord !

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