25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 23:07

Le tour d'Espagne aura donc débuté à Lille, pied de nez à l'histoire puisque la ville a longtemps été sous le joug des armées de Charles Quint.  C'est ici que l'avion s'envole, c'est ici que mon histoire décolle. Après une double sieste aéroport/avion qui compense la manque de sommeil de la nuit précédente, je me réveille au-dessus des Pyrénées que je franchis sans difficulté, et pourtant sans EPO (blague destinée aux amateurs de vélo). Je pose enfin le pied sur la terre d'Espagne, fais quelques pas, un sourire aux lèvres. C'était sans nul doute des petits pas d'homme, mais des grands pas dans mon esprit. Je m'attaque à un pays seul, sans armes linguistiques. Je n'ai avec moi que ce sourire. Sera-t-il suffisant ?

 

Cristina sera la première à m'héberger. Elle n'a jamais fait de Couchsurfing, c'est clairement un profil que je recherche. Souvent les débutants ont peu d'attente et beaucoup de motivation. Elle n'est pas seule, elles sont quatre.

Ceci n'est pas la seule explication à mon sourire. Je vais vivre une nouvelle expérience, dans un nouveau pays, avec une nouvelle langue... enfin, lorsque je pense cela, j'imagine l'espagnol. Je pensais que le catalan était comme le breton ou le corse, une langue que l'on utilise pour impressionner ses amis étrangers ou pour préparer un attentat. Grave erreur ! C'est la langue de tous les jours ! Mais j'ai deux avantages : le catalan est proche du francais et je n'ai pas de base d'espagnol.

 

Suis-je fou ? Combien sont-ils à partir ainsi, dans un pays inconnu, avec la barrière de la langue ? Combien se disent : "je rêve de tout claquer et de partir à l'autre bout du monde" ? Combien vont franchir le pas ? Et puis moi, du jour au lendemain, avec ce billet d'avion en forme de sésame, direction le paradis.

Bien sûr j'ai des craintes. Le bonheur n'existe vraiment que s'il est partagé. Dans mon cas je vais partager ces moments de joie avec la communauté Couchsurfing ou Erasmus, deux sectes tellement géniales qu'on fait tout pour y entrer.

 

Avec les nouveaux membres de la secte que je compte bien convertir, nous prenons donc la route de l'appartement, plutôt grand, où les filles me préparent une omelette espagnole, avec des pommes de terre. Je leur évoque ma recette de l'omelette au sang. Leur regard est inquiet. En tant que grand gourou j'entraîne la conversation vers mes histoires de stop, d'Erasmus ou de tour d'Europe, elles semblent rassurées. Bientôt converties. Elles m'offrent déjà leur lit. Un lit de fille, avec les 36 peluches qui l'accompagnent...

Les filles sont des grands enfants. Elles tentent de croire à un monde enchanté où le destin leur fera rencontrer un beau prince charmant, sur son cheval blanc. L'effet Disney. De ce fait, je ne me montre même plus surpris lorsque je vois un lit d'une fille de 22 ans dominées par une incroyable collection de peluche Disney. C'est une échappatoire, une facon pour elle de garder l'espoir d'une vie enchantée, où les crapaux parlent et où les hommes sont des princes.

P1110678.JPG

Tel un prince, je savoure mon repas de 14h30. Oui, officiellement il n'y a pas de décallage horaire, mais officieusement c'est + 2 heures, surtout quand on parle nourriture. Je fais l'impasse sur la siesta pour découvrir Girona.

La ville est magnifique. Deux endroits à retenir : les maisons et les ponts sur le fleuve Onyar. Et les remparts de la ville, que l'on peut emprunter sur plusieurs centaines de mètres. Ils surplombent la cité et notamment sa prestigieuse cathédrale. En toile de fond les Pyrénées imposent leur prestance. P1110638.JPGAux abords de la maison du seigneur, le calme d'un coin de verdure ensoleillé m'emporte vers Morphée, pour une siesta méritée.

Dur a été mon réveil. Etait-ce la faute au soleil, disparu de la circulation sans crier garde, et au froid consécutif ? Etait-ce le bruit d'un groupe de collégiens en forme olympique ? Ou le fait de se réveiller seul alors que mes rêves cultivent l'esprit de communauté, ou tout au moins de couple ? Un peu des trois, sans nul doute.

 

Heureusement, la vieille ville et ses rues étroites me ramènent à ma priorité du séjour : apprendre l'espagnol. Première technique, lire tout ce que je peux voir dans la rue. Exercice de compréhension et de prononciation. Je suis parfois surpris des similitudes de Molière et de Cervantès.

 

A mon retour je suis seul avec Irène. Sans être fou d'elle, je ne suis pas insensible à son charme. Plus tard, j'apprends qu'elle préfère les filles. Nous sommes donc concurrents ! Nous regardons Once ensemble avec de manger vers 22 heures. Ensuite soirée ! Un brésilien m'est d'un grand secours. Non pas qu'il parle francais ou que je parle portugais. Au contraire, c'est grâce à son catalan, qu'il articule délicatement. Je me surprends même à comprendre quelques phrases consécutives et à rire à des blagues que j'avais bel et bien compris ! Cependant, ma concentration ne supporte pas vingt secondes d'incompréhension. Je décroche vite.

 

Ce matin, petit-déjeuner avec biscottes beurrées au sucre. Drôle d'idée. Mais elles me seront bien utiles pour voguer dans... Barcelone.

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